C'est fini. Lo Fazio a gagné : le « Splendor », le vieux cinéma au toit ouvrant, va être transformé en supermarché du sanitaire. Indifférent aux déménageurs, fatigué, Jordan se souvient. Il se souvient de son enfance lorsqu'il accompagnait son père qui projetait « Metropolis » sur les places des villages. De son retour après la guerre et son engagement au côté des résistants yougoslaves, où il retrouva son « Splendor » et découvrit Chantal, une jeune danseuse française qu'il enleva et qui devint « son » ouvreuse. Le « Splendor » ne désemplissait plus : le plaisir de sortir, les films y étaient pour beaucoup. Mais aussi le charme de Chantal qui attirait Sor Paolo, le libraire, et le timide Luigi. Luigi est resté au « Splendor » comme projectionniste, dévoreur de films, parfois exaspérant tant il est envahi par le cinéma, mais tout entier dévoué à Jordan. Depuis, Jordan a vieilli, Chantal est passée derrière la caisse, Luigi a épousé Eugenia, une enseignante, et ne projette plus les films qu'à une salle presque vide. Maintenant, c'est fini. Fini ? Et si, subitement, les rares vieux habitués étaient rejoints par tous ceux qui ne mettaient plus depuis longtemps les pieds au cinéma, si tous occupaient les sièges, empêchant les déménageurs de vider la salle. et si ce n'était pas un rêve ?