The Great Waltz

Film

Toute la ville danse

Julien Duvivier

Année de production :  1938

Pays de production : Etats-Unis

Identité

Type d'oeuvre : Cinéma

Année de sortie dans le pays d'origine : 1938

Date de sortie en France :

  • 10/03/1939

Numéro RCA / VISA : 3772

Classification :

  • Tous publics

Langue : Dialogue : Anglais

Société(s) de production :

Sortie en salle : 04/11/1938 - Etats-Unis

Description

Résumé

En 1844, à Vienne, le jeune Johann Strauss compose des valses et, grâce à la chanteuse Carla Donner, il est vite célèbre. Strauss épouse Poldi et parait avoir trouvé le bonheur. Mais la reconnaissance qu'il a vouée a Carla Donner se change bientôt en un sentiment plus tendre. Fuyant la révolution qui secoue Vienne, Strauss et Carier, dans une promenade, s'avouent leur amour. Cependant, l'intervention de Poldi auprès de Donna Carier ramènera les amoureux dans le vrai devoir. Carla s'éloigne et Strauss oubliera peu à peu. Grâce à la musique, il restera fidèle à son foyer, aimé de tous.

Genre : Fiction

Genre(s) précis : Drame, Film biographique/Biopic

Lieu(x) de tournage : Chino

Date de tournage :

  • 01/05/1938 - 21/09/1938

Studio de tournage :

  • MGM Studios (Culver City)

Note générale

CNC : Année de sortie en France : 1939

Générique

Réalisation :

Écriture :

Musique :

Équipe technique :

Production - Distribution :

Interprétation :

Informations techniques

Métrage : Long

Durée d'origine : 107

Métrage d'origine : 2903

Couleur/NB : Noir et blanc

Sonore/muet : Sonore

Procédé sonore : Western-Electric

Format d'origine : 35 mm (1,37)

