Vivement dimanche !

Film

François Truffaut

Année de production :  1982

Pays de production : France

Identité

Autres titres :

  • d'après le roman "The Long Saturday Night" (Titre de l’œuvre adaptée)

Type d'oeuvre : Cinéma

Année de sortie dans le pays d'origine : 1983

Date de sortie en France :

  • 10/08/1983

Description

Résumé

Julien Vercel, directeur d'une agence immobilière dans une petite ville du Var, est soupçonné d'un double meurtre: celui de sa femme, Marie-Christine, et de l'amant de celle-ci, Claude Massoulier. Les circonstances sont contre lui et Julien Vercel décide de mener sa propre enquête et de prouver son innocence. Mais sa secrétaire, Barbara Becker, jeune femme pétulante et décidée, juge plus prudent de prendre sa place et de jouer elle-même le détective amateur, rôle qui lui convient parfaitement. Julien reste donc caché dans l'arrière-boutique de l'agence, tandis que Barbara s'efforce de découvrir la vérité, ne négligeant aucune piste et revenant régulièrement auprès de Julien lui faire part de ses déductions. C'est ainsi que Barbara rencontre une caissière de cinéma bouleversée, un client borné au comportement suspect, un avocat zêlé qui prétend être le meilleur ami de Julien, un photographe trop curieux, un commissaire accrocheur et le tenancier d'un réseau de cabarets. Le parcours est semé de cadavres mais Barbara est vaillante voire intrépide et les sentiments qu'elle nourrit à l'égard de son patron ne sont pas totalement étrangers à sa détermination. Après maintes péripéties, Barbara découvre l'identité du coupable. Mais Julien aussi la connaît...

Genre : Fiction

Date de tournage :

  • 04/11/1982 - 31/12/1982

Générique

Réalisation :

Musique :

Équipe technique :

Production - Distribution :

Interprétation :

Informations techniques

Métrage : Long

Durée d'origine : 110

Couleur/NB : Noir et blanc

Dans la presse

Citations

Avant garde
« Truffaut est passé par là avec son art de la caméra et sa faculté de mettre les personnages en situation qui font que, au cinéma en tous cas, tout ce qu’il touche devient beau, prend de l’ampleur. En plus, trouvaille des trouvailles, Truffaut a choisi le noir et blanc pour traiter cette série noire inspirée de Charles Williams, The Long Saturday Night. Il a su comprendre que c’est justement par ce biais qu’il donnerait toute la couleur à son film qu’il a par ailleurs soupoudré d’humour avec beaucoup de bonheur. »
D.S, 01/09/1983

Le Canard Enchaîné
« Jean-Louis Trintignant est si bien entré dans la peau du prétendu assassin qu'il a les traits du visage accusés. Fanny Ardant, détective intrépide, ne ménage pas charme et astuce pour l'aider à sauver la face. Quant à François Truffaut, inspiré par un livre de Charles Williams, il tient serrée la trame du divertissement. Dans le droit fil de l'enquête ».
Jean-Paul Grousset, 17/08/1983

La Croix
« Ce n’est pas l’histoire qui apporte au film son intérêt si particulier. Mais les dialogues, qui sonnent toujours un peu faux, le rythme, l’image superbe, l’interprétation, non seulement Jean-Louis Trintignant et Fanny Ardant, mais Philippe Laudenbach, Philippe Morier-Genoud, Anik Belaudre, Jean-Pierre Kalfon. Quant à l’amour, toujours au second degré, il prend, avec beaucoup de délicatesse, ses distances. La voix de Trintignant, son sourire, son incroyable candeur, son assurance synthétisent toute l’intrigue, mené par ailleurs, tambour battant par Fanny Ardant. »
Jeanine Baron, 11/08/1983

Les Echos
« Truffaut s’est glissé dans la série noire mais pas pour la pasticher : pour lui rendre hommage, plutôt, et lui tirer un grand coup de chapeau tout en lançant au public un immense éclat de rire. François Truffaut, ici, n’imite pas ; il réinvente une époque, un style, une atmosphère, s’ingéniant même à renverser les schémas traditionnels du polar hollywoodien : c’est ainsi que Fanny Ardant, brunissime, prend la place de Lauren Bacall, blondissime, pour jouer d’un regard franc et direct alors que son illustre modèle clignait des yeux sous les mèches de cheveux. »
Fabian Gastellier, 10/08/1983

