Le Reflet de Claude Mercoeur

Film

Julien Duvivier

Année de production :  1923

Pays de production : France

Identité

Autres titres :

  • d'après le roman "Le Reflet de Claude Mercoeur" (Titre de l’œuvre adaptée)

Type d'oeuvre : Cinéma

Année de sortie dans le pays d'origine : 1923

Date de sortie en France :

  • 04/05/1923

Description

Résumé

Claude Mercoeur, un politicien obligé par les devoirs de sa charge à assister à nombre de soirées mondaines, est épuisé de cette " double vie ". Gilberte Heurlize, veuve d'un attaché d'ambassade, très courtisée, regrette que Mercoeur ne lui consacre pas plus de temps, et lui reproche de la négliger. Mercoeur et son vieil ami et confident, le docteur Vautier, lisent la lettre d'un inconnu qui, une fois de plus, convie Mercoeur à un rendez-vous mystérieux. Vautier s'inquiète de la santé de son ami, qui lui demande " encore un an ", après quoi il se consacrera à Gilberte qu'il épousera. Mercoeur décide de se rendre au rendez-vous, et découvre son double, qui l'invite à l'accompagner chez lui. Il se nomme Berjean, et a découvert par hasard sa ressemblance parfaite avec Mercoeur. Berjean, qui se définit lui-même comme un " raté de la vie ", propose à Mercoeur d'être à sa place l'homme des réceptions mondaines, pour que celui-ci puisse se consacrer plus complètement à son travail. Vautier, mis au courant, lui conseille d'accepter, ce que Mercoeur finit par faire. Berjean s'installe en secret dans un petit pavillon retiré. Il apprend à écrire comme Mercoeur, à se comporter comme lui, à prendre ses habitudes, et trompe rapidement Vautier lui-même. Berjean finit par rencontrer Gilberte, venue le prier à la " redoute blanc et noir " du peintre Van Dodgen. Au contact de Berjean/Mercoeur, Gilberte découvre un " poète " qu'elle ne connaissait pas. Berjean, quant à lui, se montre enthousiaste sur Gilberte devant Mercoeur troublé. ì la " redoute ", Mercoeur/Berjean rosse un homme qui s'est moqué de Gilberte. Celui-ci le provoque en duel. Berjean est heurté de ce que Mercoeur, prévenu, ne veuille pas se battre pour Gilberte. Il finit cependant par accepter, et blesse son adversaire. Gilberte propose à Mercoeur des vacances sur son yacht en Méditerranée. Celui-ci décide d'y envoyer Berjean, malgré les avertissements de Vautier, car il a un " dernier effort " à fournir pour soutenir son parti. Pendant ce temps, Vautier part pour l'Amérique en mission officielle. Berjean accompagne Gilberte en croisière, pendant que, incognito, en Bretagne, Mercoeur reprend des forces et prépare son retour politique. Avant de partir, Mercoeur a ordonné à Berjean de " rester à l'écart " de Gilberte, mais celui-ci n'y tient plus, d'autant plus que Gilberte lui avoue que c'est depuis qu'il s'est substitué à Mercoeur qu'elle est vraiment tombée amoureuse de lui. ì son retour, Gilberte presse Mercoeur de fixer la date de leur mariage, et celui-ci apprend ainsi ce qu'a " comploté " Berjean pendant la croisière. Les deux hommes ont une explication orageuse. Berjean menace de tout dévoiler, ils se battent. Plus tard, un ivrogne croise un homme qui s'enfuit du pavillon en feu et prévient la police, qui découvre un cadavre défiguré. Le temps passe. Gilberte se montre désormais évasive quant à la date de son mariage avec Mercoeur. Vautier, de retour d'Amérique, lit que l'enquête a conclu à un suicide, mais Mercoeur lui apprend qu'il a tué Berjean pour éviter que le scandale n'éclate. Vautier, cependant, croit que c'est Berjean qui est vivant et " lui " demande une preuve qu'il se trompe. Alors qu'il est élu président du Conseil, Gilberte " rend sa parole " à Mercoeur, parce qu'elle ne l'aime plus. Celui-ci, éploré, prend Vautier à témoin de ce qu'il est bien Mercoeur. Désormais, il ne se consacrera plus qu'à son devoir politique.

