La France est partagée en deux groupes de régions agricoles ; l'une compte une population excédentaire où les terres sont insuffisantes, l'autre, dont la population est partie, où les terres restent en friche. Le ministère de l'Agriculture, à travers l'Association nationale des migrations rurales, facilite les mouvements de populations en créant des syndicats de départs et d'arrivées. Ainsi Yves Georges Marie Le Cam, paysan breton, va quitter l'exploitation et laisser à son frère la ferme où il a toujours vécu, mais qui est devenue trop exiguë pour nourrir toute la famille. Les parcelles trop dispersées, qui ne permettent pas la mécanisation, l'impossibilité de varier les cultures, empêchent d'obtenir des résultats à la mesure des efforts. Pour ne pas avoir à changer de métier et devenir facteur ou gendarme, il est prêt à l'exode vers des régions qui ont besoin d'un afflux d'agriculteurs. Aidés par le syndicat des départs, sa femme et lui ont visité une ferme en Charente, dont les terres trop vastes ont été abandonnées. Séduits par cette propriété d'un seul tenant, et encouragés par les voisins, des Bretons expatriés, Yves Le Cam et sa famille sont prêts à s'arracher à une vie traditionnelle devenue pénible, dans un pays qu'ils aimaient, pour une vie nouvelle, plus facile, dans un pays où il leur faudra s'acclimater.