Jean-Louis a trente-deux ans. Il est ingénieur. Après dix ans passés en Amérique, le voici à Clermont-Ferrand. La ville, l'emploi lui plaisent. Il a soif de vie calme. La solitude commence tout de même à lui peser, mais la seule personne qui l'intéresse est une fille qu'il croise parfois. Il cherche comment faire sa connaissance. La chose se complique du fait qu'elle se déplace en Solex et lui en voiture. Et pourtant, non seulement il est sûr de l'aimer, mais non moins certain qu'elle l'aime et qu'ils se marieront. Noël arrive. Ses pérégrinations ont valu à Jean-Louis une agréable rencontre, celle d'un camarade de lycée, Vidal, marxiste et prof de philo. Vidal mène Jean-Louis chez l'une de ses amies. Maud a leur âge. Elle est divorcée, libre-penseuse, fort jolie et exerce la profession de médecin. Elle ironise non pas sur les idées de Jean-Louis, mais sur la liberté qu'il prend avec elles. Jean-Louis soupçonne Vidai d'être très épris de Maud, qui ne rate pas cette occasion d'exciter sa jalousie par toutes sortes de cajoleries qu'elle fait à Jean-Louis et qui démentent l'agressivité de ses propos. Vidal, qui a beaucoup bu, fait tout ce qui est en son pouvoir pour jeter Jean-Louis dans les bras de la séduisante doctoresse. C'est lui qui le force à rester, tandis que, prétextant la fatigue, elle se met au lit. La neige, dehors, commence à tomber. Maud ne veut pas que Jean-Louis rentre chez lui, car il habite en banlieue. C'est alors que Vidal s'esquive. Jean-Louis reste, sur la promesse d'un lit dans la pièce voisine. Maud et lui reprennent leur discussion, avec moins de hargne cependant. Il s'explique franchement sur sa morale. Maud est persuadée qu'il y a - ce n'est pas tout à fait faux - une femme dans sa vie. Bien entendu, elle n'en saura pas plus long. A son tour, elle lui dit les raisons de son divorce, lui raconte ses malheurs, la passion soudaine de son mari pour une étudiante et la mort de son amant dans un accident de voiture. Il est l'heure de se coucher. Maud annonce qu'elle a menti et qu'il n'y a pas d'autre lit que le sien dans l'appartement. Elle invite Jean-Louis, en conséquence, à s'étendre à côté d'elle. Il accepte en se faisant prier, et s'allonge par-dessus la couverture. Ils dorment sagement jusqu'à l'aube où le froid le réveille. Grelottant, il se glisse sous les draps. Maud, qui se réveille à son tour, l'enlace. Il semble que c'en est fait de ses chastes résolutions, quand, tout à coup, il se dégage violemment. Maud, furieuse, bondit hors du lit. Changeant d'idée, il la rejoint, l'attrape. Elle se dégage et s'enferme dans la salle de bains. Jean-Louis se rhabille et prend congé, promettant à Maud de la retrouver pour une excursion en montagne, en compagnie de quelques amis à elle. Jean-Louis retourne à son domicile, tort irrité contre lui-même, et s'habille pour l'excursion. Comme il est encore tôt, il s'installe dans un café, contemplant la ville. Et soudain, il aperçoit son inconnue à bicyclette. Il bondit dans son sillage et, résolument, l'aborde. Elle lui répond le plus gentiment du monde et se laisse donner rendez-vous pour le lendemain. Puis, Jean-Louis va retrouver Maud et ses amis avec qui il grimpe sur les puys enneigés. Ayant trouvé ce qu'il cherchait, Jean-Louis est maintenant sûr de lui. Il essaie de réparer sa muflerie du matin. Il va jusqu'à raccompagner Maud chez elle, sachant qu'il pourra, au moment voulu, couper court à leur badinage. II la quitte à onze heures, et dans la rue tombe - le hasard encore aidant . sur Françoise, la cycliste. Il lui propose de la ramener chez elle en voiture, car elle habite sur les hauteurs. Au terme d'un trajet difficile, elle lui offre de passer la nuit dans la maison meublée qu'elle habite seule. Françoise dormira dans sa chambre et Jean-Louis dans une autre. Le matin, en partant, ils échangent un premier baiser. Jean-Louis est tout à Françoise et oublie ses amis. Maud, elle, a soudain quitté Clermont, avant même qu'il ait pu la revoir. Mais les circonsta
1970 - Meilleur film - Syndicat Français de la Critique de Cinéma (Paris) - Obtenu
1970 - Meilleur film étranger - Sant Jordi Awards - Obtenu
Bibliographie éditoriale
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Ouvrage : Les contes moraux d'Eric Rohmer / Marion Vidal. - Paris : P. Lherminier, 1977
Ouvrage : Ma nuit chez Maud d' Éric Rohmer / Philippe Molinier. - Neuilly : Atlande, 2001
Ouvrage : My night at Maud's : Eric Rohmer, director / English Showalter, ed.. - New Brunswick : Rutgers University Press, 1993
Périodique : American Cinematographer, vol. 87, n° 9, septembre 2006
Périodique : Avant-Scène du Cinéma (L'), n° 98, décembre 1969
Périodique : Cahiers du Cinéma (Les), n° 214, juillet 1969
Périodique : Cahiers du Cinéma (Les), n° 219, avril 1970
Périodique : Cinéma, n° 138, juillet 1969
Périodique : Films and Filming, vol. 16, n° 7, avril 1970
Périodique : Focus on Film, n° 1, janvier 1970
Périodique : Image et Son, n° 232, novembre 1969
Périodique : Kine Weekly, n° 3242, novembre 1969
Périodique : Monthly Film Bulletin, vol. 37, n° 432, janvier 1970
Périodique : Premiere (US), vol. 20, n° 3, novembre 2006
Périodique : Sight and Sound , vol. 2, n° 6, octobre 1992
Périodique : Sight and Sound, vol. 16, n° 10, octobre 2006
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