Sobibor, 14 octobre 1943, 16 heures

Film

Claude Lanzmann

Année de production :  2000

Pays de production : France

Identité

Type d'oeuvre : Cinéma

Année de sortie dans le pays d'origine : 2001

Date de sortie en France :

  • 17/10/2001

Description

Résumé

En 1979, Claude Lanzmann recueillait, pour son futur chef-d'oeuvre Shoah, le témoignage d'un des acteurs de la seule révolte victorieuse à l'intérieur même d'un camp d'extermination nazi. A Jérusalem, Yehuda Lerner lui contait dans les moindres détails comment s'était fomenté la rébellion dans le camp de Sobibor, le 14 octobre 1943. Plus encore, il lui confiait son cheminement intérieur, celui de ses compagnons. Ses états d'âme aussi face au fait d'avoir tué un homme. Témoignage trop riche pour être simplement intégré dans Shoah. C. Lanzmann a souhaité construire un nouveau film autour de ces près de 80 minutes d'entretien. Accompagné de la chef opératrice C. Champetier et d'une équipe très réduite, il est parti sur les lieux mêmes du drame, figés depuis la disparition du camp, et qui témoignent encore des abominations commises par le régime Hitlérien. Yehuda Lerner explique longuement le fonctionnement du camp, divisé en deux : un camp de travail et un camp d'extermination où tous les "travailleurs" finissaient forcément à long terme. Il se souvient comment un officier juif soviétique, Alexandre Petchersky, roué au maniement des armes, a conçu ce projet de révolte. Il se souvient du rôle clé qu'il avait à y jouer, de ses doutes, de ses peurs. Il précise à la minute près les différentes actions menées un peu partout dans le camp. La réussite, la fuite. La liberté.Au travers de ce document impressionnant qui, de fait, fait référence, Lanzmann archive à jamais toute la vérité, toute la profondeur d'un "point de détail" de l'histoire de l'humanité. Comme à son habitude (et seize ans après Shoah), il rappelle dans Sobibor... un drame humain bouleversant, par la voix même d'une victime, d'un acteur. Pas de fiction, de spectacle, de sensiblerie, mais une succession de faits, de chiffres, de certitudes. Lanzmann offre au courage désespéré des détenus de Sobibor l'espace qu'il mérite. Le cinéaste souhaite ainsi rétablir quelques vérités parfois oubliées. Par exemple, les détenus de camps de concentration avaient parfaitement conscience de ce qui les attendait (il ne saurait donc être question de "mort douce"). Il veut aussi récuser certaines thèses selon lesquelles les victimes auraient été résignées devant la mort. La rébellion à Sobibor prouverait plutôt que s'ils ne purent réagir que très peu, c'est que, trompés, trahis, et sans défense, ils étaient nullement préparés à l'exercice de la violence. On peut toutefois regretter que Lanzmann se replie parfois derrière une forme un peu trop austère : il ouvre et ferme son film par deux (interminables) textes défilant sur sa propre voix (en off) didactique à l'excès. Mais ses partis pris radicaux sont totalement voués à rendre un magnifique hommage au récit (tourné en plans fixes, quasi immobiles) de Y. Lerner.

Générique

Équipe technique :

Production - Distribution :

Interprétation :

Informations techniques

Métrage : Long

Durée d'origine : 95

Couleur/NB : Couleur

Exploitation

Exploitation Paris : 2 salles, 9 semaines, 4 795 entrées la première semaine, 15 994 entrées totales

Exploitation France : 30 937 entrées totales

Bibliographie éditoriale

  • Ouvrage : Sobibor, 14 octobre 1943, 16 heures / Claude Lanzmann ; post. de Arnaud Desplechin. - Paris : Cahiers du cinéma, 2001
  • Périodique : Cahiers du cinéma (Les), n° 558, juin 2001
  • Périodique : Cahiers du cinéma (Les), n° 561, octobre 2001
  • Périodique : Cahiers du cinéma (Les), n° 565, février 2002
  • Périodique : Positif, n° 485-486, juillet-août 2001
  • Périodique : Positif, n° 489, novembre 2001
  • Périodique : Variety, vol. 383, n° 1, 21 mai 2001