Générique

Écriture :

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Interprétation :

Informations techniques

Métrage : Long

Dans la presse

Panorama critique

Comme le dit Cinéa : « Est-ce du drame ? Est-ce du vaudeville ? Les spectateurs semblent hésiter entre ces deux interprétations. Bien mis en scène par Julien Duvivier, le film a de l’élégance ». Le reste de la critique est dans la même expectative, témoin le scrupuleux et attentif Filma : J’ai suivi avec toute l’attention désirable le nouveau film de M. Julien Duvivier, metteur en scène adroit, qui a fait ses preuves et qui a tendance à se spécialiser dans le drame mystérieux. Eh bien ! tout en reconnaissant que ce film renferme des qualités indiscutables, je dois malheureusement avouer qu’il y a beaucoup de brouillard dans la logique du scénario. Tout en faisant la part du conventionnel et de toutes les libertés admises au Cinéma, il y a une limite qu’un metteur en scène ne doit pas dépasser, sinon il risque de tomber dans le fouillis et l’incohérence… Le public aura du mal à s’y reconnaître et à résoudre l’énigme. Ce qu’il y a de plus fort, c’est que l’ami intime du politicien n’est pas capable de distinguer s’il a affaire au vrai ou au faux. Situation bizarre qui n’est admissible qu’au Cinéma, à condition de tout avaler sans réflexion… Comme mise en scène, il y a bien des choses à redire et ça ne brille pas par le luxe. Le cabinet du Conseil des Ministres est d’une pauvreté désolante. Une quinzaine de Ministres sont assis autour d’une table, sur laquelle il n’y a ni buvard, ni encrier, ni porte plume. Chaque ministre a devant lui une mince feuille de papier et c’est tout ! Ô économie ! Très belles photos ». Heureusement pour le cinéaste, Hebdo-Film est plus disserte et beaucoup plus constructif : « Julien Duvivier, cinégraphiste averti, a fait un découpage parfait, mettant en saillie, au cours de l’action multiple, toutes les incidences dramatiques. Il a réalisé un film d’une excellente mise en scène et d’un grand intérêt, qui connaîtra le succès… Voilà un bon film, un très bon film, intéressant et “public”, adroitement composé et habilement réalisé. Il marque nettement un nouveau progrès de la jeune maîtrise de son auteur, dont l’autorité s’affirme à chaque production. Je suis, personnellement, très heureux de son succès, franchement mérité. Le sujet est curieux et pittoresque, un de ces thèmes qui peuvent aussi bien fournir - et, depuis Plaute, Regnard, Molière, Tristan Bernard and Co, ont fourni nombre de comédies - un hilarant vaudeville qu’un drame effrayant : le Jumeau, triomphe de Galipaux, ou Le courrier de Lyon, sombre erreur judiciaire. Et j’ai souvenance, plus proche encore du sujet choisi par Duvivier, d’une exhilarante fantaisie, filmée avant guerre, et jouée par un comique extrêmement photogénique… Sur des données identiques, mais vues sous un autre angle, Frédéric Boutet a écrit une action intensément dramatique, dont Duvivier a tiré un excellent parti. Très bonne photo, dont le responsable est Paul Thomas, un de nos plus parfaits techniciens de laboratoire et un as de la manivelle. Je signale les fort amusantes décorations de David, un Goliath de l’humour. La mise en scène est extrêmement soignée : le film est meublé avec un goût parfait et beaucoup de style. Les ensembles sont réglés avec précision et recherche du détail heureux. Une scène amusante dans la salle des Pas perdus au Palais Bourbon. Des effets prodigieux de surimpressions : je signale la scène de la glace, qui nous vaut une image triplée de Jacquet dans ses deux personnages conversant ensemble. Toutes les scènes, parfois violentes et bousculées, de doublage du personnage en scène, sont extrêmement réussies. Bref… chacun a pu se rendre compte que, du point de vue de l’exécution, le film mérite tous les éloges ».

(Yves Desrichard, 2001)

Bibliographie éditoriale

  • Ouvrage : BOUTET (Frédéric). - Le reflet de Claude Mercoeur. - E. Flammarion, 1921.
  • Périodique : BONNEAU, Cinémagazine, n° 13, 30/03/1923.
  • Périodique : Ciné-journal, n° 709, 24/03/1923.
  • Périodique : Ciné-miroir, n° 37, 01/11/1923.
  • Périodique : Filma, n° 131, 06/1923.
  • Périodique : La cinématographie française, n° 229, 24/03/1923.
  • Périodique : La cinématographie française, n° 230, 31/03/1923.
  • Périodique : Le cinéopse, n° 45, 05/1923.
  • Périodique : REUSSE (André de), Hebdo-film, n° 369, 24/03/1923.
  • Périodique : STELLI (Jean), Hebdo-film, n° 369, 24/03/23.
  • Périodique : TREVISE (Robert), Cinéa, n° 89, 06/04/1922.

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