Le Mystère de la tour Eiffel

Film

Julien Duvivier

Année de production :  1927

Pays de production : France

Identité

Type d'oeuvre : Cinéma

Année de sortie dans le pays d'origine : 1928

Date de sortie en France :

  • 06/01/1928

Société(s) de production :

Description

Résumé

Les frères Mironton composent pour un théâtre forain un numéro de faux siamois. Un nommé Bramard, mort en Amérique, laisse une énorme fortune dont l'héritier est un des deux frères Mironton, Achille Saturnin, un brave bougre qui a pour amoureuse une danseuse, Sylvanie, et comme inséparable compagnon le jeune Reginald. Son sosie est au contraire un individu sans scrupule. Par hasard, c'est lui qui apprend l'héritage fabuleux qui doit échoir à Saturnin. Il se fait passer pour lui et prend possession de la fortune. Sir William Dewitt, président de la mystérieuse Association des Compagnons de l'Antenne, qui devait bénéficier de l'héritage de Bramard, décide de faire disparaître le faux frère Mironton et n'hésite pas pour cela à s'emparer du relais radiophonique de la tour Eiffel le temps de lancer un message codé à ses complices partout en Europe. Alors qu'il goûte à peine les avantages de sa nouvelle richesse, le faux frère est obligé de quitter sa somptueuse demeure sous la menace des Compagnons de l'Antenne. Par hasard, il rencontre Saturnin, renvoyé du théâtre puisque ne pouvant plus effectuer seul son numéro. Saturnin, accompagné de Sylvanie et du petit Reginald, est dans la misère. L'usurpateur lui propose de prendre sa place pour quelque temps, moyennant 500 000 francs. Saturnin accepte. Les Compagnons de l'Antenne, qui ne se sont pas aperçus de la substitution, l'enlèvent à la faveur d'une réception et le conduisent au mystérieux château de Rochenoire. Jugé, il s'échappe une première fois, et retrouve ses compagnons avec lesquels il se rend à Nice. Mais il est à nouveau fait prisonnier par Dewitt. Sylvanie et Reginald sauvent Saturnin et s'évadent avec lui en auto. Dewitt les poursuit en avion et lance des bombes sur leur voiture. Ils sont obligés de se réfugier dans un tunnel, d'où un train les ramène à Paris. Là, Saturnin apprend, sidéré, que la fortune dont il jouissait par intérim lui appartient. Il livre un dernier combat contre les Compagnons de l'Antenne sur la tour Eiffel. Il en sort victorieux, pour épouser Sylvanie et pardonner à son frère usurpateur.

Générique

Réalisation :

Écriture :

Équipe technique :

Production - Distribution :

