Yannick Bellon
Personnalité
Réalisatrice, scénariste, monteuse... : années 1940-2010
Nationalité : France
Naissance : 06/04/1924 - France - Biarritz, Pyrénées-Atlantiques
Décès : 02/06/2019 - France - Paris, Paris
Identité
Genre : femme
Pseudonyme(s) :
- Yannik Bellon
État civil :
- Marie-Annick Bellon
Fonctions : Réalisateur, Collaborateur à la réalisation, Assistant réalisateur, Acteur, Scénariste, Dialoguiste, Producteur, Monteur, Conseiller artistique, Coopération technique, Intervenant, Adaptateur, Auteur de l'idée originale, Assistant monteur, Conseiller technique, Cadreur/Opérateur, Préfacier, postfacier, Editeur scientifique, Auteur secondaire, Auteur
Biographie
Formation :
Elève de la première promotion de l'Institut des hautes études cinématographiques (IDHEC), Yannick Bellon n'y reste qu'une année. Elle devient l'assistante de la chef monteuse Myriam et travaille pour une série de documentaires ainsi que sur des films de dessins animés réalisés par le dessinateur Dubout. Elle assiste ensuite la réalisatrice Nicole Vedres pour Paris 1900 .Carrière :
Yannick Bellon fut une cinéaste de l’engagement, attentive aux blessures sociales, aux combats féminins et aux formes de marginalité, avec une œuvre aussi cohérente que discrète. Monteuse, scénariste et réalisatrice, elle a imposé un cinéma de la conscience, de la dignité et du refus des évidences.
Audacieuse et intrépide, Yannick Bellon tourne seule un court-métrage, Goemons, qui obtient le grand prix de la Biennale de Venise en 1949. En 1950, elle obtient la direction d'un court-métrage sur Colette. En 1958, elle effectue le montage du Bel age de Pierre Kast. Ce n'est qu'en 1972 qu'elle parvient à réaliser un long métrage, Quelque part, quelqu'un, qui décrit le Paris contemporain. Chacun de ses films comporte un message intentionnel. " Si, à travers mes œuvres, on devine que l'injustice me révolte et que la dignité me semble la vertu première, tant mieux ", déclare-t-elle à La revue du cinéma (mars 1961). Les thèmes qu'elle aborde concrétisent parfaitement sa réflexion : la libération de la femme (La Femme de Jean, qu'elle écrit et dont elle signe les dialogues en 1974), le viol (L'Amour violé, 1978), le cancer (L'amour nu, 1981) et l'homosexualité (La triche, 1984). En 1989, dans Les enfants du désordre, elle évoque la pénible réinsertion sociale des anciens détenus et drogués. " Aucun de mes films, dit-elle, n'attaque l'homme en tant qu'ennemi naturel de la femme. Que l'individu soit un homme ou une femme, un malade ou un homosexuel, il a droit au respect car, quelles que soient ses différences, il est tout simplement un être humain : quelqu'un. " (Les Fiches de Monsieur Cinéma, 1987). Elle signe ensuite en 1991 L’Affût, où la question écologique prend le relais de ses combats précédents et prolonge sa réflexion sur les rapports de domination et de respect du vivant. Ce film marque sa dernière fiction de long métrage, dans une œuvre qui continue de penser les marges et les résistances avec une même fermeté. Au-delà des années 1990, son nom reste surtout attaché à cet héritage de cinéma engagé, réaffirmé par la redécouverte de ses films et par des travaux de mémoire qui lui rendent hommage. En 2001, elle revient à un court métrage avec Le Souvenir d’un avenir, vaste méditation sur la mémoire et l’œuvre photographique de Denise Bellon, sa mère, en compagnie de Chris Marker. Cette reprise confirme une veine plus intime, sans renoncer à l’exigence de regard qui traverse toute sa filmographie. En 2018, elle signe le téléfilm documentaire autobiographique D’où vient cet air lointain ?.