Miklós Jancsó
Personnalité
Réalisateur, scénariste : années 1950-2010
Nationalité : Hongrie
Naissance : 27/09/1921 - Hongrie - Vác
Décès : 31/01/2014 - Hongrie - Budapest
Identité
Genre : homme
Fonctions : Réalisateur, Acteur, Scénariste, Dialoguiste, Auteur de l'œuvre originale, Auteur, Préfacier, postfacier, Auteur secondaire, Auteur primaire
Biographie
Formation :
Né près de Budapest, Miklós Jancsó fait des études de droit, puis d'ethnologie et d'histoire de l'art. Influencé par son compatriote l'écrivain Zsigmond Móricz, il participe à la collecte des chansons populaires du folklore hongrois initiée par ce pionnier de l'ethnologie rurale. Mobilisé en 1944, Miklós Jancsó est envoyé sur le front de l'est où il est un temps prisonnier des Soviétiques (la Hongrie est alors ralliée à l'Allemagne nazie). À la fin de la Deuxième Guerre mondiale, il adhère au Parti Communiste et s'investit dans le Mouvement des Collèges populaires, réseau d'éducation destiné aux jeunes ouvriers et paysans. Il entre ensuite au tout nouvel Institut hongrois du cinéma fondé par le théoricien du cinéma Béla Balázs, puis apprend la réalisation à l'École supérieure d'Art dramatique et cinématographique de Budapest. Diplômé en 1951, il réalise jusqu'en 1958 plusieurs courts métrages documentaires et des reportages d'actualités.Carrière :
Auteur d'une oeuvre profondément originale et engagée dans les grandes luttes politiques du XXe siècle, Miklós Jancsó est considéré comme le représentant le plus éminent du "nouveau cinéma hongrois" de la fin des années 1960. Miklós Jancsó signe son premier long métrage, Les cloches sont parties pour Rome en 1958. Ce film, en partie autobiographique (qu'il reniera plus tard), évoque l'enrôlement de la jeunesse hongroise dans les troupes nazies. Le cinéaste tourne ensuite Cantate (1962), inspiré d'une oeuvre de Béla Bartók, une métaphore de l'insurrection de Budapest de 1956. Si ce film lui vaut les éloges de la critique internationale, c'est avec Mon chemin (1964) et surtout Les Sans-espoir (1965) que Miklós Jancsó accède à une reconnaissance en tant qu'auteur, principalement dans les festivals et les circuits art et essai. Il devient, pour la critique cinéphile, l'une des têtes de proue du renouveau cinématographique hongrois. Le cinéaste va bénéficier d'une considération internationale principalement dans les années 1960 et jusqu'à la fin des années 1970, époque où la cinéphilie occidentale s'enthousiasme pour les "Nouvelles Vagues" de l'Europe de l'Est. L'oeuvre de Miklós Jancsó, dont les thèmes sont ancrés dans l'histoire hongroise, évoque les tourments d'un pays soumis aux grands empires (ottoman, puis austro-hongrois), déchiré par des conflits ethniques, et dominé pendant quarante ans par la Russie soviétique. Au premier abord donc, une analyse répétée des révolutions hongroises réprimées de 1848 et 1956 : Les Sans-espoir (1965) est une fresque historique évoquant dans un somptueux noir et blanc les heures tragiques de la révolution hongroise de 1848 en lutte contre la domination des Habsbourg. Ce film inaugure aussi la collaboration du cinéaste avec l'écrivain Gyula Hernádi, qui sera désormais son scénariste attitré. Viennent ensuite plusieurs films qui appartiennent à cette veine historique et abordent les luttes opposant révolutionnaires et contre-révolutionnaires autour des années 1920 : Rouges et blancs (1967) sur les épisodes sanglants de la Guerre civile après la révolution bolchévique d'octobre 1917, mais dont le véritable sujet est plutôt l'absurdité des combats entre ennemis dont les causes sont interchangeables. Puis Jancsó plonge dans les origines de la contre-révolution et du fascisme hongrois après l'échec de la République des conseils en 1919 avec Silence