Informations techniques

Métrage : Long

Dans la presse

Panorama critique

Même si la réputation de Duvivier n'est pas encore celle d'un des « quatre grands » du cinéma français, la critique est parfois surprise de voir le nom du réalisateur de Poil de carotte accolé à cette production, où la part d'Alfred Machard lui semble décisive, ainsi de Cinégraphie : « Pour une fois que l'on demande à un homme, dont c'est le métier d'inventer des histoires, un scénario pour le cinéma, cet homme ne trouve rien mieux que de nous construire une trame d'aventure qui nous reporte à quinze ans en arrière ! L'expérience est vraiment malheureuse... mais ceci ne diminue en rien le mérite de Duvivier qui s'est débattu très honnêtement et souvent très adroitement - je pense à ces excellentes vues en mouvement qui donnent tant de vie - parmi ces nouveaux Mystères de New-York... M. Duvivier, vos frères Mironton sont peut-être amusants, mais je ne veux pas que vous gâchiez votre talent en amusettes pour le public. Si j'étais dictateur de cinéma, vous comparaîtriez devant mon tribunal ». Comoedia est comme toujours moins abrupt et l'on qualifierait aujourd'hui la critique de Jean-Louis Croze de « consensuelle » : « L'écueil des films à épisodes, c'est leur renouvellement même, l'inévitable répétition d'un scénario où l'on rencontre un traître, un héros dévoué, etc. Le mystère de la Tour Eiffel renouvelle très agréablement le genre, tout en étant une belle et intéressante production française. M. Alfred Machard a écrit le scénario, et l'on sait que M. Alfred Machard est l'un des écrivains qui comprennent et qui aiment le mieux le cinéma. La plupart de ses romans sont "adaptés" et il a même écrit des œuvres "cinéoptiques". Il devait donc construire un scénario adroit et vivant, quant au metteur en scène… il est superflu de rappeler ses productions, toutes animées d'un sens profond de la technique, d'une recherche de forme nouvelle, bref, des œuvres de haute classe, qu'il s'agisse du Miracle de Lourdes ou de Poil de carotte. Il eût donné vie à un scénario qui n'ait pas été ce qu'il est. L'intrigue est agréable et légère et, tout en s'inspirant des derniers perfectionnements de la science, est une spirituelle parodie des romans d'aventures… [L'histoire] est vive, amusante, volontairement puérile. Parodie spirituelle, disions-nous, et cependant originale pour le rôle qu'y jouent les inventions les plus modernes. La technique absolument remarquable de M. Julien Duvivier s'est donnée libre cours. Nous avons parlé des scènes qui furent réalisées sur la Tour Eiffel : rarement virtuosité fut plus éclatante, les prises de vues frappent par leurs angles audacieux. La première partie du film est légère, humoristique ; la seconde tranche par son étourdissante habileté. Et le tout forme une œuvre excellente ». Et Le Cinéopse de surenchérir dans la célébration patriotique : « Ce film à épisodes, plein d'une gaieté ironique, d'aventures surprenantes, de péripéties cocasses et merveilleuses, est admirablement construit pour faire longtemps la joie pleine et entière des populations. Le scénario est d'Alfred Machard... Tramel est, dans son double rôle, éblouissant de verve. La force populaire de son talent a de quoi s'exercer ici, et donner tous ses meilleurs effets... Peu de prétention, pas de pédantisme, mais de l'originalité, de la fantaisie, du goût, du mystère et du comique : un bon acteur pour mener le jeu ; avec cela nous disons que les foules internationales seraient bien sottes si elles boudaient leur plaisir. C'est en faisant de tels films, bien conformes au génie de notre nation, que d'une part nous gagnerons au cinéma l'immense majorité du public français et que tôt ou tard surpris de voir qu'on s'amuse et qu'on se plaît à nos productions, le reste du monde y viendra aussi. C'est le bon travail qui finalement est vainqueur de toutes les difficultés ». Même coup d'œil du côté de la production comique américaine dans Ciné pour tous : « Le réalisateur y [au scénario] a ajouté force détails et inventions secondaires qui rapprochent un peu Le mystère de la Tour Eiffel des pochades d'Harold Lloyd ou de Buster Keaton… Le mystère de la Tour Eiffel est un bon film gai. On lui fera fête dans tous les établissements populaires où Tramel est roi ». René Jeanne souligne que « c'est une véritable parodie des films policiers, genre Mystères de New-York, qui nous est ici présentée », tandis que Paris-Soir note qu'« il est difficile de distinguer nettement la parodie du roman filmé que l'auteur a voulu traduire à l'écran même », avant de mettre les choses au point : « En dépit de l'invraisemblance de certaines situations, on est pris dès le début entraîné malgré soi ; et ce n'est qu'au dénouement que l'on s'aperçoit qu'il ne s'agit en réalité que d'une aimable satire ».

(Yves Desrichard, 2001)

Bibliographie éditoriale

  • Ouvrage : JEANNE (René). - Le mystère de la Tour Eiffel. - Plan Tallandier, 1928. - (Cinéma-bibliothèque, n° 179).
  • Périodique : Cinéa, n° 97, 15/11/1927.
  • Périodique : Cinéa-Ciné pour tous, n° 86, 01/06/1927.
  • Périodique : Cinéa-Ciné pour tous, n° 87, 15/06/1927.
  • Périodique : Cinéa-Ciné pour tous, n° 89, 15/07/1927.
  • Périodique : Cinéa-Ciné pour tous, n° 92, 01/09/1927.
  • Périodique : Cinémagazine, n° 21, 27/05/1927.
  • Périodique : Ciné-miroir, n° 144, 06/01/1928.
  • Périodique : CROZE (Jean-Louis), Comoedia, n° 5423, 11/11/1927.
  • Périodique : DREVILLE (Jean), Cinégraphie, n° 4, 12/1927.
  • Périodique : GORDEAUX (Paul), L'écho de Paris, 18/11/1927.
  • Périodique : JEANNE (René), 01/02/1928.
  • Périodique : MIRBEL (Jean de), Cinémagazine, n° 46, 18/11/1927.
  • Périodique : Mon ciné, n° 304, 15/12/1927.
  • Périodique : Mon ciné, n° 319, 29/03/1928.
  • Périodique : SARLAT (Philippe), Paris-soir, 07/01/1928.
  • Périodique : SOUILLAC (Paul), Le cinéopse, n° 100, 01/12/1927.

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