Le Reflet de Claude Mercoeur
Film
Identité
Autres titres :
- d'après le roman "Le Reflet de Claude Mercoeur" (Titre de l’œuvre adaptée)
Type d'oeuvre : Cinéma
Année de sortie dans le pays d'origine : 1923
Date de sortie en France :
- 04/05/1923
Société(s) de production :
Description
Résumé
Générique
Informations techniques
Métrage : Long
Dans la presse
Panorama critique
Comme le dit Cinéa : « Est-ce du drame ? Est-ce du vaudeville ? Les spectateurs semblent hésiter entre ces deux interprétations. Bien mis en scène par Julien Duvivier, le film a de l’élégance ». Le reste de la critique est dans la même expectative, témoin le scrupuleux et attentif Filma : J’ai suivi avec toute l’attention désirable le nouveau film de M. Julien Duvivier, metteur en scène adroit, qui a fait ses preuves et qui a tendance à se spécialiser dans le drame mystérieux. Eh bien ! tout en reconnaissant que ce film renferme des qualités indiscutables, je dois malheureusement avouer qu’il y a beaucoup de brouillard dans la logique du scénario. Tout en faisant la part du conventionnel et de toutes les libertés admises au Cinéma, il y a une limite qu’un metteur en scène ne doit pas dépasser, sinon il risque de tomber dans le fouillis et l’incohérence… Le public aura du mal à s’y reconnaître et à résoudre l’énigme. Ce qu’il y a de plus fort, c’est que l’ami intime du politicien n’est pas capable de distinguer s’il a affaire au vrai ou au faux. Situation bizarre qui n’est admissible qu’au Cinéma, à condition de tout avaler sans réflexion… Comme mise en scène, il y a bien des choses à redire et ça ne brille pas par le luxe. Le cabinet du Conseil des Ministres est d’une pauvreté désolante. Une quinzaine de Ministres sont assis autour d’une table, sur laquelle il n’y a ni buvard, ni encrier, ni porte plume. Chaque ministre a devant lui une mince feuille de papier et c’est tout ! Ô économie ! Très belles photos ». Heureusement pour le cinéaste, Hebdo-Film est plus disserte et beaucoup plus constructif : « Julien Duvivier, cinégraphiste averti, a fait un découpage parfait, mettant en saillie, au cours de l’action multiple, toutes les incidences dramatiques. Il a réalisé un film d’une excellente mise en scène et d’un grand intérêt, qui connaîtra le succès… Voilà un bon film, un très bon film, intéressant et “public”, adroitement composé et habilement réalisé. Il marque nettement un nouveau progrès de la jeune maîtrise de son auteur, dont l’autorité s’affirme à chaque production. Je suis, personnellement, très heureux de son succès, franchement mérité. Le sujet est curieux et pittoresque, un de ces thèmes qui peuvent aussi bien fournir - et, depuis Plaute, Regnard, Molière, Tristan Bernard and Co, ont fourni nombre de comédies - un hilarant vaudeville qu’un drame effrayant : le Jumeau, triomphe de Galipaux, ou Le courrier de Lyon, sombre erreur judiciaire. Et j’ai souvenance, plus proche encore du sujet choisi par Duvivier, d’une exhilarante fantaisie, filmée avant guerre, et jouée par un comique extrêmement photogénique… Sur des données identiques, mais vues sous un autre angle, Frédéric Boutet a écrit une action intensément dramatique, dont Duvivier a tiré un excellent parti. Très bonne photo, dont le responsable est Paul Thomas, un de nos plus parfaits techniciens de laboratoire et un as de la manivelle. Je signale les fort amusantes décorations de David, un Goliath de l’humour. La mise en scène est extrêmement soignée : le film est meublé avec un goût parfait et beaucoup de style. Les ensembles sont réglés avec précision et recherche du détail heureux. Une scène amusante dans la salle des Pas perdus au Palais Bourbon. Des effets prodigieux de surimpressions : je signale la scène de la glace, qui nous vaut une image triplée de Jacquet dans ses deux personnages conversant ensemble. Toutes les scènes, parfois violentes et bousculées, de doublage du personnage en scène, sont extrêmement réussies. Bref… chacun a pu se rendre compte que, du point de vue de l’exécution, le film mérite tous les éloges ».
(Yves Desrichard, 2001)