La frontière italienne qui serpente dans les Alpes Méditerranéennes avec une certaine fantaisie traverse le petit village d'Assola avec une égale excentricité : ainsi certaines demeures se trouvent-elles coupées en deux légalement, quelques pièces en France, les autres en Italie Le brave douanier Pastorelli se plaît, les soirs de fête, à raconter comment sa pauvre mère le mit au monde d'urgence dans une cuisine italienne... lui, le gardien des lois françaises Cette histoire n'est pas tombée dans l'oreille d'un sourd et le contrebandier Guiseppe, le jour où Pastorelli le tait arrêter pour excès de contrebande, s'en servira pour déconsidérer cet honnête serviteur de l'Etat. Perdant son titre de français, Pastorelli perd sa femme, ses enfants, sa maison et son uniforme et traverse la rue dépouillé jusqu'à l'âme pour gagner sa nouvelle patrie. Celle-ci ne lui rendra rien, sinon sa première femme qui se trouve être actuellement l'épouse de Guiseppe et qu'il devra reprendre puisque le divorce n'existe pas en Italie... Ils se retrouvent sur la paille humide des cachots, elle comme bigame, et lui comme déserteur puisqu'il a fait son service militaire en France. Le jeu de la loi ou des lois a donc dépouillé Guiseppe aussi de sa femme, mais pas de ses enfants, bien encombrants pour un célibataire et c'est Pastorelli qui, sans nationalité, peut prendre le maquis à sa place... il connaît le métier !