En septembre 1870, aux environs de Sedan, un détachement français se trouve isolé dans les Ardennes. Après quelques jours d'une marche harassante, les provisions viennent à manquer. Un troupeau d'oies est attaqué et le jars est silencieusement dévoré ! Mais au petit jour, nos soldats, reprenant la route, sont suivis par les oies en quête de leur jars. Sur l'ordre du capitaine, un festin d'oies est organisé. Les hommes ont soif et Léon, garçon coiffeur parisien et ardent patriote, est chargé de rapporter de l'eau fraîche. S'enfonçant dans le sous bois, il trouve une gracieuse rivière ombragée. Accablé par la chaleur, il pose ses vêtements sur la rive et se baigne. Il aperçoit un autre nageur. Ils échangent des signes amicaux, se retrouvent sur la même rive. Hélas, c'est un soldat allemand. L'un et l'autre, réduits au port du caleçon, ne peuvent que fraterniser. Mais une patrouille approche qui interrompt le dialogue mimé des deux soldats. Chacun saisit son paquet de vêtement et s'enfuit dans des directions opposées. Mais lorsque le candide paysan bavarois s'habille précipitamment, il se voit vêtu de l'uniforme français, tandis que le parisien trouve le casque à pointe et l'uniforme prussien. Les deux hommes, ne pouvant que se cacher, se retrouvent dans une petite ferme à l'orée du bois où les accueillent une grand-mère énergique, à la tête froide, qui ne se gêne pas pour houspiller tout son entourage et sa petite fille, jeune paysanne de vingt ans. La jalousie remet en cause la fragile amitié qui liait les deux ennemis héréditaires. Mais l'amitié est plus forte que la guerre, telle est la morale de ce conte.