Identité
Autres titres :
- d'après le roman "L'Abbé Constantin" (Titre de l’œuvre adaptée)
- d'après la pièce "L'Abbé Constantin" (Titre de l’œuvre adaptée)
Type d'oeuvre : Cinéma
Année de sortie dans le pays d'origine : 1925
Date de sortie en France :
- 09/10/1925
Société(s) de production :
Description
Résumé
Générique
Informations techniques
Métrage : Long
Dans la presse
Panorama critique
Le Cinéopse se garde heureusement d’aller aussi loin : « Auprès du bon curé, que mettre qui gagne mieux les sympathies qu’un couple de jeunes gens qui s’aiment timidement ? Le joli et le fin sera de créer entre ces deux jeunes gens le gros obstacle de la richesse ; et de le faire lever tant par la bonhomie du curé que par la hardiesse de la jeune fille… Dans L’Abbé Constantin le cadre est de grande importance. La scène en effet se passe au village. Il faut que nous nous intéressions à ce milieu humble et poétique où vit l’abbé Constantin, et où vont arriver par contraste de brillantes américaines… En résumé, bon film français que tous les publics verront avec plaisir, et gros succès en perspective… ».
Et il faut La Cinématographie française pour considérer que Julien Duvivier a porté à l’écran une pierre d’angle du théâtre français : « On a osé tourner L’Abbé Constantin. Cette pièce, répertoire du Français, semblait un domaine inviolable à l’art septième. Et cependant, cela est. On a tourné, et de manière excellente, cette excellente pièce qui attire tant d’admirateurs à notre théâtre national. Évidemment, on n’a pu, par certains passages, éviter le dialogue, et certaines situations éminemment théâtrales. Mais l’ensemble est homogène et plaisant, et l’on ressent une impression de charme et de fraîcheur en suivant l’aventure de L’Abbé Constantin… un peu vieillotte, un peu désuète, mais toujours si charmante, en dépit du temps et du changement survenu dans les mœurs et les caractères… » Et de regretter - déjà ! - que l’époque ne soit plus ce qu’elle était : « Voici l’histoire, toujours agréable et solide, en dépit du temps. Elle apporte un peu d’idéal et de beauté dans notre siècle d’arrivisme et d’aventure. C’est une source rafraîchissante, et les personnages en sont comme nimbés de rêve. Hélas ! Les scrupules sont plus rares, de notre époque ».
Film anodin, L’Abbé Constantin suscite une critique de la même eau, dont témoigne Cinémagazine qui relate l’accueil fait au film en Belgique : « En vérité l’on se sent, dans ce domaine de Longueval, en terre française. À quoi ? Peut-être à l’atmosphère fluide et dorée, certainement aux lignes harmonieuses du parc, à son château (qui dira tout le charme fait de grâce et de souvenirs des châteaux de France !), enfin aux interprètes qui animent ce film. Après tant d’Américaines égarées en des rôles de Françaises, nous avons enfin l’expérience contraire. Cela change un peu. La critique parut ici [en Belgique] le regretter. Ces pseudo-Américaines, disait-elle, laissent trop paraître leur véritable nationalité… Une telle restriction ne me semble guère admissible. Choisir Claude France et Geneviève Cargèse, c’était respecter dans son esprit et dans sa lettre l’œuvre de Ludovic Halévy ». Lors de la sortie française, le même journal s’était risqué à un rapprochement pour le moins audacieux : « Il [Julien Duvivier] a su transposer avec goût son sujet, lui apporter d’adroites variantes et ne pas demeurer cantonné dans la banalité. La technique est soignée et sort de l’ordinaire. La scène de l’orage, entre autres, nous fait penser à certains tableaux de Way down east » [film de David W. Griffith de 1920, avec Lillian Gish, Richard Barthelmess et Lowell Sherman].
(Yves Desrichard, 2001)