et cri (1967) et Agnus dei (1970), film onirique et spectaculaire. Psaume rouge (1971) poursuit la même inspiration, avec une évocation sensuelle et lyrique des révoltes paysannes hongroises à la fin du XIXe siècle : dans cette ode poétique en vingt-sept plans-séquences, Miklós Jancsó "règle ses comptes" au Stalinisme, une idéologie qu'il avait pourtant embrassée dans sa jeunesse. Comme la plupart de ses autres films, Psaume rouge a pour cadre principal la "puszta " (la plaine), qui a donné à son oeuvre son caractère "authentiquement hongrois". Ce film remporte le Prix de la mise en scène au festival de Cannes en 1972 et marque pour le cinéaste une sorte d'apogée. Caractéristique de son style formel original, le plan-séquence y est employé avec une sorte d'exaltation qui transforme le film en véritable chorégraphie visuelle. Cependant, les sujets historiques choisis par le réalisateur sont en réalité des alibis pour nourrir une réflexion sur les mécanismes du pouvoir, l'oppression, et le combat pour la liberté. Cinéaste d'un pays socialiste et totalitaire, Miklós Jancsó poursuit à travers ses fictions inspirées de l'histoire hongroise un questionnement sur la violence de l'État et l'inhumanité du pouvoir. La coloration politique manifeste de son oeuvre explique en partie son impact sur une Europe occidentale marquée par les mouvements de contestation de la fin des années 1970. Après la consécration cannoise, d'autres succès viendront encore : Pour Electre en 1974, une fable politique revisitant le mythe d'Electre et d'Oreste en seulement douze plans-séquences. Puis Vices privés, vertus publiques (1976), version fantasque et provoquante du drame de Mayerling, présenté au Festival de Cannes en 1976, et Rhapsodie hongroise 1 et 2 , tournés en 1978. Ces films sont hiératiques, puissamment chorégraphiés, avec des mouvements de caméra fluides. Ils s'éloignent des récits classiques pour exalter la nation et la paysannerie qui en constitue le fondement historique. Mais la notoriété du cinéaste à l'étranger va bientôt s'effriter. Bien qu'il ne cesse de tourner, les films de Miklós Jancsó rencontrent une indifférence croissante de la part de la critique qui l'avait encensé. À la fin des années 1980, alors que s'ouvre le Rideau de fer, son nom disparait paradoxalement des écrans d'Europe occidentale. Entre 1990 et 2010, aucun de ses films n'y sera distribué. Jancsó, invisible hors de Hongrie, se change en une icône et une référence de la cinéphilie. Son oeuvre s'est poursuivie de 1990 à 2010, avec des films qui n'ont, pour la plupart, pas été vus hors de Hongrie. Il meurt au début de l'année 2014. Après trente longs métrages et plus de quarante courts métrages, son dernier film, une oeuvre collective intitulée La Hongrie en 2011 est un état des lieux du pays en ce début de XXIe siècle. Il témoigne encore de la volonté du cinéaste d'agir sur le monde et de l'engagement qui a toujours été le sien, en politique d'abord, puis par le cinéma.Autres activités :
Miklós Jancsó a tourné pour la télévision hongroise, pour laquelle il a réalisé en particulier deux séries. Professeur à l'université Harvard (USA) en 1991 et 1992, il a aussi enseigné le cinéma en Italie et en Hongrie. Directeur du théâtre József Katona à Kecskemét (Hongrie) de 1983 à 1985, ses mises en scène ont suscité de violentes polémiques. Il a donné à Budapest une version scénique de son film "Ah, ça ira !" (1968). Miklós Jancsó a été à deux reprises lauréat du Prix Kossuth, la récompense artistique la plus prestigieuse de Hongrie.Filmographie
Courts métrages
Longs métrages
Bibliographie éditoriale
Récompenses et nominations
Liens familiaux
Parent de :
Marié(e) à :
- Zsuzsa Csákány - de 1981 à 2014 (son décès, 1 enfant)
- Márta Mészáros