Quand Nela se réveille ce matin-là, son père a cessé de vivre dans le modeste appartement qu'ils partagent à Bucarest. Nous sommes en 1988. Le père, colonel de la Securitate, souhaitait léguer son corps à la science, mais personne n'en veut : les réfrigérateurs ne fonctionnent plus. Nela fait incinérer le défunt et conserve les cendres dans une boîte de Nescafé. La jeune femme refuse l'entrée de l'appartement à son unique soeur, et part occuper un poste d'enseignante dans une ville de province. Son périple lui fait découvrir la triste réalité de la Roumanie contemporaine. Victime d'un viol à son arrivée dans sa ville d'affectation, elle fait la connaissance de Mitica, jeune médecin aussi insoumis et iconoclaste qu'elle. Mitica est arrêté pour avoir en sa possession le carnet de notes d'un pseudo révolutionnaire décédé, Titi. Nela se bat bec et ongles pour obtenir la libération de Mitica et va jusqu'à compromettre un procureur. Mitica, enfin libéré, les deux jeunes gens partent assurer les funérailles décentes à Titi. Plus tard, alors que Nela vient d'enterrer les cendres de son père au pied d'un vénérable chêne, Mitica et Nela assistent, impuissants, au tragique dénouementd'une prise d'otages. Des enfants, retenus dans un autobus, sont froidement abattus par l'armée.