Identité
Type d'oeuvre : Cinéma
Année de sortie dans le pays d'origine : 1970
Date de sortie en France :
- 09/09/1970
Société(s) de production :
Description
Résumé
Genre : Fiction
Date de tournage :
- 21/01/1970 - 18/03/1970
Générique
Informations techniques
Métrage : Long
Durée d'origine : 95
Couleur/NB : Couleur
Dans la presse
Citations
Actualité
« Le caractère du personnage étant l’âme du sujet, tout le scénario est conçu en vue d’en faire miroiter les facettes : l’histoire n’est qu’un prétexte à démonstration, une juxtaposition d’anecdotes caractéristiques rassemblées dans une situation (la vie conjugale) réduite à un contexte. Le problème n’est pas là. Ce qui compte, c’est que François Truffaut ait réussi sa série. Qu’avec sa sensibilité, sa tendresse, sa nostalgie accumulée, il ait réalisé une œuvre claire, intelligente (d’aucuns diront "très française") dont la légèreté et l’humour ne sont pas les moindres pudeurs. »
Michel Guibert, 21/09/1970
L’Aurore
« Disons-le tout de suite, le film est sans prétention et bien réussi. François Truffaut a su, par petites touches successives, nous dévoiler les caractères de la jeune femme et du jeune homme rêveurs à plaisir, et à qui il faudra que surviennent quelques ennuis pour qu’ils retombent sur terre.
Le garçon est plein d’humour et de joie de vivre et son inconscience, que certains peuvent lui reprocher, n’est qu’un signe de véritable jeunesse. »
Claude Garson, 11/09/1970
Le Canard enchainé
« Le film est fait de petits sketchs, de petits gags, de dialogue sans prétention qui veulent faire vrai (toujours l’influence de Renoir). Donc, les platitudes ne manquent pas.
Truffaut donne aussi des coups de chapeau par-ci, par-là, à ceux qu’il admire, il pique une histoire à Tristan Bernard et ses copains sont venus jouer des silhouettes. Cela fait un film plaisant, qui ne pèse pas très lourd, mais qui se voit avec agrément. Et c’est un film sans cadavre, sans violence, sans érotisme à la con, ce qui n’est pas à dédaigner. »
Michel Duran, 15/09/1970
Combat
« La chronique d’un ménage et de ses petites crises inévitables provoque assurément quelques moments dramatiques. Toutefois Truffaut aime trop son personnage pour le laisser souffrir longtemps. Le ton de comédie domine donc largement, ne serait-ce que grâce à l’intervention d’un grand nombre de personnages épisodiques qui constituent autour d’Antoine Doinel un petit monde familier que n’eut pas renié le René Clair de Sous les toits de Paris. »
René Quinson, 07/09/1970
Combat
« Domicile conjugal réussit à maintenir la part égale entre la gravité et le sourire enjoué, la lucidité et l’enchantement : c’est du meilleur Truffaut, un cinéma qui propose en même temps une façon d’être et un art de vivre. »
Henry Chapier, 10/09/1970
La Croix
« Jean-Pierre Léaud, alias Antoine Doinel, n’a vraiment plus, pour lui, que sa ressemblance physique, proche du mimétisme, avec François Truffaut. Car ses dons d’antipathie défient l’indulgence la plus grande. Il ne fait ni horreur ni pitié ; il exaspère, tout simplement. En regard, la mignonne Claude Jade s’évertue à donner au couple qu’elle est censée former avec cet hurluberlu un minimum d’humanité. Elle y parvient, ce qui est tout à l’honneur de son talent, mais ne suffit pas à sauver le film. »
Jean Rochereau, 17/09/1970
Les Echos
« Comme dans Baisers volés le film est une succession de tableaux, on hésite à dire sketches, bien que chaque fois il y ait une idée, une pirouette, une trouvaille, soit un jeu de mots, soit un gag visuel, soit une bizarrerie des situations, qui anime, éclaire, justifie la séquence. Un portrait donc à petites touches, sur un fond souriant situé, une fois encore, dans le cadre des petits métiers, petits bourgeois, bistrots populaires et arrière-cours parisiennes. Un portrait qui ressemble plus à une aquarelle qu’à une eau-forte, et que l’on trouvera, selon les goûts, falot, ou miraculeusement juste. »
[S.N.], 11/09/1970
Europe
« François Truffaut raconte une histoire et un personnage, sans suspens et sans héros, sans digression surréaliste ou sociologisante, et c’est la vie qui s’y retrouve (on ne s’étonne pas qu’il désigne Renoir comme un maître), à défaut des idées que nous voudrions trouver, de ces cases pratiques où ranger le bon et le méchant, le juste et l’injuste (est-ce là l’apolitisme qu’on a pu lui reprocher ?) par ces vieux réflexes monolithiques des enfants pour qui le cinéma a si longtemps divisé le monde en bons cow-boys et mauvais indiens. »