L’Ecole libératrice
« On l’a compris, chaque minute est de jubilation : le cinéma comme jeu, clin d’œil, plaisir de soi. C’est la nostalgie gaie. »
Eric, Moreau, 24/09/1983

Le Figaro
« François Truffaut semble bien s’amuser à construire, nuance après nuance, ses deux personnages, héritiers des comédies américaines en noir et blanc, du temps de James Stewart et Katharine Hepburn. Bref, le bonheur ! »
Claude Baignières, 13/04/1983

France-soir
« Ayant pris délibérément le parti de s’amuser et de nous amuser, François Truffaut multiplie, dans les répliques, les allusions à d’autres films. Il n’hésite pas non plus à se citer, insistant par exemple sur le soupirail par lequel, depuis le sous-sol, on voit les jambes des passantes. C’était l’une des occupations favorites de Charles Denner dans L’homme qui aimait les femmes. (…)
François Truffaut avait sans doute besoin de se détendre. Ça tombe bien, le public aussi. »
Robert Chazal, 10/08/1983

L’Humanité-dimanche
« La leçon de ce film ressemble fort à celle que le jeune Truffaut critique donnait, il y a trente ans, à ses pères cinéastes, dans un article intitulé "Une certaine tendance du cinéma français".
Alors que la mode est au "polar" zesté de psychologie, de mots d’auteur, de sous-entendus prétendument sociaux ou politiques, écrasés sous le poids des scénarios et des acteurs monstres sacrés, Vivement Dimanche ! avance simplement, ludiquement, comme l’offrande d’un bon moment d’émotion, d’aventure et de romanesque, autrement dit, de cinéma. »
Gérard Vaugeois, 12/08/1983

L’Humanité
« Tout cela est de la meilleure veine humoristique, émaillé de gags —le robinet qui gicle et arrose le commissariat au moment où on va enfin trouver le coupable— et de drôleries. D’où vient cependant qu’on éprouve parfois l’impression de lenteur, alors que tout a été parfaitement mis en place, avec trop d’application peut-être ? »
François Maurin, 11/08/1983

Libération
« Truffaut filme en noir et blanc, enfile le catalogue exhaustif des situations typiques du genre, jusqu’à la fameuse scène du baiser forcé de l’héroïne au héros pour échapper à ses poursuivants, ponctué du non moins célèbre "J’ai vu faire ça au cinéma" (exorcisme du cliché devenu lui-même un cliché), commande à Georges Delerue une musique hitchcocko-herrmanienne à mort, mais la merveille c’est que tout cette cinéphilie écrabouillée, malaxée, digérée et finalement éjectée en quatrième vitesse, fait au bout du compte de l’excellent cinéma. On se tord de rigolade, c’est l’essentiel. »
Gérard Lefort, 10/08/1983

Le Matin
« La nouvelle vague tournait le dos à un cinéma où pour ne pas fatiguer Jean Gabin, quand il faisait Maigret, on faisait la rue en studio… Nous avons dit : "Tout ça sonne faux, il faut aller dans la rue, faire le film plutôt comme Rossellini." Je pense que c’était valable tant qu’on était en noir et blanc. A partir du moment où est venue la couleur, on s’est aperçu que le raisonnement ne tenait plus. Tout ce qui arrivait sur l’écran en couleurs, c’était la laideur. La laideur de la vie quotidienne. »
François Truffaut, propos recueillis pas Paul Ceuzin et Gilles Costa, 08/08/1983

Le Matin
« Une série noire filmée en noir et blanc, on craint l’œuvre destinée à la délectation exclusive des cinéphiles, le pastiche ému riche en citations encombrantes, le bijou de pure nostalgie ciselé à la gloire d’un cinéma perdu, celui qui fit les délices du jeune Truffaut au cours des années 1950. On s’attend à retrouver les éclairages hollywoodiens des thrillers à coloration germanique, les mythes depuis longtemps familiers, les personnages tombés depuis longtemps dans le domaine public. Et si Vivement Dimanche ! n’était que ce bel exercice de style, ce serait déjà pas si mal.
Or, il se trouve que Vivement Dimanche ! est beaucoup plus et beaucoup mieux qu’un film référentiel. Truffaut le nourrit de ses souvenirs de cinémathèque et d’allusions à son œuvre personnelle (…) mais il se garde bien de s’accorder les facilités du pastiche et c’est avec le plus grand plaisir qu’on le voit se compliquer la tâche à plaisir. »
Michel Pérez, 12/08/1983

