Jean-Pierre Léaud

Personnalité

Interprète, ass. réalisateur, scénariste... : années 1950-2010

Nationalité :  France

Naissance :  28/05/1944 - France - Paris, Seine

Identité

Genre : homme

Fonctions : Assistant réalisateur, Acteur, Voix (commentaire), Scénariste, Auteur, Photographe, Auteur secondaire, Auteur primaire

Biographie

Carrière :

Figure tutélaire de la Nouvelle Vague, Jean-Pierre Léaud est mondialement reconnu pour son rôle d’Antoine Doinel dans les films de François Truffaut, ainsi que pour ses collaborations audacieuses avec des cinéastes majeurs tels que Jean-Luc Godard, Albert Serra et Aki Kaurismäki ; son jeu singulier, à la fois ironique et mélancolique, fait de lui l’incarnation d’un cinéma d’auteur exigeant et intemporel, récompensé à Cannes par une Palme d’honneur en 2016.
Après une brève apparition dans La Tour, prends garde (Georges Lampin, 1957), Jean-Pierre Léaud fait son grand début cinématographique à l'âge de treize ans : il interprète Antoine Doinel, héros turbulent du film autobiographique de Truffaut, Les Quatre cents coups (1958). Le film est un triomphe au Festival de Cannes en 1959 et marque le lancement de la carrière du cinéaste comme celle du jeune acteur. Truffaut et son protégé sont inséparables, et n'auront de cesse de collaborer sur les projets du réalisateur. Léaud réincarne le personnage d'Antoine Doinel à plusieurs reprises, sorte de double à l'écran de Truffaut, dans L'Amour à vingt ans (1961), jeune homme mélancolique aux côtés de Marie-France Pisier, puis dans Baisers volés (1968), Domicile conjugal (1970) et L'Amour en fuite (1978). Les quatre films évoquent la vie du personnage à différentes époques. Léaud se compose un ton de voix si caractéristique, entre détachement et ironie, qui ne le quittera pas. Il devient une des figures incontournables de la Nouvelle Vague ; Godard se prend d'affection pour lui et le dirige entre autres dans Masculin féminin (1965), Made in U.S.A. (1966) ou La Chinoise (1967). Les personnages incarnés par l'acteur sont ancrés dans leur époque. Léaud se tourne au même moment vers le militantisme de gauche et défend vigoureusement Langlois lors de " l'affaire de la Cinémathèque " en 1968. Pendant les années soixante-dix, l'acteur joue de grands rôles romantiques, empreints de poésie et de violence contenue, à son image, comme celui d'Alphonse dans Les deux Anglaises et le continent (Truffaut, 1971). En 1972 Jean Eustache lui offre le rôle-titre de La Maman et la putain, l'un des films emblèmes de la Nouvelle Vague ; mais le film est un échec en salles. Jean-Pierre Léaud choisit des rôles et des tournages marginaux avec des metteurs en scènes réputés difficiles, donnant sa confiance à un cinéma d'auteur exigeant, confidentiel, voire hermétique. Il sait être à la fois obscur, rêveur, évanescent et désabusé. Mais avec la fin de la Nouvelle Vague et la mort de Truffaut en 1984, Jean-Pierre Léaud traverse une période difficile. La critique lui reproche de n'être que sa propre caricature, de parler faux et de ne faire que des choix d'" intello ", peu accessibles au grand public. Il tourne plus d'un film par an au cours des années 1980. Godard, Raul Ruiz, Benoît Jacquot, Catherine Breillat, Agnès Varda, Pierre Garnier Deferre le dirigent. Jean-Pierre Léaud renoue avec le succès en 1990 avec le film J'ai engagé un tueur dans lequel Aki Kaurismäki lui donne le premier rôle : celui d'un homme désespéré qui ne parvient pas à se suicider, et qu'une histoire d'amour ressuscite. L'acteur choisit ensuite de jeunes réalisateurs, héritiers de la Nouvelle Vague, qui marquent le renouveau de sa carrière. Olivier Assayas le dirige en père désespéré dans Paris s'éveille (1991), et en cinéaste maudit dans Irma Vep (1996). Lucas Belvaux lui donne un beau rôle comique de mari trompé et désopilant dans Pour rire ! (1996). Les années 2000 lui offrent certes moins de rôles, mais consistants tout de même, comme dans Le Pornographe (Bertrand Bonello, 2000) ou J'ai vu tuer Ben Barka (Serge Le Peron, 2005). La personnalité complexe de Jean-Pierre Léaud en fait une des figures les plus atypiques du paysage cinématographique français. Léaud se fait ensuite plus rare à l’écran, choisissant avec soin chacune de ses apparitions, souvent chez des cinéastes exigeants et singuliers. Il collabore à nouveau avec Aki Kaurismäki dans Le Havre (2010), où il campe un commissaire décalé et lunaire, incarnant une fantaisie poétique et burlesque qui le rapproche de ses rôles passés tout en révélant un art de la composition tout en retenue. En 2016, il apparaît chez Albert Serra dans La Mort de Louis XIV (2015), œuvre crépusculaire et minimaliste où Léaud, figé par la maladie et la solitude, livre l’une de ses plus impressionnantes performances, saluée unanimement par la critique comme un sommet de dépouillement et d’intensité intérieure. Enchaînant les festivals, le film confirme la place unique de l’acteur dans le panthéon du cinéma d’auteur contemporain. Après avoir campé un acteur pour Nobuhiro Suwa (Le lion est mort ce soir, 2017), un père pour Sara Forestier (M, id.) ou encore le Dieu Horus pour Arielle Dombasle (Alien Crystal Palace, id.), Jean-Pierre Léaud prête sa voix Gondo, l’un des quadripèdes de L’Île aux chiens (2017) de Wes Anderson.

Autres activités :

Jean-Pierre Léaud tourne dans de nombreux téléfilms, dont L'Herbe rouge (1984) de Pierre Kast et Grandeur et décadence d'un petit commerce de cinéma (1986) de Jean-Luc Godard. En 2009, on le voit dans L'homme aux cercles bleus (Josée Dayan), adapté d'un roman de Fred Vargas.

Filmographie

Longs métrages

Acteur

Assistant réalisateur

Récompenses et nominations

  • 2017 - Meilleure interprétation masculine - Prix Lumières - La mort de Louis XIV - Obtenu
  • 2000 - César d'honneur - César du Cinéma Français - Obtenu
  • 1966 - Meilleure interprétation masculine - Internationale Filmfestspiele (Berlin) - Masculin-Féminin - Obtenu

Liens familiaux

Collections liées