Jean-Gabriel Nordmann, 01/11/1970
L’Express
« Domicile conjugal n’est pas un récit, mais un portrait. Pour en brosser le décor, avec son petit peuple de Paris d’un pittoresque un peu appuyé, François Truffaut a puisé aux plus profondes traditions du cinéma français. Sa "fenêtre sur cour" fait plus songer à René Clair qu’à Hitchcock. On croit apercevoir Simenon au bistrot et Tati dans le métro. L’ancien admirateur du cinéma américain se veut aujourd’hui l’enfant de Prévert et de Sacha Guitry : un Pagnol qui aurait grandi sous les toits de Paris. »
Pierre Billard, 07/09/1970
Le Figaro
« Dans Domicile conjugal, Antoine Doinel cherche la stabilité pour la compromettre aussitôt, par sa faute, et l’on voit bien que l’état adulte n’existe pas. Heureusement, si les hommes sont rarement des hommes, les femmes sont souvent de vraies femmes et la sienne (interprétée par Claude Jade) est plus forte que lui, plus aimante et plus accomplie. C’est donc grâce à elle que notre comédie ne finit pas mal. »
François Truffaut, 03/09/1970
France-soir
« S’il est agréable d’avoir retrouvé ce farfelu d’Antoine, il est dommage qu’il ait si peu à raconter. Aussi ne faut-il pas prendre au sérieux Truffaut quand il annonce : "Jamais plus". Les adieux d’Antoine ne sont pas plus convaincants que ceux des vedettes. Nous le retrouverons un jour plus mûri, plus chargé d’expérience et d’aventures, en un mot plus intéressant. Il aura changé de domicile, de femme aussi sans doute et surtout de métier. Truffaut et Léaud, qui, eux, seront restés cinéastes, nous les raconteront. Et nous nous rappellerons alors avec attendrissement de Domicile conjugal dont les insuffisances se seront estompées et qui aura alors le charme du passé. »
Robert Chazal, 10/09/1970
France catholique
« Cette sorte de réalisme empêche qu’Antoine Doinel ne devienne un cas isolé, un personnage à part de l’humanité. Ne connaissons-nous pas tous des Antoine Doinel, gentils, charmants, mais sur qui il n’est guère possible de compter. François Truffaut en convient d’ailleurs : il a promis d’abandonner là son héros, car il débouche sur un cas trop particulier et sur un avenir trop personnalisé. »
[S.N.], 25/09/1970
L’Humanité
« Si le procédé mis en œuvre ici offre l’avantage de quelques réussites (…) il ménage en revanche nombre de déceptions, notamment sur le plan des artifices, des transitions et des enchainements (tel le début de la liaison entre Antoine et la jeune japonaise) aussi bien que quant au choix et au rassemblement des personnages peuplant la cour de l’immeuble (…) par le côté aussi conventionnel de leur typologie que de leur présence dans la même unité de lieu. »
François Maurin, 12/09/1970
L’Humanité
« C’est sans doute la simplicité qui fait de cette petite histoire une manière de chef-d’œuvre. On entre chez les Doinel comme chez soi. On rit, on sourit, on verse une petite larme. C’est joli et tendre. J’oserai dire que c’est bien français, mais sans ostentation. On se plait à jeter sur le couple le regard de Truffaut. C’est un film chaud, dont l’ironie nous fascine. »
[S.N.], 20/09/1970
Les Lettres françaises
« Domicile conjugal compense sa minceur et sa fragilité par une grâce, une poésie, une séduction réelles. Sa description de la vie parisienne incite à penser que Truffaut est le véritable successeur de René Clair, tout comme son humour fait songer à Jacques Tati, à qui il rend un explicite hommage. Mais il a les mêmes limites que ces deux cinéastes : son monde se situe hors de l’espace et du temps, dans un havre de tranquillité sans questions et sans problèmes. Et de ce petit monde de petits bourgeois, on fait facilement le tour en 80 minutes. »
[S.N.], 16/09/1970
Le Monde
« Il est difficile de résister au charme de Truffaut, à la fraicheur, à l’acuité de son regard, à cette sensibilité qui lui permet de rendre féerique les moindres détails de la vie quotidienne. Une scène comme celle où Antoine comprend brusquement que Christine est enceinte est une merveille d’humour et de délicatesse. Parce qu’il y a beaucoup de scènes de qualité-là dans Domicile conjugal, on ne peut qu’aimer ce film fragile et mélancolique, cette description malicieuse d’un bonheur à demi manqué, cette dernière apparition d’un Antoine Doinel toujours prêt à faire les quatre cents coups. »
