Philippe Labro
Personnalité
Réalisateur, scénariste, auteur.. : années 1950-2020
Nationalité : France
Naissance : 27/08/1936 - France - Montauban, Tarn-et-Garonne
Décès : 04/06/2025 - France - Paris, Paris
Identité
Genre : homme
État civil :
- Philippe Christian Labro
Fonctions : Réalisateur, Acteur, Scénariste, Dialoguiste, Parolier des chansons originales, Voix (commentaire), Intervenant, Auteur de l'œuvre originale, Auteur du commentaire, Collaborateur, Préfacier, postfacier, Auteur, Auteur primaire, Auteur secondaire
Biographie
Formation :
Philippe Labro est élève au lycée Jeanson-de-Sailly, à Paris, avant de partir à 18 ans grâce à une bourse, étudier en Virginie à l'université de Washington an Lee à Lexington. Il en est Docteur ès Lettres, Honoris Causa. Il y reste quatre ans et en profite pour voyager à travers tous les États-Unis. Ce séjour lui inspirera les romans : L'étudiant étranger et Un été dans l'Ouest . De retour en France, il devient reporter pour Europe 1, à Marie-France puis à France Soir.Carrière :
Philippe Labro se distingue par une carrière aux multiples facettes, mêlant journalisme, écriture et cinéma, où il a su imposer un ton marqué par le réalisme social et une grande finesse d'observation. Réalisateur engagé, il est surtout reconnu pour ses films noirs modernes, qui explorent les complexités du pouvoir et des relations humaines dans des univers souvent troubles.
Alliant films noirs et tradition hollywoodienne, les œuvres de Philippe Labro sont toujours des récits contemporains, à la fois par le ton et par le milieu qu'elles évoquent. Dans son premier film, Tout peut arriver (1969), où il fait débuter Fabrice Luchini, il raconte le parcours initiatique d'un chroniqueur-écrivain-journaliste qui, après une suite d'aventures et de rencontres, change de personnalité. Les personnages de Labro sont souvent des hommes seuls confrontés à des situations difficiles dans les sphères du pouvoir ou de l'intelligentsia : la presse, le monde des affaires ou encore la politique. Il fait souvent appel aux stars du moment : Jean-Louis Trintignant incarne, dans Sans mobile apparent (1971), un inspecteur solitaire et secret sur fond de critique sociale, et Jean-Paul Belmondo participe à son film le plus personnel, L'Héritier (1972). Mélange d'autobiographie, de réalité observée et de fiction, ce film brillamment interprété est un mélodrame d'action sur le monde de la finance. Après L'Alpagueur (1975), Labro attend sept ans avant de réaliser La Crime (1983) : un commissaire (Claude Brasseur) de la brigade criminelle et une jeune journaliste (Gabrielle Lazure) enquêtent sur l'assassinat d'un avocat. L'année suivante, le réalisateur réunit Gérard Depardieu, Nathalie Baye et Bernard Fresson dans Rive droite, rive gauche (1984). Paul Senanques (G. Depardieu) est un avocat qui défend une crapule (B. Fresson). Après sa rencontre avec Sacha (N. Baye), il réalise s'être laissé corrompre par l'argent et décide alors de dénoncer son client lors d'une émission de télévision. Après Rive droite, rive gauche, Philippe Labro fait une pause significative dans la réalisation, se consacrant davantage à l'écriture et au journalisme. Pourtant, son influence dans le monde du cinéma persiste, notamment par l'adaptation de ses romans par d'autres réalisateurs. En 1993, trois de ses œuvres littéraires sont portées à l'écran : Des feux mal éteints par Serge Moati, L'Étudiant étranger par Eva Sereny et Le Petit garçon de Pierre Granier-Deferre marquant ainsi sa présence indirecte dans le monde cinématographique. Le XXIe siècle voit Philippe Labro s'éloigner des plateaux de tournage, mais pas du septième art. En 2001, il prête sa voix au documentaire poétique et engagé Le Peuple migrateur, où sa narration sublime les images grandioses des migrations d'oiseaux, alliant ainsi son sens de l'observation à sa sensibilité artistique. Plus récemment, en 2019, Labro apparaît dans le documentaire Six portraits XL : 3 Philippe et Bernard, qui revient sur la carrière de celui qui a su marier journalisme et cinéma avec une rare justesse.