Caroline Champetier

Personnalité

Dir. de la photo, ass. opératrice, réalisatrice... : 1970-2020

Nationalité :  France

Naissance :  16/07/1954 - France - Paris, Seine

Identité

Genre : femme

Pseudonyme(s) :

  • Caroline Champetier de Ribes

État civil :

  • Caroline Marie Champetier de Ribes Christofle

Fonctions : Réalisateur, Acteur, Directeur de la photographie/Chef opérateur, Assistant opérateur, Cadreur/Opérateur, Directeur artistique, Scénariste, Auteur, Photographe, Collaborateur, Interviewer, Annotateur, Auteur primaire, Auteur secondaire

Biographie

Formation :

D'abord tentée par des études de lettres, Caroline Champetier entre à l'Institut des hautes études cinématographiques (IDHEC). De père architecte, la jeune femme révèle une maîtrise aiguë de la technique et de la perception de l'espace.

Carrière :

Caroline Champetier, figure majeure de la photographie cinématographique française, a redéfini l’art de la lumière au service des plus grands auteurs, de Godard à Carax, couronnée par un César pour Des hommes et des dieux et une Caméra d’honneur à la Berlinale pour son audace visuelle.
Diplômée, elle devient en 1976 l'assistante du grand directeur de la photographie William Lubtchansky, elle apprend les contrastes et leur violence ; elle fait ses armes avec lui sur deux films et travaillera pendant deux ans sur Shoah (Lanzmann, 1985). Caroline Champetier se détache alors de son mentor et s'apprête à faire les rencontres qui lui permettront de devenir l'une des rares femmes chefs opératrices du cinéma français. Les plus grands lui font tout de suite confiance, comme Rivette ou Jacquot (avec qui elle travaille sur huit films dont La fille seule en 1995 et Villa Amalia en 2008). Egalement Jean-Luc Godard qui l'emploie pour signer la photographie de Aria : Enfin il est en ma puissance (1986), Soigne ta droite (1987) et Hélas pour moi (1992). Caroline Champetier apprend aux côtés de Godard un certain classicisme d'un cinéma empreint de nostalgie, mais va aussi chercher la modernité incarnée par exemple par Jacques Doillon, avec qui elle travaille sur L'Amoureuse (1987) puis La fille de quinze ans (1988). C'est à ses côtés qu'elle dit "avoir compris les acteurs". Elle rencontre Philippe Garel et travaille sur J'entends plus la guitare (1991) puis Le vent de la nuit (1998). Réputée pour sa grande sensibilité, elle travaille également avec la jeune génération des réalisateurs français. Arnaud Desplechin l'emploie sur La sentinelle (1991), puis L'Aimée (2006) ; Caroline Champetier éclaire aussi le Alice et Martin de Téchiné (1997). Rencontre décisive avec Xavier Beauvois : après N'oublie pas que tu vas mourir (1994), le réalisateur lui confie la photographie de trois autres films, dont Le petit lieutenant (2004) et surtout Des hommes et des dieux (2009), qui vaudra à Caroline Champetier rien moins que le César de la meilleure photographie... Sa conception du "coeur du plan", ses jeux de lumière inspirés du cinéma en noir et blanc, ses plans baignés de lumière douce qui enveloppe les visages des acteurs, valent à Caroline Champetier bien plus que le statut un peu péjoratif d "éclaireuse de films d'auteurs" - selon ses propres propos... Son talent est reconnu hors de l'hexagone puisqu'elle a travaillé avec le Japonais Nobuhiro Suwa (H Story, 2000), l'Israélien Tawfik abu Wael (Tanathur, 2011) et surtout Amos Gitaï sur Terre promise (2003) et Plus tard (2007). À partir de 2010, son travail sur Des hommes et des dieux (Xavier Beauvois, 2009) marque un tournant, couronné par le César et le Prix Lumière de la meilleure image. Elle collabore à nouveau avec Leos Carax pour Holy Motors (2011), nomination aux César et Lumières, où sa photographie audacieuse épouse les métamorphoses du récit. Xavier Beauvois lui confie La Rançon de la gloire (2013), avant qu'elle ne retrouve Anne Fontaine (Les Innocentes) en 2105. L’année suivante, elle signe la lumière des Gardiennes de Xavier Beauvois, nomination au Prix Lumière, puis celle d'Annette (2019) de Leos Carax, qui lui vaut une nouvelle nomination aux César et son deuxième Prix Lumière. Après sa participation au documentaire hommage à Claude Lanzmann (L’Automne à Pyongyang, François Margolin, 2022), elle retrouve Carax en 2024 sur le tournage de son moyen métrage C’est pas moi. Entre deux films pour Benoit Jacquot (Par cœurs, 2022 et Belle, 2024), Caroline Champetier dirige la photographie du premier film réalisé par Christine Angot, Une famille, documentaire qui suit la romancière sur les traces de son père incestueux.
La Berlinale lui décerne en 2023 la Caméra d'honneur pour l'ensemble de sa carrière, saluant une filmographie où se croisent rigueur classique et innovations radicales – des nuits électriques de Chantal Akerman aux tempêtes visuelles de Carax. Parallèlement à sa carrière professionnelle, elle réalise le documentaire Nuytten/Film (2015) sur le chef opérateur Bruno Nuytten, prolongeant une réflexion sur l'art de la lumière entamée dès ses premiers courts métrages.

Autres activités :

Caroline Champetier est présidente de l'AFC (Association française des directeurs de la photographique cinématographique) depuis 2009. Son statut de référence s'affirme auprès des nouvelles générations : elle transmet son savoir à La Fémis et à l'école Louis-Lumière, tout en présidant l'Association française des directeurs de la photographie (2009-2012).
Après une dizaine de courts métrages qu'elle réalise entre 1973 et 2009, Caroline Champetier signe en 2012 un long pour la télévision : Berthe Morisot , avec Marine Delterme et Malik Zidi dans les rôles titres.

Filmographie

Longs métrages

Assistant opérateur

Directeur artistique

Réalisation

Récompenses et nominations

  • 2011 - Meilleure photographie - César du Cinéma Français - Des hommes et des dieux - Obtenu

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