Marie a trente ans et elle va mal. Pas tant physiquement, malgré des hémorragies fréquentes, que psychologiquement. Marie a peur. Elle a la hantise du sang et souffre d'une enfance difficile. L'absence de son mari, qui enseigne aux Etats-Unis, n'arrange rien. Elle vit avec ses enfants chez sa mère, Eliane, et c'est catastrophique. Car tous ses problèmes viennent de sa relation tourmentée avec une mère tournée vers les autres, mais pas vers elle, une mère qui l'a enfantée au moment de son divorce et après la mort d'une fille aînée, une mère rapidement devenue inaccessible, trop belle. Refusant l'opération chirurgicale qui la guérirait peut-être, Marie franchit le pas et va voir un psychanalyste. Elle se livre peu à peu et sa personnalité évolue. Elle se prend en main, trouve un travail, rencontre des amis et prend des amants. Marie a enfin le courage de s'opposer à Eliane. Celle-ci est d'ailleurs en position de faiblesse, accablée par le cheminement de son Algérie natale vers l'indépendance. Marie va de mieux en mieux et elle se met à écrire son histoire. Elle déménage alors avec ses enfants et quitte sa mère. Quand François, son mari, rentre en France, il y découvre une femme tout à fait changée. Ils accueillent finalement Eliane chez eux au moment où elle décline complètement. Elle meurt deux jours après. L'Algérie est indépendante. Marie est guérie.