Françoise Fabian
Interprète : années 1950-2020
Nationalité : France
Naissance : 10/05/1933 - France - Alger, Alger, Algérie
Personnalité
Identité
Genre : femme
État civil :
- Michelle Cortès
Fonctions : Acteur, Auteur, Annotateur, Auteur secondaire, Auteur primaire
Biographie
Formation :
Françoise Fabian suit les cours d'art dramatique au Conservatoire. Elle y obtient le premier prix. Elle s'inscrit ensuite au cours Simon.Carrière :
Françoise Fabian, élégante et charismatique, incarne depuis plus de six décennies la quintessence du jeu français à l’écran. Reconnue pour la finesse de ses compositions et la profondeur de ses personnages, de la bourgeoise désargentée de Ma nuit chez Maud à la matriarche moderne du Prénom, elle s’est imposée comme une actrice de référence, capable de sublimer chaque rôle, du plus grave au plus léger.
Après des débuts au théâtre en 1954, Françoise Fabian se lance dans le cinéma dès 1955. Belle brune à l'allure aristocratique, elle débute dans des comédies qui la font connaître du public : Cette sacrée gamine (1955) de Michel Boisrond, Le Couturier de ces dames (1956) de Jean Boyer, Les Aventures de Till l'espiègle (1956) de Gérard Philipe et Joris Ivens. Elle s'illustre aussi en sauvant le héros de Michel Strogoff (1956) dans le film de Carmine Gallone d'après Jules Verne. Très sollicitée, elle enchaîne les rôles, en particulier les policiers de série dont le plus notable est Maigret voit rouge (1963) de Gilles Grangier, où elle joue une jolie barmaid. Sa carrière l'emmène aussi en Italie, pour le drame Un dimanche d'été (Giuliu Petroni, 1960) et la fantaisie historique L'Aigle de Florence (Riccardo Freda, 1963). En dépit de cette activité ininterrompue, il faut attendre 1967 pour que Françoise Fabian intéresse les grands cinéastes et accède enfin aux rôles plus subtils et complexes qu'elle mérite. Coup sur coup Louis Malle (Le Voleur, 1967), Luis Bunuel (Belle de Jour, 1967), Jacques Rivette (Out one, 1970) et surtout Eric Rohmer (Ma nuit chez Maud, 1969) lui offrent des personnages marquants, bourgeoise désargentée, prostituée, avocate ou élégante et très libre divorcée. Désormais devenue une des actrices les plus convoitées du cinéma français, Françoise Fabian illumine les productions de tous ordres, westerns spaghetti (Le Spécialiste, Sergio Corbucci, 1969, avec Johnny Hallyday), policiers (Un Condé, Yves Boisset, 1970) ou comédies (Etes-vous fiancée à un marin grec ou à un pilote de ligne ?, Jean Aurel, 1971). Elle est magnifique dans Raphaël ou le débauché (1970), film en costumes de Michel Deville : en jeune veuve romantique succombant à une passion mortifère pour un débauché (Maurice Ronet), elle tient un de ses plus beaux rôles. Elle est tout aussi séduisante, sur un registre plus léger, en antiquaire éprise d'un gangster un peu rustre (Lino Ventura) dans La Bonne Année (1973) de Claude Lelouch. François Leterrier (Projection privée, 1973) et Yves Boisset (Salut l'artiste !, 1973) lui offrent aussi de jolies partitions avant qu'elle ne traverse les Alpes pour enchaîner les tournages italiens devant la caméra de Damiano Damiani, Tonino Cervi ou Mauro Bolognini. En France, elle tient le rôle principal du seul film réalisé par Françoise Sagan, Les Fougères bleues (1975) avant d'obtenir son plus gros succès public avec Madame Claude (Just Jaeckin, 1976), où elle incarne avec distinction la célèbre patronne de maisons closes. Alors qu'elle travaille beaucoup pour la télévision et le théâtre, elle interrompt plusieurs années durant sa carrière cinématographique : on ne la revoit en effet plus sur grand écran avant que Jean-Claude Guiguet ne l'engage pour un des sketches d'Archipel des amours (1981). Le réalisateur l'engagera à nouveau pour Faubourg Saint-Martin (1986), dont elle tient un des rôles principaux. Désormais plus à l'arrière-plan des films où elle apparaît, elle alterne les comédies un peu grasses (Deux heures moins le quart avant Jésus Christ, Jean Yanne, 1982) et les films d'auteurs exigeants (Benvenuta, André Delvaux, 1983), retrouve Lelouch (Partir, reveninr, 1984) et Rivette (Secret défense, 1997), incarne l'amour de jeunesse d'Yves Montand dans le dernier film de Jacques Demy (Trois places pour le 26, 1988) ou s'amuse en mère de trois grandes filles (Sabine Azéma, Emmanuelle Béart, Charlotte Gainsbourg) en pleine crise de Noël (La Bûche, Danièle Thompson, 1999). Les emplois de matriarches toujours séduisantes, parfois graves, parfois