Une jeune femme lit une inscription sur un cénotaphe : "Jean Genet, 1910-1986". Un tombeau vide sur une terre étrangère, c'est la seule trace visible de ce que Genet vécut auprès du peuple palestinien. A Beyrouth, Mounia rencontre Leila Shadid, qui accompagna l'écrivain dans sa dernière aventure. Elle raconte la visite de Genet au camp de Chatila, quelques jours après le massacre des Palestiniens par les milices chrétiennes. Bouleversé, il écrivit un texte, "Quatre heures à Chatila", puis, plus tard, son livre testament, "Un captif amoureux", une réflexion profonde sur la possibilité de témoigner. Mounia se rend à Chatila. Elle rencontre les survivants. Le camp est encore en ruines, tel que Genet l'a découvert et raconté. Mais les images, pas plus que les mots, ne peuvent rendre compte de l'odeur épaisse de la mort, elles ne peuvent faire mémoire. Après sa mort, Mounia part sur les traces de Genet dans le désert. Sur les rives du Jourdain, elle lit et relit les mots du poète. Comme Genet, elle écoute et réécoute le Requiem de Mozart.