Le Monde
« Vivement Dimanche ! est un merveilleux divertissement constamment soumis aux charmes de l’imprévu. Et le jeu de tiroirs des fausses vérités, des déguisements, des bévues, de l’obstination finalement triomphante, est mené avec une virtuosité, une allégresse prouvant bien que la comédie, policière ou non, n’est pas un genre mineur. »
Jacques Siclier, 06/08/1983

Le Nouvel observateur
« En dépit de son brio, Vivement Dimanche ! reste curieusement un film lent. Peut-être parce que Truffaut a pris son temps pour saluer les styles, les maîtres et le cinéma qu’il aime. Et surtout parce qu’une certaine lenteur est celle-là même qui s’accorde à sa tendresse, à sa mémoire, à sa pudeur enfin. »
Frédéric Vitoux, 12/08/1983

La Nouvelle République du Centre-Ouest
« Dans Vivement Dimanche !, on retrouve certaines constantes de l’œuvre de Truffaut. L’amour mène tous les personnages par le bout du nez. Il pousse Barbara à enquêter pour Julien, comme il amené Julien à épouser une blonde platinée malgré un passé louche. C’est l’amour toujours, qui incite une caissière de cinéma à donner de honteux coups de téléphone anonymes. C’est la passion des femmes enfin qui a poussé l’assassin à commettre tous ses crimes. »
[S.N.], 12/08/1983

Paris Match
« Ce qui est beau dans Vivement Dimanche !, c'est qu'à la faveur de cette intrigue policière, on retrouve Truffaut tout entier, avec sa tendresse, son goût intimiste de la vie, l'attention qu'il porte aux êtres, le plaisir qu'il prend à les opposer, à les rapprocher, sa pudeur, son amour des femmes qu'il sait filmer dans tous leurs frémissements, toute leur beauté (…). Vivement Dimanche ! marque comme un accomplissement dans son œuvre. Il y règne une liberté, une complicité, une joie de vivre communicative ».
Alexandre Astruc, 29/09/1983

Le Point
« Cette entreprise ambigüe, hommage distancié à un cinéma révolu, est tournée dans un noir et blanc propice à la nostalgie. De délicieux fantômes sont ainsi convoqués au parloir de notre mémoire. Spirituelle et allègre, Fanny Ardant les affronte superbement. Voilà quarante ans, j’ouvrais mon musée secret du cinéma et deux comédiennes s’y installaient, vedettes de deux chefs-d’œuvre oubliés : Micheline Presle (La Nuit fantastique) et Edwige Feuillère (L’Honorable Catherine). Merci à Fanny Ardant de se montrer digne de ces souvenirs-là. »
Pierre Billard, 08/08/1983

La Quinzaine littéraire
« Quoiqu’en ait et quoi que puisse en dire son auteur, Vivement Dimanche ! est un exemple parfait de cinéma français. Tous les plaisirs : le pittoresque, les mots d’auteur, les personnages et les décors, y renvoient. Ils appartiennent tous à une veine populiste que Truffaut ne s’est pas privé d’alimenter lui-même dans ses autres films. Rien, en définitive, de plus fuyant que les exemples que l’on décide de se choisir ; les déplacements de l’adaptation en trompent plus d’un, à commencer par l’adaptateur en personne. Le cinéma ne permet jamais de savoir au juste où l’on en est de sa pratique, de ses inventions et de ses copies. »
Louis Seguin, 16/09/1983

