Chicago, 1934. Fin de crise dans l'économie américaine. Mais, dans le couple Parker, une crise qui n'en finit pas. Arthur et Joan, en effet, ont peu à peu constaté que tout les séparait. Arthur est de ces gens qui s'évadent facilement dans le rêve, qui laissent souvent libre cours à leur fantaisie. Sa profession d'ailleurs le lui permet : passionné de chansons, il est vendeur de ces partitions qui happent son imagination. Joan, elle, demeure terre à terre. Elle pense aux lendemains, à l'argent qui ne rentre pas, souhaitant ardemment une vie calme et tranquille. Autant Joan désire conserver sans y toucher le pécule que son père lui a laissé pour héritage, autant Arthur voudrait pouvoir l'utiliser pour donner réalité à l'un de ses rêves : une installation en ville avec sa propre boutique de disques et de partitions. Mais, pour l'instant, pas d'argent ; il faut continuer à être colporteur. Et c'est au cours d'une de ses tournées dans les petites villes qu'Arthur aperçoit Eileen, une jeune institutrice dont il devient aussitôt amoureux. Liaison passionnée, éphémère, qui mène Eileen au chômage car, seule et enceinte, elle se voit refuser le droit d'enseigner. Arthur pendant ce temps a pu, grâce à Joan qui a débloqué l'argent de son père, ouvrir son magasin. Où toute la journée il attend en vain les clients. C'est là qu'Eileen, qui s'est fait avorter, le retrouve. Et ils repartent pour vivre à nouveau leur passion. Puis une nouvelle séparation. Eileen, sans le sou, est tombée sous la coupe de Tom, un souteneur. Arthur est recherché par la police parce qu'un malheureux concours de circonstances le fait passer pour l'assassin d'une jeune aveugle. Joan découvre la double vie de son mari mais le défend. En vain. Il semble ne pas y avoir de bonheur terrestre. C'est d'ailleurs dans l'au-delà qu'Arthur et Eileen se retrouvent et sont heureux. Mais n'est-ce pas encore un rêve ?