Que peut répondre Klaus Dritteman aux journalistes qui l'interrogent à des questions qui sont déjà des réponses ? Ils veulent lui faire dire qu'il a quitté le froid pour le chaud. Qu'il est un dissident. Alors qu'il a quitté l'Allemagne de l'Est parce que là-bas le gouvernement l'empêchait de chanter sa contestation. Il est venu en RFA à contrecoeur, il a laissé sa femme et son enfant. Il a fait ses au-revoir à son beau-père compréhensif et à sa mère militante communiste. Son exil a un but. Il veut retrouver son père, héros de la seconde guerre mondiale qui a quitté sa famille et son pays pour l'Ouest. A peine a-t-il passé le Mur, quitté les deux policiers qui le surveillaient pour leurs répliques occidentales, qu'il est pris en charge par la représentante d'une maison de disques américaine. C'est elle qui a organisé cette conférence de presse où un sénateur fait une apparition, ce que Klaus refuse : il ne veut pas être leur jouet. Il rencontre une journaliste française, Emma. Elle aussi est à la recherche de cet homme qui a changé d'identité et vit maintenant dans la banlieue de Cambridge. Klaus a une profonde admiration pour lui, pour son engagement aux côtés des Brigades Internationales en Espagne, pour ses compositions musicales qu'il retrouve dans un coffre de banque dont sa mère lui a confié la clef. Dans les affaires d'Emma, il découvre le livre des collaborateurs de la Gestapo. Le nom de son père y est. Quand, enfin, il est face à lui, il n'ose révéler son identité, il écoute cet homme qui a trahi pour ne pas être fusillé et qui a vécu dans la peur. Le lendemain, il apprend son suicide.