L'Abbé Constantin

Film

Julien Duvivier

Année de production :  1925

Pays de production : France

Identité

Autres titres :

  • d'après le roman "L'Abbé Constantin" (Titre de l’œuvre adaptée)
  • d'après la pièce "L'Abbé Constantin" (Titre de l’œuvre adaptée)

Type d'oeuvre : Cinéma

Année de sortie dans le pays d'origine : 1925

Date de sortie en France :

  • 09/10/1925

Société(s) de production :

Description

Résumé

Le brave abbé Constantin, curé de Longueval, apprend avec consternation que le château de Longueval vient d'être vendu à des Américains qu'il suppose protestants, les Scott. Dans son entourage, on trouve sa servante, Pauline, le jardinier du château, Bernard, et son filleul, Jean Reynaud, lieutenant de cavalerie cantonné au bourg voisin. Mais madame Scott et sa jeune soeur, Bettina Percival, se révèlent être d'affables catholiques, qui font des dons conséquents aux pauvres de la paroisse et conquièrent rapidement tout le pays par leur simplicité. Revenues à Paris, les dames du château y continuent la saison mondaine. Bettina, héritière de 150 millions, est très entourée, et le plus empressé de ses soupirants est Paul de Lavardens, dont le château touche celui de Longueval, que son ambitieuse mère voudrait marier à Bettina. Bettina a aussi conquis Jean Reynaud. Pauvre, celui-ci n'ose pas déclarer sa flamme à la riche héritière. Pourtant, Bettina aime le jeune et timide officier. Un soir où il doit partir en manoeuvres, il vient lui dire au revoir au cours d'une grande soirée. Comme Paul de Lavardens, prétendant quasi officiel, risque quelques mots ironiques sur sa future femme, Jean l'insulte. Ils se battent à l'épée dans le parc. Bettina, affolée, supplie l'abbé d'intervenir. Celui-ci sépare les combattants, alors que Jean faisait tomber l'épée de son adversaire. Quelques heures plus tard, sous l'orage, Bettina, ignorante de l'issue du duel, part à la rencontre de Jean. Jean l'aperçoit qui lui envoie un baiser et comprend que Bettina l'aime. Sachant que Bettina attend son aveu, il décide, au retour des manoeuvres, de s'engager pour la Légion étrangère, et revient secrètement dire adieu à l'abbé Constantin. ì l'instigation de Pauline, Bettina rejoint Jean chez l'abbé, et repousse la déclaration de Paul de Laverdens. L'abbé pousse son filleul vers Bettina, et le bon vieux curé Constantin pleurera en unissant les mains des deux enfants " qu'il aime presque autant que son Dieu ".

Générique

Réalisation :

Écriture :

Équipe technique :

Production - Distribution :

Interprétation :

Informations techniques

Métrage : Long

Dans la presse

Panorama critique

Le Cinéopse se garde heureusement d’aller aussi loin : « Auprès du bon curé, que mettre qui gagne mieux les sympathies qu’un couple de jeunes gens qui s’aiment timidement ? Le joli et le fin sera de créer entre ces deux jeunes gens le gros obstacle de la richesse ; et de le faire lever tant par la bonhomie du curé que par la hardiesse de la jeune fille… Dans L’Abbé Constantin le cadre est de grande importance. La scène en effet se passe au village. Il faut que nous nous intéressions à ce milieu humble et poétique où vit l’abbé Constantin, et où vont arriver par contraste de brillantes américaines… En résumé, bon film français que tous les publics verront avec plaisir, et gros succès en perspective… ».

Et il faut La Cinématographie française pour considérer que Julien Duvivier a porté à l’écran une pierre d’angle du théâtre français : « On a osé tourner L’Abbé Constantin. Cette pièce, répertoire du Français, semblait un domaine inviolable à l’art septième. Et cependant, cela est. On a tourné, et de manière excellente, cette excellente pièce qui attire tant d’admirateurs à notre théâtre national. Évidemment, on n’a pu, par certains passages, éviter le dialogue, et certaines situations éminemment théâtrales. Mais l’ensemble est homogène et plaisant, et l’on ressent une impression de charme et de fraîcheur en suivant l’aventure de L’Abbé Constantin… un peu vieillotte, un peu désuète, mais toujours si charmante, en dépit du temps et du changement survenu dans les mœurs et les caractères… » Et de regretter - déjà ! - que l’époque ne soit plus ce qu’elle était : « Voici l’histoire, toujours agréable et solide, en dépit du temps. Elle apporte un peu d’idéal et de beauté dans notre siècle d’arrivisme et d’aventure. C’est une source rafraîchissante, et les personnages en sont comme nimbés de rêve. Hélas ! Les scrupules sont plus rares, de notre époque ».

Film anodin, L’Abbé Constantin suscite une critique de la même eau, dont témoigne Cinémagazine qui relate l’accueil fait au film en Belgique : « En vérité l’on se sent, dans ce domaine de Longueval, en terre française. À quoi ? Peut-être à l’atmosphère fluide et dorée, certainement aux lignes harmonieuses du parc, à son château (qui dira tout le charme fait de grâce et de souvenirs des châteaux de France !), enfin aux interprètes qui animent ce film. Après tant d’Américaines égarées en des rôles de Françaises, nous avons enfin l’expérience contraire. Cela change un peu. La critique parut ici [en Belgique] le regretter. Ces pseudo-Américaines, disait-elle, laissent trop paraître leur véritable nationalité… Une telle restriction ne me semble guère admissible. Choisir Claude France et Geneviève Cargèse, c’était respecter dans son esprit et dans sa lettre l’œuvre de Ludovic Halévy ». Lors de la sortie française, le même journal s’était risqué à un rapprochement pour le moins audacieux : « Il [Julien Duvivier] a su transposer avec goût son sujet, lui apporter d’adroites variantes et ne pas demeurer cantonné dans la banalité. La technique est soignée et sort de l’ordinaire. La scène de l’orage, entre autres, nous fait penser à certains tableaux de Way down east » [film de David W. Griffith de 1920, avec Lillian Gish, Richard Barthelmess et Lowell Sherman].

(Yves Desrichard, 2001)

Bibliographie éditoriale

  • Ouvrage : DECOURCELLE (Pierre). - L'abbé Constantin. - Calmann-Lévy, 1951.
  • Ouvrage : HALEVY (Ludovic). - L'abbé Constantin. - Calmann-Lévy, 1895.
  • Périodique : Cinémagazine, n° 41, 09/10/1925.
  • Périodique : Ciné-miroir, n° 71, 01/04/1925.
  • Périodique : DEJOB (G.), Cinémagazine, n° 47, 20/11/1925.
  • Périodique : DERAIN (Lucie), La cinématographie française, n° 362.
  • Périodique : Le cinéopse, n° 75, 01/11/1925.
  • Périodique : Mon ciné, n° 201, 31/12/1925.
  • Périodique : SAINT-VILMER (L. de), La cinématographie française, n° 362.

Collections liées