Dans la presse

Panorama critique

Largement soutenu par une intensive campagne de la M. G. M. qui, aux temps du swing triomphant, essaie de provoquer en faveur de la valse un regain d’intérêt profitable tant aux entrées du film qu’au succès des airs qu’il contient, Toute la ville danse est plutôt favorablement accueilli par la critique. The Film Daily écrit que Duvivier a réussi « un mélange très habile entre la musique classique et les valeurs populaires de l’“entertainment”, entre la romance et le drame. Ce n’était pas une tâche facile, d’utiliser les compositions musicales de Johann Strauss et de bâtir une histoire plaisante, puisant dans le matériau historique constitué par les circonstances de la vie du compositeur, à une époque si différente de notre époque moderne, vouée au swing. Mais ici, l’âge de la valse s’exprime à nouveau, pour lutter contre le swing, qui rencontre les faveurs de la jeune génération. Duvivier a travaillé magistralement, pour proposer, par le biais de la musique classique, l’histoire puissante et romantique d’un homme partagé entre deux grands amours. La combinaison des deux se révèle attractive pour tous ». Même souci consensuel dans The Hollywood Reporter : « Que vous soyez amoureux de musique, ou juste amoureux, saluez par des acclamations cette heure et demie glorieuse, joyeuse, romantique, de musique et de chansons. Miliza Korjus a une voix en or, qui sert admirablement les valses de Johann Strauss. La caméra la met parfaitement en valeur, et, si le cinéma sait lui rendre justice, ce sera une des prochaines découvertes de l’écran… » Pour autant, et comme le note News, « Toute la ville danse vaut pour ceux qui apprécient la musique, non pour ceux qui veulent s’instruire. D’ailleurs, qui se soucie d’apprendre en écoutant de si belles pièces orchestrales que Le Beau Danube bleu, ou Contes de la forêt viennoise ? ». De fait, l’évocation historique ne suscite que des commentaires plutôt ironiques, témoin dans Time, qui prend acte de ce que c’est d’Autriche qu’est venue la menace hitlérienne qui pèse alors de tout son poids : « Que Toute la ville danse réussisse si bien à évoquer la nostalgie fleurie inhérente à la musique de Strauss pourrait être dû en partie à l’ironie qui a voulu que certains événements mondiaux ont fait de la Vienne impériale quelque chose de plus que le cadre romantique qu’elle était lorsqu’une opérette similaire faisait ses débuts, sur les scènes de Manhattan, il y a quatre ans. Certainement, les admirateurs de la “Vienne nouvelle” trouveront beaucoup à déplorer dans la description touchante d’une ville où l’effet principal de la Révolution est d’inspirer à un jeune musicien une marche, et quand la conséquence la plus importante de l’érection de barricades est d’entraîner le même jeune compositeur de musique à quitter sa femme pour s’en aller, un beau matin, pour une ballade romantique avec une chanteuse d’opéra ». Quant à la production, quoi que bénéficiant de la perfection M. G. M. (ou malgré cela), elle suscite quelques réserves, même dans l’équilibré Variety. « Toute la ville danse bénéficie d’une musique parfaite. C’est, à la fois, un régal pour mélomanes et un divertissement de classe… S’il est correctement présenté, le film devrait connaître le succès auprès du plus large public, car il contient tous les ingrédients nécessaires. Cela dit, la mode est au swing, ce qui devrait freiner l’enthousiasme pour la valse, que la Métro essaie de remettre à la mode par une intensive campagne publicitaire. La production de ce film a duré près de deux ans, mais ces efforts ont porté leurs fruits pour parfaite la grande finesse du film. C’est Luise Rainer qui “porte” Toute la ville danse. Elle se surpasse par rapport à ses rôles précédents. Que les nombreuses valses de Strauss n’envahissent pas l’histoire, jusqu’à la faire oublier, c’est à la mise en scène habile de Duvivier, et au soin apporté à la réalisation, qu’on le doit. Le réalisateur français a donné la priorité à l’histoire, même dans un “musical” où, toutes les dix minutes, on introduit une nouvelle chanson. Dans un rôle peu sympathique, Miliza Korjus souffre parfois d’être filmée sous des angles qui lui sont peu favorables, et ne soulève pas autant d’enthousiasme pour sa prestation qu’espéré. On peut d’ailleurs se demander pourquoi une chanteuse plus connue aux États-Unis n’a pas été choisie pour ce rôle ». C’est dit avec élégance et diplomatie. D’autres sont plus brutaux, telle Rose Pelswick dans Journal-Americana : « La musique est le trait dominant de la production, et l’on a brodé autour une histoire qui sert surtout de prétexte à présenter les travaux du compositeur. M. Gravet est un Strauss bien impersonnel, dont le film retrace les succès musicaux et les problèmes sentimentaux, partagé qu’il est entre une femme pot-de-colle à laquelle il est dévoué, et une chanteuse d’opéra façon Mae West dont il s’est entiché ». Le jugement est moins lapidaire, mais tout aussi circonspect, dans le Post : « Ce sont les nombreuses scènes où Strauss compose, ou joue, sa musique, qui sont les plus réussies du film… Le réalisateur, Julien Duvivier… fait montre parfois de plus d’habileté que l’histoire n’en mérite, mais en tout cas les valses elles-mêmes sont toujours agréables et magnifiquement mises en image. Pour le reste, vous devrez en juger par vous-même. Fernand Gravet, une sorte de Dick Powell français, dont l’accent est un extraordinaire mélange entre l’accent anglais et celui du sud des États-Unis, n’est pas le choix le plus heureux pour incarner le rôle de Strauss. Luise Rainer, qui joue sa femme, sombre un peu trop dans le côté larmoyant de son personnage… Il y a quelques années, cette manière de jouer semblait suffisamment nouvelle pour emporter la conviction. Aujourd’hui, c’est un fâcheux handicap… La maîtrise de Duvivier, exemplaire dans les mouvements de foule, les angles de caméra, les gros plans audacieux, le montage rapide, devient parfois un exercice technique un peu vain ». Si la critique reste, ici, polie, d’autres sont plus vindicatifs, comme le Los Angeles Herald Tribune : « Un avant-propos précise que Toute la ville danse se propose d’évoquer l’esprit de la Vienne ancienne, plutôt que de mettre l’accent sur tel ou tel épisode de la vie de Strauss. En ce sens, c’est une réussite, pour ce qui est des scènes musicales ou de figuration, mais, pour le reste, le propos est beaucoup trop prétentieux, l’histoire bien lourde, et la distribution est un mélange d’acteurs qui, quoi qu’excellents chacun pour leur part, font ressembler Vienne au siège de la Société des nations… Le personnage de Strauss, ce qui n’était certainement pas le but recherché, semble souvent ridicule d’être joué par un acteur français, Fernand Gravet… Nous pensons que le choix des producteurs a été mauvais, principalement parce qu’il est “trop français” pour ressembler à Strauss ». Mais le jugement le plus définitif, qui s’apparente à une « descente en flammes » et qui règle ses comptes tant au film lui-même qu’à l’esprit M. G. M. est sans conteste celui du Times, sous la plume de Frank S. Nugent. Évoquant l’opérette dont le film s’est (vaguement) inspiré, il écrit : « La réalisation par M.G.M. de la même opérette… est un “show” extraordinaire, et, pourrions-nous ajouter, un “show” époustouflant, somptueux et étourdissant. Ce qui ne l’empêche pas malgré tout d’être un monument d’ennui. La Métro, bien sûr, produit toujours les plus beaux films ennuyeux du monde. Les décors sont de Cedric Gibbons, les robes d’Adrian, et l’on peut presque lire le coût en dollars sur les étiquettes… Aucun autre studio ne construit des tavernes aussi enchanteresses, avec un parfait clair de lune et une parfaite piste de danse. Aucun autre studio ne peut faire un aussi grand film avec un aussi mince scénario. Un jour, j’en ai bien peur, la M.G.M. réalisera une production si parfaite que les acteurs, le script, le metteur en scène, seront littéralement engloutis par lui, avalés comme Jonas par la baleine… Le film est, d’évidence, une bonne “vitrine” pour Miss Korjus, dont la ressemblance avec Mae West et les hésitations dans les aigus contribuent à minimiser l’intérêt d’une interprétation vivante et vocalement impressionnante. Elle est disqualifiée, en outre, par la propension de la caméra à filmer de manière trop rapprochée son appareil vocal. Le cinéma ne semble pas avoir appris, après toutes ces années, que l’on doit ENTENDRE les voix, non les VOIR en gros plans. Dentiste est un beau métier, mais ce n’est pas de l’art. D’une manière plus générale, Toute la ville danse est avant tout un délire de pâtissier, pompeux, avec des décorations extravagantes et souvent bien artificielles ».