Le Quotidien de Paris
« François Truffaut a choisi, pourquoi pas, de franciser une série noire américaine, mais aussi de la conter avec un détachement, une ironie constante qui semblent avoir pour objet et ont en tout cas pour effet de figer les lèvres du spectateur dans la grimace un peu crispée d’un sourire volontairement traitée à froid. Un créateur a tendance à ne nous parler jamais que de lui-même, mais la pudeur interpose ses voiles entre son exhibitionnisme premier et le spectateur voyeur. »
Dominique Jamet, 13/08/1983

Révolution
« Truffaut remplit soigneusement son contrat, et en homme qui connait son métier et le fait savoir au connaisseur par une somme d’allusions et de références, y compris à ses propres œuvres, tandis que le profane jouit d’une direction d’acteurs sans faille et d’un agréable noir et blanc au service d’un monde urbain, nocturne, pluvieux, où la comédie amoureuse le dispute sans fin à la trame criminelle. »
[S.N.], 09/09/1983

Télérama
« Truffaut s’amuse comme un roi, comme celui de la pièce de Victor Hugo montée par une troupe d’amateurs dont fait partie Barbara. Ce qui lui permet d’envoyer Fanny Ardant enquêter à Nice vêtue d’un pourpoint, ses longues jambes prises dans un haut de chausses. Il ose nous montrer une femme avançant en titubant, un poignard planté dans le dos. Mais, quand il filme un mur qui s’enfonce, découvrant un passage secret, il renouvelle le cliché grâce à une photo bouleversante de Judy Garland, quelques jours avant sa mort.
Et l’on s’aperçoit alors que ce film-pastiche, bourré de citations, est en réalité l’in des plus personnels de François Truffaut. L’un de ceux où son univers transparait le mieux. »
Gilbert Salachas, 01/08/1983

La Vie ouvrière
« Grand amateur de la Série noire, Truffaut a voulu rendre hommage à ces écrivains mal connus et mal aimés dans leur propre pays. Il le fait en "noir et blanc", avec la maitrise que nous lui connaissons, traitant son sujet avec subtilité, humour et malice. »
Serge Zeyons, 08/08/1983


Exploitation

Exploitation Paris : 35 salles, 30 semaines, 102 072 entrées la première semaine, 475 288 entrées totales

Bibliographie éditoriale

  • Ouvrage : Georges Delerue : une esthétique musicale et sa mise en application dans deux films de Jean-Luc Godard et François Truffaut (1963-1983) / Chloé Huvet. - [s.l.] : [s.n.], 2010
  • Périodique : Avant-Scène Cinéma (L'), n° 303/304, mars 1983
  • Périodique : Avant-Scène Cinéma (L'), n° 362/363, juillet 1987
  • Périodique : Cahiers du Cinéma (Les), n° 350, août 1983
  • Périodique : Cahiers du Cinéma (Les), n° 351, septembre 1983
  • Périodique : Cinéma, n° 297, septembre 1983
  • Périodique : Cinématographe, n° 92, septembre 1983
  • Périodique : Cinématographe, n° 93, octobre 1983
  • Périodique : Ciné-Revue, n° 31, juillet 1987
  • Périodique : Ciné-Revue, n° 32, août 1987
  • Périodique : Films and Filming, n° 350, novembre 1983
  • Périodique : Hollywood Reporter (The), vol. 280, n° 18, janvier 1984
  • Périodique : Jeune Cinéma, n° 153, octobre 1983
  • Périodique : Monthly Film Bulletin, vol. 50, n° 598, novembre 1983
  • Périodique : Positif, n° 272, octobre 1983
  • Périodique : Première, n° 71, février 1983
  • Périodique : Première, n° 77, août 1983
  • Périodique : Revue du Cinéma (La), n° 386, septembre 1983
  • Périodique : Screen International, n° 422, novembre 1983
  • Périodique : Séquences, n° 114, octobre 1983
  • Périodique : Sight and Sound, vol. 53, n° 1, décembre 1983
  • Périodique : Stills, n° 9, novembre 1983
  • Périodique : Technicien du Film (Le), n° 317, septembre 1983
  • Périodique : Time Out, n° 691, novembre 1983
  • Périodique : Variety, 17 août 1983

Consultation

Lieux de consultation du film et conditions d'accès :

  • La Cinémathèque française (Bibliothèque) - Accès libre
  • La Cinémathèque de Toulouse (Bibliothèque) - Accès réservé

Collections liées