Décembre 1917. A la prison de Wronke, Rosa Luxembourg se souvient : 1906, déjà la prison, à Varsovie, l'exécution d'hommes dans la cour, son propre interrogatoire. 1899, Berlin : ses retrouvailles avec Léo Jogiches, son camarade de combat, son compagnon dans la vie. Lors de la soirée du jour de l'an elle le présente aux dirigeants de la social-démocratie August Bebel, Karl Kausty, mais évite le révisionniste Bernstein. 1910, Berlin : après une longue période d'activité révolutionnaire coupée d'emprisonnements en Pologne et en Allemagne, elle retrouve son amie Luise Katusky. Puis Léo qui arrive de Varsovie. Meetings et discussions théoriques de plus en plus vives s'enchaînent. L'amour et la politique s'emmêlent. Et c'est la rupture avec Léo. Elle reste entourée de ses amis socio-démocrates et devient la maîtresse d'un fils de sa vieille amie Clara Zetkin, Kostja. 1913, Francfort : ses propos pacifistes lui valent un procès. Juillet 1914, Bruxelles : elle sait la guerre proche, elle participe au congrès socialiste, mais devant la naïveté des Français n'ose pas prendre la parole. Noël 1914 ; elle est seule avec Mimi, son chat. C'est à lui qu'elle dit adieu avant de retourner en prison l'année suivante. 1916, Wronke : à nouveau la prison : elle y apprend la mort de Kostja. 1917 : Breslau est sa 9e prison. Quand elle obtient sa libération, c'est pour diriger avec Karl Liebknecht « Le Drapeau Rouge », l'organe du groupe Spartakus. Ensemble, ils sont assassinés le 15 janvier 1919.