Venant de l’Italie du sud, Léa rejoint en maugréant son mari Rosario dans le grand appartement qu’il a trouvé dans une ville du nord. Des voisines l’accueillent, elle s’installe, se rend populaire avec un peu de magie. Mais elle, qui perdit à leur naissance tant de ses enfants, ne vit passionnément que pour le seul fils qui lui reste, Michele... Rosario, dévoué et soumis, a eu une attaque : il restera paralysé, et assistera, impuissant (ou complice ?) aux meurtres de son épouse. Car, avec Tina, la servante demeurée, sourde et muette qu’elle malmène et force à l’aider, Léa tue, dépèce et transforme en savons voisines et amies. Berta d’abord, qui venait de gagner à la loterie en ces temps de pénurie, puis Lisa, si longtemps vierge, Stella, enfin, chanteuse de cabaret. Michele est mobilisé, alors que menace la guerre. Sandra, sa belle fiancée, s’installe chez Léa qui, bien sûr, la hait. Ce serait son tour de mourir si elle ne révélait pas qu’elle est enceinte. Des voisines s’inquiètent de la prolifération des savons de Léa, des odeurs alertent le curé et Maria, la sœur cardiaque de celui-ci, découvre les crimes la première. Maria lui avoue tout, sans vergogne : le cœur de Maria ne résiste pas. Mais bientôt Palma, colocataire de Stella, le directeur de la banque de Berta, et un inspecteur de police démasquent Léa. Celle-ci est arrêtée. “ Monstre ! ”, lui crient des voisins : “ Monstre, moi ? Vous êtes fous ! ”, répond-elle...