Les Roquevillard

Film

Julien Duvivier

Année de production :  1921

Pays de production : France

Identité

Autres titres :

  • d'après le roman "Les Roquevillard" (Titre de l’œuvre adaptée)

Type d'oeuvre : Cinéma

Année de sortie dans le pays d'origine : 1922

Date de sortie en France :

  • 28/04/1922

Description

Résumé

François Roquevillard est le " maître de la Vigie ", un riche domaine aux environs de Chambéry. Avocat réputé, il a plusieurs enfants, et notamment Maurice, qui prépare son droit chez Maître Frasne, un notaire du pays. Maurice est devenu l'amant d'�0dith, la femme du notaire, qui lui propose de partir ensemble. Ils s'enfuient pour Turin, et Mme Frasne emporte pour l'occasion ce qu'elle considère comme sa dot. Maître Frasne constate en même temps la disparition de sa femme et des 150 000 francs qu'elle a pris, auparavant déposés dans son coffre-fort. Par vengeance, Frasne dépose plainte contre Maurice. Il refuse le dédommagement que lui propose François Roquevillard. Celui-ci est contraint de vendre " La Vigie ". �0dith avoue enfin à Maurice l'origine de leur argent et celui-ci, ayant compris qu'on l'accusera du vol, quitte �0dith pour se mettre à la disposition de la justice. Il pense ainsi éviter qu'�0dith ne soit mêlée au procès, fût-ce en provoquant le déshonneur et la ruine de sa propre famille. A son retour, il apprend la mort de sa mère, à cause du scandale provoqué. Malgré sa douleur, et pour répondre à l'appel de ses ancêtres, François Roquevillard décide d'assurer lui-même la défense de son fils désormais repenti. Il réussit à prouver son innocence. Maurice est acquitté et les Roquevillard retrouvent leur honneur.

Générique

Écriture :

Équipe technique :

Production - Distribution :

