Coeurs farouches

Film

Julien Duvivier

Année de production :  1923

Pays de production : France

Identité

Type d'oeuvre : Cinéma

Année de sortie dans le pays d'origine : 1924

Date de sortie en France :

  • 21/11/1924

Société(s) de production :

Description

Résumé

Dans une ferme isolée au milieu d'un paysage sauvage vivent, en " coeurs farouches ", les quatre frères Le Barroyer, Simon, le plus âgé, Jean-Loup, Landry et Vincent, le plus jeune. Aucun d'entre eux n'est marié. Un soir, affolée, mourant de faim, arrive chez eux une jeune servante, Marthe, chassée par ses maîtres. L'humilité de la femme, l'heure tardive, forcent les hommes à lui donner l'hospitalité. Dès le lendemain matin, sa présence s'avère utile, sinon indispensable. Une vie nouvelle commence alors. Les quatre deviennent amoureux de Marthe. Celle-ci aime l'un d'eux. Elle se déclarerait lorsqu'elle s'aperçoit de la passion grandissante de chacun. Elle se tait. La jalousie, puis la haine dressent l'un en face de l'autre les frères. Voulant éviter un drame, Marthe s'enfuit une nuit. Poursuivie par les quatre, elle est retrouvée évanouie, le corps marqué de coups, au bord d'une rivière. C'est l'un des frères qui l'a ainsi brutalisée. Elle refuse de révéler lequel, au risque de provoquer un drame. N'y tenant plus, les hommes demandent à Marthe de nommer au moins celui qu'elle aime. Les autres, alors, se retireront loyalement car cette vie est devenue impossible. Elle s'y refuse à nouveau. Mais Jean-Loup, revenant d'une fête au village, tombe de la voiture que le cheval, harcelé de coups, conduit à une allure vertigineuse. Il va mourir. Il révèle que c'est lui qui a brutalisé Marthe, et que celle-ci aime Landry. Devant le choix de Marthe, Simon l'aîné et Vincent le plus jeune s'inclinent. Landry part avec Marthe.

Générique

Écriture :

Production - Distribution :

Interprétation :

Informations techniques

Métrage : Long

Dans la presse

Panorama critique

La (maigre) critique est partagée entre grotesque et naturalisme. Pour La Cinématographie française, « le scénario a un peu d’invraisemblance, mais il fournit d’admirables images d’une quadruple rivalité de paysans autour d’une jeune fille égarée chez eux », ce à quoi Cinéa-Ciné pour tous désagrée presque complètement : « Le départ de ce scénario imaginé par M. Julien Duvivier promettait des développements intéressants. Je dirai de ce sujet (…) qu’il est fort bien posé et qu’il sombre dans le grotesque. Cependant il y a jusqu’au bout des intentions louables, des lueurs de drame, des tentatives de réalisation en raccourcis et en demi-teintes qui sauvent l’ensemble. La photo est très nettement mauvaise. Mieux secondé par son opérateur, M. Duvivier eût pu réaliser un film honorable. Mlle Desdemona Mazza se tire avec adresse d’un rôle difficile (…). Ce naturalisme à la Zola n’a pas sa place à l’écran ».

Et c’est dans Hebdo-Film qu’il faut aller chercher de quasi-dithyrambes : « C’est là de tous les films de Julien Duvivier celui que je préfère. Le scénario [qui] est d’une simplicité extrême - mise à part l’énigme placée dans l’intrigue - a laissé une marge très large à l’extériorisation des divers sentiments des personnages. Fait remarquable, il n’y a pour ainsi dire qu’un décor - brossé par Goupillère - le reste n’est qu’accessoire. Là, le metteur en scène a fait évoluer ses personnages tout pénétrés d’une vie intérieure et s’exprimant - qu’on me permette le terme - avec un silence éloquent. Certains tableaux sont de véritables eaux-fortes, et une technique excellente a présidé à la réalisation du film. Le drame par lui-même excitera l’intérêt du public, c’est de l’excellente construction, indépendamment de toutes autres qualités, Duvivier nous a donné là un film très français de caractère, et d’une valeur certaine (…). C’est le large Bien qui convient ».

(Yves Desrichard, 2001)

Bibliographie éditoriale

  • Périodique : Cinéa-Ciné pour tous, n° 17, 15/07/1924.
  • Périodique : Cinéa-Ciné pour tous, n° 27, 15/12/1924.
  • Périodique : EYRE (Jean), Mon ciné, n° 96, 20/12/1923.
  • Périodique : Filma, n° 153, 01/08/1924.
  • Périodique : Hebdo-film, n° 437, 12/07/1924.
  • Périodique : La cinématographie française, n° 297, 12/07/1924.

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