Le Retour de Don Camillo
Film
Identité
Autres titres :
- Don Camillo et ses ouailles (Titre de l’œuvre adaptée) (France)
- Il Ritorno di Don Camillo (Titre international) (Italie)
Type d'oeuvre : Cinéma
Unité documentaire : Unitaire
Année de sortie dans le pays d'origine : 1953
Date de sortie en France :
- 05/06/1953
Société(s) de production :
Numéro RCA / VISA : 13575
Classification :
- Tous publics - 04/06/1953
Description
Résumé
Mots clés : Solidarité, Dispute, Religion, Prêtre, Village, Inondation, Communiste, Maire
Genre : Fiction
Genre(s) précis : Comédie, Comédie dramatique
Forme de l'oeuvre adaptée : Roman
Lieu(x) de tournage : Italie
Date de tournage :
- 01/12/1952 - 28/02/1953
Studio de tournage :
- Cinecittà (Rome)
Laboratoire :
- LTC - Laboratoires de Tirage Cinématographique
Note générale
Générique
Informations techniques
Métrage : Long
Durée d'origine : 111
Métrage d'origine : 3182
Couleur/NB : Noir et blanc
Sonore/muet : Sonore
Format d'origine : 35 mm
Dans la presse
Panorama critique
L'effet de surprise du Petit monde de Don Camillo est passé, la polémique, plus curieusement, aussi. C'est en notant l'opportunisme commercial des principaux responsables que la critique juge ce Retour. « Même mise en scène brillante, mêmes auteurs, mêmes interprètes. Mêmes rires » écrit Claude Mauriac dans Le Figaro littéraire. « Mais des moments de poésie inattendue. Mais de la gêne, encore, dans un sens différent toutefois. Sachant maintenant jusqu'où ils pouvaient aller trop loin, nos cinéastes ont renoncé aux euphémismes dont ils avaient usé au cours de leur premier film. Les communistes sont désormais appelés par leur nom, que l'on baptisait rouges… dans Le petit monde de Don Camillo. Aussi bien, la surprise ne jouant plus, considérons-nous plus facilement comme une farce cette œuvre bon enfant… ». Dans Le monde, Jean de Baroncelli fait un curieux « mea culpa » : « Un film [Le petit monde de Don Camillo] dont les bénéfices se chiffrent par centaines de millions ne peut en aucune manière être un film à demi manqué. J'écris ceci sans la moindre ironie : il en est de la chance dont semblent bénéficier les ouvrages artistiques comme de celle qui accompagne certains hommes : elle n'est jamais gratuite. L'alchimie du succès a des lois obscures mais certaines. Un succès comme celui de Don Camillo est toujours légitime… N'ayant pas été atteint la première fois par ce miracle, j'espérais de tout cœur l'être cette fois-ci…. Hélas ! Don Camillo était à peine arrivé à sa nouvelle destination qu'une fois encore la grâce m'abandonnait. Tous les sentiments importuns qui m'avaient assailli durant la représentation du premier Don Camillo, et parmi lesquels dominaient l'irritation, revenaient à la charge, et me gâtaient un spectacle dont je m'étais tant promis… Mon aveuglement me navre. Il ressemble à une excommunication…. C'est moi qui ai tort, j'en suis certain… Pardon Don Camillo… Mea culpa… ». Georges Charensol, lui, dans Les nouvelles littéraires, va jusqu'à trouver ce deuxième opus meilleur que l'original : « Il y a… chez Duvivier un sens du public qui n'est jamais en défaut. Nous pouvons faire la petite bouche devant certaines facilités auxquelles il n'a pas le courage de renoncer. Mais la foule presque toujours le suit : il n'est sans doute pas un seul réalisateur français qui ait accumulé au cours de sa longue carrière pareille suite de succès…Les scénaristes ont… inventé eux-mêmes bien des variations sur ce thème qui ne nous offre plus de surprise, mais qui continue à nous amuser comme le faisait, quand nous étions enfants, l'éternelle lutte de Guignol et du gendarme, et certains de ces épisodes sont traités dans un style allusif assez nouveau chez un réalisateur qui craint toujours que nous ne comprenions pas ses intentions… ». Cinémonde est d'accord : « Je vais être très franc, je reprocherai au Retour d'être mieux fait, plus réfléchi et aussi plus sensible que le Petit monde. Aussi bien s'est-il efforcé de changer jusqu'au climat de son village, de fuir la saison ensoleillée et d'en retenir l'époque des pluies si typique de la plaine du Pô. L'atmosphère du film s'en trouve modifiée. Nous nous éloignons du “méridionalisme” traditionnel pour découvrir le “Latin de mauvais temps”, grincheux, paralysé, inquiet seulement du retour du soleil… S'ils [les grincheux] s'attendent à retrouver un Don Camillo psychanalysé et un Peppone paranoïaque, prévenons-les tout de suite qu'ils seront déçus ». Mais tout le monde ne pense pas ainsi, comme Jean Fayard dans Comœdia : « Cette exploitation du succès a un caractère plus commercial qu'artistique, mais on doit reconnaître qu'elle est légitime et qu'elle n'offre rien de choquant pour l'esprit. Mais il faut aussi constater que la suite ne vaut jamais l'ouvrage original… Nous connaissons à l'avance tous les trucs… Tout cela est toujours assez bien fait, mais les plaisanteries s'émoussent et il m'a semblé que le public ne rit plus autant que la première fois. L'invention est aussi nettement plus faible…Fernandel est toujours très bon, très naturel dans un rôle qui semble cousu sur mesure, mais presque tous ses autres camarades me semblent beaucoup plus discutables, même Gino Cervi, qui devient plus conventionnel cette fois ». Même opinion dans Témoignage chrétien : « Si j'insiste sur ce décor sombre, c'est qu'il fait mieux ressortir les défauts, non seulement du film en question, mais des deux bandes réalisées par Duvivier. Sous le soleil, les démêlés du maire et du curé prenaient leur véritable teinte de galéjade méridionale. Avec le déluge, on voit mieux le mélodrame et les effets faciles grossièrement soulignés. Don Camillo, c'est la politique prise à la blague, l'antagonisme des deux blocs habilement escamoté, l'illusion créée, qu'entre braves gens on peut toujours s'entendre, quelles que soient les divergences de convictions profondes. Pour entretenir cette illusion, pour rassurer les multitudes qui ne demandent qu'à être rassurées, il fallait faire donner le soleil à plein, il fallait que le champagne pétille sans arrêt, que l'exubérance italienne et l'esprit de Guareschi voilent sans cesse les vices de la construction. Dans ce Retour, les auteurs se prennent lourdement au sérieux, insistent maladroitement sur le pur sentimentalisme de nombreux épisodes… Du coup, c'est l'œuvre entière, livre et films, qui s'affadit et perd sa poésie ». Enfin, Marcel Huret essaie, dans Radio Cinéma Télévision, de prévenir ce qui s'annonce pourtant inévitable : « Ce film récoltera probablement un succès comparable à celui du premier, en se coulant dans le sillage de sa bonne renommée. Mais, de grâce, que les auteurs sachent se contenter de cette deuxième chance ! Par bonheur, nous avons la certitude que Don Camillo n'aura pas de fils… ».
(Yves Desrichard, 2001)
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