(Yves Desrichard, 2001)

01/01/2001

Bibliographie éditoriale

  • Périodique : [Interview de Joseph Ruttenberg], Positif, n° 142.
  • Périodique : BESSY (Maurice), Cinémonde, n° 541, 01/03/1939.
  • Périodique : Ciné-miroir, n° 725, 24/02/1939.
  • Périodique : Ciné-miroir, n° 727, 10/03/1939.
  • Périodique : COQUET (James de), Le figaro, 15/03/1939.
  • Périodique : CREELMAN (Eileen), The New York sun, 25/11/1938.
  • Périodique : FAYARD (Jean), Candide, 15/03/1939
  • Périodique : HALE (Wanda), News, 15/11/1938.
  • Périodique : Harrison's reports, 20 (47), 19/11/1938.
  • Périodique : Hollywood spectator, 12/11/1938.
  • Périodique : JOHANESON (Bland), Daily mirror, 25/11/1938.
  • Périodique : La cinématographie française, n° 1082, 29/07/1939.
  • Périodique : Le petit parisien, 00/03/1939.
  • Périodique : MISHKIN (Leo), The telegram, 25/11/1938.
  • Périodique : Motion picture herald, 05/11/1938.
  • Périodique : Newsweek, 14/11/1938.
  • Périodique : NUGENT (Frank S.), The times, 25/11/1938.
  • Périodique : PELSWICK (Rose), Journal-Americana, 25/11/1938.
  • Périodique : The film daily, 04/11/1938.
  • Périodique : The Hollywood reporter, 02/11/1938.
  • Périodique : The Los Angeles herald tribune, 25/11/1938.
  • Périodique : The New York times, 25/11/1938.
  • Périodique : Time, 14/11/1938.
  • Périodique : Variety, 02/11/1938.
  • Périodique : VUILLERMOZ (Emile), Le temps, 18/03/1939.
  • Périodique : WINSTEN (Archer), The post, 25/11/1938.

Versions du film

Type de version :

  • Version sous-titrée - The Great Waltz - Français
  • Version sous-titrée - The Great Waltz - Anglais

Relation autre film

Consultation

Lieux de consultation du film et conditions d'accès :

  • La Cinémathèque de Toulouse (Centre Balma) - Sur rendez-vous