Marin Karmitz
Personnalité
Distributeur, producteur, réalisateur... : années 1950-2020
Nationalité : Roumanie
Naissance : 07/10/1938 - Roumanie - Bucarest
Identité
Genre : homme
Naturalisation : France
Pseudonyme(s) :
Fonctions : Réalisateur, Assistant réalisateur, Acteur, Scénariste, Dialoguiste, Producteur, Producteur associé, Coproducteur, Producteur délégué, Cadreur/Opérateur, Auteur, Auteur secondaire
Biographie
Formation :
En France depuis 1948, Marin Karmitz entre à l'DHEC, dans la section prise de vue en 1954. Il en sort avec un diplôme de chef opérateur et commence sa carrière comme assistant réalisateur de Jean Dewever (Les honneurs de la guerre , 1962), d'Agnès Varda (Cléo de 5 à 7 , 1962), de Jean-Luc Godard (pour le sketch La paresse , dans Les sept péchés capitaux ,1962), de Jacques Rozier (Adieu Philippine , 1963).Carrière :
Marin Karmitz est une figure emblématique du cinéma d’auteur, à la fois producteur, distributeur et exploitant, qui a su bâtir un véritable empire culturel autour de MK2, affirmant une vision engagée et militante du septième art. Sa carrière, marquée par un engagement constant en faveur d’un cinéma libre, exigeant et ouvert sur le monde, fait de lui un pilier du cinéma indépendant français et européen.
En 1963, Marin Karmitz réalise son premier court-métrage, Les idoles. Dès l'année suivante, il fonde MK Productions, une maison de production que finance son père. Il réalise Nuit noire, Calcutta sur un scénario de Marguerite Duras qui le reprendra pour son roman Le vice-consul. Jusqu'en 1967, Marin Karmitz produit vingt-cinq courts-métrages, notamment ceux de Serge Korber, Jean Kébadian, Jean Ravel, Jean Colombat ou Guy Gilles. En 1967 MK Productions devient MK2 Productions. Avec Jean-Marie Serreau et Jean Ravel, il réalise Comédie, d'après une pièce de Samuel Beckett. Les événements de mai 68 l'entraînent vers le cinéma militant et il tourne ses trois seuls longs métrages : 7 jours ailleurs (1968), Camarades (1969) et Coup pour coup (1971). En 1974, il prend en charge l'exploitation des salles de cinéma parisiennes 14-juillet et crée MK2 Distribution afin de posséder son propre réseau de salles. Dès lors, il abandonne la réalisation pour se consacrer à produire et à distribuer les films de quelques-uns des meilleurs réalisateurs français et européens. Parmi eux, on relève les noms de Claude Chabrol (dix films, dont Poulet au vinaigre, 1984 ; L'enfer, 1993 ; La cérémonie, 1995 ; Au coeur du mensonge, 1999), d'Alain Resnais (Mélo, 1986 ; I want to go home, 1988), de Louis Malle (Au revoir, les enfants, 1987), de Jacques Doillon (La tentation d'Isabelle, 1985 ; Petits Frères, 1999), de Ken Loach (Looks and smiles, 1981 ; Fatherland, 1985), des frères Taviani (La notte di San Lorenzo, 1981 ; Kaos, 1984 ; Good morning Babylonia, 1986) ou de Luigi Comencini (La storia, 1985). Il ne se contente pas des valeurs établies et contribue à faire découvrir au public de nouveaux talents, parmi lesquels : Romain Goupil (La java des ombres ; Mourir à trente ans, 1982), Claire Denis (Chocolat, 1987), Etienne Chatillez (La vie est un long fleuve tranquille, 1987), Pavel Lounguine (Taxi Blues, 1990), Cédric Klapisch (Riens du tout, 1992), Krzysztof Kieslowski (la trilogie Bleu ; Blanc ; Rouge), Arturo Ripstein (Carmin profond, 1996). En tant que distributeur, Marin Karmitz pratique la même politique, prenant en charge aussi bien des films d'auteurs consacrés (Wim Wenders, Agnès Varda, Peter Brook) que ceux de nouveaux réalisateurs français (Patrick Grandperret, Manuel Poirier) ou de réalisateurs sud-américains, asiatiques ou africains. En 1985, Marin Karmitz s'associe avec la Compagnie financière de Suez pour créer Canal 01, société d'achat de droits de films destinés à être vendus aux télévisions. A la même époque, il entre dans le capital de la nouvelle chaîne M6. Par cette stratégie d'intégration horizontale (production, diffusion, achats de droits, télévision), il entend préserver son autonomie face aux géants Gaumont ou UGC. Très impliqué en tant que professionnel du cinéma, il devient le héraut du circuit indépendant en tentant notamment de s'opposer à la carte UGC. Paradoxalement MK2 est un véritable empire : MK2 Production compte plus de 400 films à son catalogue, Marin Karmitz a produit et coproduit plus de quatre-vingt-dix films, en a distribué plus de cinq cents et a créé un circuit de dix complexes cinématographiques à Paris. MK2 figure aujourd'hui parmi les quatre principaux groupes cinématographiques français. Devenu une figure tutélaire, Marin Karmitz transmet, en 2005, la direction de MK2 à ses fils Nathanaël et Elisha, mais reste garant de l’identité et de l’engagement artistique du groupe. En 2024, alors que MK2 célèbre ses cinquante ans, plusieurs hommages sont rendus à Marin Karmitz, soulignant son rôle déterminant dans la défense d’un cinéma libre, inventif et ouvert sur le monde.
Autres activités :
Marin Karmitz publie ses Mémoires, Bande à part , chez Grasset en 1994. Membre fondateur de la Fondation Saint-Simon, il préside l'association Accueil et promotion de l'art contemporain dans le château d'Oiron depuis 1991 En 2008, il est nommé délégué général du Conseil de la création artistique, créé en 2009 par Nicolas Sarkozy dans le cadre du débat sur la réforme de l'audiovisuel public..Filmographie
Courts métrages
Longs métrages
Bibliographie éditoriale
Relations professionnelles
Fondateur de :