excentriques, se succèdent, lui offrant pour grands enfants Valeria Bruni-Tedeschi (5X2, François Ozon, 2003), Amira Casar (Made in Italy, Stéphane Giusti, 2007), Sophie Marceau (LOL, Lisa Azuelos, 2008), Yvan Attal (Rapt, Lucas Belvaux, 2009), Patrick Bruel et Vincent Elbaz (Comme les cinq doigts de la main, Alexandre Arcady, 2010), Patrick Bruel à nouveau et Valérie Benguigui (Le Prénom, Alexandre de La Patellière, Matthieu Delaporte, 2012). Sortant un peu de cette routine, son personnage de L'Arbre et la forêt (Olivier Ducastel, Jacques Martineau, 2008) est le détenteur du secret de son mari, Guy Marchand, jadis déporté pour homosexualité, tandis que celui qu'elle interprète dans Je n'ai rien oublié (Bruno Chiche, 2010) la présente en femme vraiment fatale, manipulatrice. Françoise Fabian continue de s’imposer comme une figure incontournable du cinéma français, alternant les rôles de mères, de matriarches et de personnages féminins à la personnalité affirmée. L’année suivante, elle participe à l’adaptation cinématographique de la pièce Le Prénom (2011), réalisée par Alexandre de La Patellière et Matthieu Delaporte, où elle incarne la mère de Patrick Bruel, incarnant à nouveau une figure maternelle moderne et piquante. Ce rôle, salué par la critique, contribue à la remettre sur le devant de la scène, face à une nouvelle génération d’acteurs. En 2012, dans Guillaume et les garçons à table de Guillaume Gallienne, bien que sa présence soit plus discrète, elle apporte une touche d’élégance et de finesse à un film qui s’intéresse à la famille, à l’acceptation de soi et aux secrets de chacun. Son jeu, toujours subtil, s’inscrit dans la lignée de ses précédentes compositions, donnant de la profondeur à l’ensemble. En 2017, elle apparaît dans Brillantissime, le premier film de Michèle Laroque, où elle joue la mère autoritaire d’Angela, le personnage principal. Malgré un film jugé parfois convenu ou prévisible par la critique, Françoise Fabian parvient à tirer quelques sourires avec son personnage secondaire, incarnant une mère possessive et excentrique, qui apporte une touche d’humour et de vérité à l’ensemble. Son interprétation, pleine de piquant, tranche avec la fadeur de certaines situations et souligne la justesse de son jeu, même dans des rôles plus légers. En 2020, dans Rose d’Aurélie Saada, elle retrouve un registre plus grave, incarnant une femme âgée confrontée à la solitude et à la mémoire. Son interprétation, empreinte de délicatesse et de retenue, confirme sa capacité à incarner des personnages complexes, où l’émotion passe par la sobriété et la sincérité. En 2023, elle prête sa présence à Le Petit blond de la casbah d’Alexandre Arcady, où elle retrouve le genre du film de famille et du drame social. Son jeu, à la fois chaleureux et solennel, s’accorde parfaitement à la tonalité du film, qui explore les liens familiaux et la mémoire collective. Enfin, en 2024, dans Finalement, elle poursuit son exploration de personnages féminins à la psychologie riche, offrant une prestation où l’expérience et la sensibilité s’unissent, confirmant qu’elle demeure une actrice de référence, capable de sublimer chaque rôle, qu’il soit central ou secondaire. Sa carrière récente, marquée par la variété des registres et la qualité de ses interprétations, continue de témoigner de son exigence artistique et de son indéniable talent.
Autres activités :
Françoise Fabian mène aussi une brillante carrière au théâtre, mélangeant le répertoire classique (Molière, Euripide, Goldoni, Feydeau, Racine, Colette, Guitry, Pinter…) et les pièces contemporaines comme L'Homme du hasard de Yasmina Reza, qu'elle crée en 1995, ou l'adaptation scénique de Une journée particulière d'Ettore Scola, montée par Jacques Weber en 1998. Elle joue dans plusieurs téléfilms. On la voit par exemple dans Mata-Hari (Stellio Lorenzi, 1963), L'éducation sentimentale (Marcel Cravenne, 1971), La veuve rouge (Edouard Molinaro, 1982), Un chantage en or (Hugues de Laugardière, 1996) ou La Femme coquelicot (Jérôme Foulon, 2005). Elle tient aussi un des rôles centraux de la saga de Nina Companeez, Les Dames de la côte , 1979) et participe à quelques épisodes de diverses séries.Filmographie
Courts métrages
Longs métrages
Bibliographie éditoriale
Récompenses et nominations
Liens familiaux
Parent de :
Marié(e) à :
- Jacques Becker - d'août 1958 à février 1960
- Marcel Bozzuffi - mariés de septembre 1986 à février 1988, en couple depuis 1963