Jean de Baroncelli, 10/09/1970
Le Nouvel observateur
« Une méthode aussi artificielle aurait dû produire un film laborieux. Il n’en est rien. Truffaut réussi à faire de son "idée par plan" un petit miracle de charme et le sautillement des scènes prend un air d’imprévu. Il est impossible d’en parler plus avant, car il faudrait raconter chaque menu épisode, et ce serait détruire l’édifice. Mais il faut reconnaitre que l’ensemble "tient", quoique mince et fragile. »
Michel Mardore, 07/09/1970
Le Nouvel observateur
« L’extraordinaire présence de Jean-Pierre Léaud, correctement secondé par Claude Jade, sauve cette bluette de l’insignifiance gentille. Tous les personnages secondaires s’efforcent vers le pittoresque. En vain. »
Jean-Louis Bory, 21/09/1970
La Revue des deux mondes
« Il ya dans ce nouveau film, et comme toujours chez François Truffaut une tendre et humaine gentillesse qui nous touche et masque peut-être les défauts fondamentaux de l’ouvrage. Pourtant, ces défauts nous apparaissent plus distinctement dans Domicile conjugal, sans doute parce que le charme opère moins efficacement, parce que l’ensemble est moins réussi. Le scénario nous apparait plus squelettique, plus dépouillé de ces scènes qui sont la chair d’une histoire et lui donnent de la consistance et du poids. »
Roger Regent, 01/10/1970
Réforme
« Ce film est habité par la fantaisie et la joie alors que le précédent tressaillait d’allégresse brisée. L’un plaide l’innocence, l’autre sait le péché. Ils ne disent rien que de très conventionnel, de très sage, de très ancien : le couple, ses heurts, ses pardons. Son élaboration. »
Marcel Reguilhem, 19/09/1970
Le Soir
« (François Truffaut) reste, avec Domicile conjugal, un des metteurs en scène les plus finement psychologues et les plus sensibles du cinéma français et l’on appréciera dans sa dernière œuvre son sens de l’anecdote, faite de touches délicates et spirituelles, qu’il s’agisse de séquences évoquant le peuple — particulièrement savoureuses ici — ou encore de séquences d’une vie conjugale pleine de pittoresque. »
O.D., 24/09/1970
Témoignage chrétien
« Et puis il y a la naissance d’un garçon. Et puis il y a une infidélité. Et puis la réconciliation après la rupture. Côté scénario, c’est tout.
L’intérêt du film, séduisant d’un bout à l’autre, est ailleurs. Dans la multiplication des détails justes, des gestes vrais, des regards éperdus et de l’humour discret qui enrobent la réalité quotidienne de leurs habits d’ombres légères et de lumières douces. »
G.H., 10/09/1970
Télérama
« Les admirateurs de Baisers volés sont déconcertés et déçus, si j’en crois certaines réactions. Il est vrai que Domicile conjugal est une œuvre amère et désenchantée sur l’amour et sur le couple. Ni Jean-Pierre Léaud ni Claude Jade ne sont des acteurs, des êtres de fiction, mais un homme et une femme qui se débrouillent comme ils peuvent avec leur condition d’adultes mariés.
Et si la sensibilité de Truffaut s’exprime par des pirouettes bouffonnes, dans un climat très concerté de "comédie américaine". Truffaut ne nous a jamais dit des choses aussi graves sur la difficulté d’être adulte. »
Jacques Siclier, 13/10/1970
Tribune socialiste
« Cette micro-société parisienne a été traditionnellement ressassée. Alors on est porté à penser que la nouvelle vague s’est assagie. Par ce genre de films, on a fini par faire un certain cinéma français, sans force, parce que véritablement et volontairement coupé des racines du réel. En cela, l’œuvre devient parure ou décor, en fait, masque au sourire figé qui "divertit" l’homme pour mieux l’aliéner de sa réalité. Le cinéma américain dont Truffaut est pourtant un disciple quasiment inconditionnel, sait mieux dépasser ces limites et révéler les problèmes de son pays et de son époque. »
[S.N.], 17/09/1970
Valeurs actuelles
« Edifiant comme Delly, drôle comme un recueil d’anas, Domicile conjugal suscitera l’attendrissement. Pourtant Truffaut a perdu le charme de Baisers volés, film le plus réussi de la série Doinel. »
[S.N.], 21/09/1970
Bibliographie éditoriale
Consultation
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