Informations techniques

Métrage : Long

Dans la presse

Panorama critique

La critique, à l’image du roman originel, est un peu compassée, mais plutôt favorable, ainsi de Comœdia : « L’œuvre toute de dignité et de noblesse du célèbre académicien a trouvé en Julien Duvivier un adaptateur d’une conscience scrupuleuse. Exécutée avec une probité artistique assez peu commune, sans aucune concession au public, l’œuvre cinégraphique, que dominent le charme exquis de Jeanne Desclos et la grande figure de Desjardins, a gardé le charme archaïque des traditions qu’elle défend, la poésie des institutions familiales qui sont à la base de la société - et c’est le drame poignant dans sa simplicité, d’une très belle réalisation technique ». Le même Comœdia, sous la plume de Jean-Louis Croze, célébrera le même « charme archaïque » lors de la sortie publique du film : « Tout le monde a trop en mémoire le puissant et émouvant roman de M. Henry Bordeaux pour que nous le retracions ici… Le célèbre romancier, lui-même originaire de la Savoie, a merveilleusement exalté, dans cette œuvre, l’amour de la terre natale, doublé du respect de l’honneur de la famille. Le film a fidèlement respecté l’esprit du roman et les admirables images dont cette bande est une suite continue traduit visuellement le livre aussi certainement que l’écrivain l’a souhaité. Les sites accidentés, les grands lacs aux horizons calmes et transparents y composent un décor splendide et en parfaite harmonie avec l’âme des personnages. Saisissante est la scène où le chef de famille va sur le coteau consulter ses ancêtres surgissant du sol qui, successivement, les vit naître et les réunit dans la tombe… ». La Cinématographie française considère quant à elle que, « s’il est difficile de traiter au Cinéma de tels sujets qui ne vient [sic] que par la façon magistrale dont ils ont été écrits par leurs auteurs… le scénario cependant suit fidèlement le roman ». Mais c’est pour noter aussitôt qu’« il faut à chaque instant couper les tableaux pour intercaler les sous-titres et[que] ces arrêts obligatoires ralentissent le mouvement des scènes capitales et nuisent à leur effet ». Dans le même ordre d’idée, d’autres trouvent que l’adaptation du roman n’est pas si scrupuleuse qu’il y paraît et que - plus grave - les accommodements ne sont pas forcément heureux, ainsi Cinémagazine : « L’adaptation à l’écran débute par un panoramique, pris de la carlingue d’un avion, qui nous montre ainsi, de manière originale, le merveilleux pays où vivent les personnages. L’histoire de la famille Roquevillard a été adroitement mise en scène. Cependant, j’avoue que les apparitions des ancêtres (celle qui s’opère sur le coteau surtout) ne m’ont pas enthousiasmé. On aurait pu les supprimer sans nuire à l’œuvre : c’est long et un peu grotesque… On est un peu surpris de voir, dans le film, Maurice Roquevillard vagabonder en Italie pendant un an, et vivre luxueusement avec la maigre somme qu’il a à sa disposition : 3000 francs prêtés par sa sœur au moment du départ, et 1200 francs qu’elle lui envoie en l’invitant au retour. Mais, bah ! vous savez que j’ai l’esprit critique. Le film est bon et vous plaira sûrement ». Même sentiment, mais plus chaleureux, dans un autre numéro de La cinématographie française : « Quelques scènes ont été supprimées, quelques points obscurs ont été rendus compréhensibles : tous les changements apportés sont heureux : l’œuvre est plus nette, mieux fondue, surtout plus véridique… Les admirateurs de l’écrivain verront une adaptation respectueuse de son œuvre, une adaptation très exacte, très vivante surtout… Dans Les Roquevillard, quelques scènes ont lieu entre ces deux artistes [MM. Desjardins et Van Daële], ce sont certainement, au point de vue interprétation, les meilleures… Il en est une [la visite de François Roquevillard au notaire] qui est typique, elle est malheureusement coupée par un tableau bien inutile, ce qui nuit beaucoup à l’effet très pathétique de cette scène, c’est grand dommage car elle est fort bien interprétée, mais elle perd ainsi beaucoup de sa valeur ». Lucien Wahl, qui s’y reprend à deux fois dans Cinéa pour parler du film, indique d’abord, lapidaire : « Défense (longue) de l’honneur du nom. On voudrait mieux voir quelques sites alpestres », avant d’être plus précis - mais tout aussi rapide : « M. Julien Duvivier nous a épargné la Cour d’assises, nous avons vu, pendant la plaidoirie, le défenseur, seul, et ce fut bien… La thèse du solidarisme familial est défendue par l’action même, certes, mais les aphorismes et les conseils ne manquent pas dans le texte. Ce n’est pas un défaut rare, au cinéma, que la longueur ou son apparence. Ici encore, on voudrait un peu plus - à peine - de rapidité ». Enfin, L’écho de Paris regrette la modification majeure apportée par le film à la fin de l’histoire : « M. Julien Duvivier a si bien extériorisé la vie intérieure des personnages du livre qu’on a l’impression de les voir, sur l’écran, non seulement agir, mais encore penser. Tourné dans des coins d’un pittoresque achevé, ce film, allégé de quelques longueurs, plaira certainement. Mais pourquoi a-t-on cru utile de modifier le dénouement ? En le faisant moins triste, a-t-on espéré le rendre plus "public" ? Quel erreur ! ».

(Yves Desrichard, 2001)

Bibliographie éditoriale

  • Ouvrage : BORDEAUX (Henry). - Les Roquevillard. - Nelson, [s. d.].
  • Périodique : ANGLES, Le courrier cinématographique, n° 11, 18/03/1922.
  • Périodique : Ciné-journal, n° 657, 18/03/1922.
  • Périodique : Cinémagazine, n° 17, 28/04/1922.
  • Périodique : Comoedia, n° 3289, 17/12/1921.
  • Périodique : CROZE (Jean-Louis), Comoedia, n° 3379, 17/03/1922.
  • Périodique : FLOURY (Edmond), La cinématographie française, n° 179, 00/03/1922.
  • Périodique : REUSSE (André de), Hebdo-film, n° 27, 02/07/1921.
  • Périodique : TOURNIER (Gaston), L'écho de Paris, 28/04/1922.
  • Périodique : WAHL (Lucien), Cinéa, n° 41, 17/02/1922.
  • Périodique : WAHL (Lucien), Cinéa, n° 51, 28/04/1922.

Collections liées