Genocide

Film

Génocide

Arnold Schwartzman

Année de production :  1981

Pays de production : Etats-Unis

Identité

Type d'oeuvre : Cinéma

Date de sortie en France :

  • 17/10/2007

Description

Résumé

Flanqué d'Elizabeth Taylor, Orson Welles ne nous raconte plus La Guerre des mondes
comme en 1940, mais l'anéantissement des Juifs d'Europe. Duo de choc donc, pour un sujet hautement sensible. Comptant parmi les neuf films produits par l'unité cinématographique du Centre Simon Wiesenthal sur l'histoire du peuple juif, Génocide
fut oscarisé en 1981. Avec raison ? On peut en douter, car, même s'il est l'un des meilleurs de la série, ce documentaire n'en est pas moins ampoulé, parfois de mauvais goût et surtout, ferait bondir tout historien non hollywoodien. On est loin, très loin, des autres références en la matière que sont Nuit et brouillard
et Shoah
. ì l'instar des autres productions du centre, le film fait appel à des images et vidéos d'archives, et à des récits de vie racontés avec plus ou moins d'emphase selon la star de cinéma qui s'y colle. Le tout baigne dans une imposante musique mélodramatique. Mais Génocide
, contrairement aux autres films, utilise le dessin : au mieux, il est simplement filmé, au pire, il devient animé et ne recule devant aucune métaphore. On l'aura compris, en dépit d'une certaine créativité stylistique, la forme laisse à désirer... Pour ce qui est du fond, comme son titre l'indique, Génocide
ambitionne de nous conter la grande tragédie du siècle dernier. Il donne également un aperçu de ce que fut la culture juive et décrit l'histoire de l'antisémitisme, depuis la période biblique jusqu'à l'idéologie hitlérienne. Pour ce faire, le réalisateur, Arnold Schwartzman, a rassemblé à peu près toutes les images d'archives connues, et a réuni une multitude de témoignages à forte charge émotionnelle. Si on en reste là, le film est plutôt réussi. Tout est fait pour susciter sans cesse l'émotion et que jamais l'attention ne se relâche. Mais à y regarder de plus près, la conception de l'histoire qu'il développe apparaît très discutable. ì aucun moment, le spectateur n'est informé de la provenance des images. Qui plus est, ces dernières sont utilisées sans réelle logique, dans une totale dépendance au commentaire qui leur assigne une place dans le récit sans tenir compte de leur source originelle. En outre, loin de s'attacher aux mécanismes sociaux qui ont sous-tendu la volonté d'extermination nazie, Génocide
ne dépeint presque exclusivement que des histoires individuelles. Il prend alors le risque de laisser croire que la barbarie s'est définitivement éteinte avec la chute du régime nazi. De plus, par son omniprésence, la voix off ne laisse aucune place à l'intelligence du spectateur qui n'a d'autre choix que de se laisser guider et impressionner. On l'aura compris, le fond est lui aussi sujet à critiques. Que reste-t-il alors de ce film ? Un beau et terrifiant livre d'images, qui n'a d'autre fonction que de nous émouvoir, avec raison, sur la grande part maudite de l'Histoire. Il reste aussi quelques témoignages qui, à eux seuls, résument toute l'ignominie du monde.

Genre : Documentaire

Générique

Musique :

Interprétation :

Informations techniques

Métrage : Long

Durée d'origine : 90