Carrière :
De 1942 à 1949, Anthony Mann signe des films de série B dotés de budgets modestes. Avec La Brigade du suicide
(1947), qui est un succès commercial, il s'impose comme metteur en scène et passe à un stade supérieur. Souvent accompagné du chef opérateur John Alton qui donne à l'image une texture inquiétante, il tourne avec lui Incident de frontière
(1949). Sa caméra donne une résonance dramatique aux décors naturels, dans un style qui préfigure nettement celui des westerns que le cinéaste va tourner peu après. Si Anthony Mann exerce jusqu'alors une certaine influence sur le film noir, c'est dans le western que son sens de la tragédie s'épanouit. " Je crois que le western est le genre le plus populaire et il donne plus de libertés que les autres pour mettre en scène des passions et des actions violentes [...] et puis, il libère tout ce que les personnages ont au fond d'eux-mêmes ", déclare-t-il (Positif
, 1968). En effet, Anthony Mann réalise des westerns classiques par leur respect des formes, leur art sobre et mesuré, leur référence à un âge idyllique, leur intérêt pour des caractères nobles et humains. Il affiche son goût pour des individualités complexes, soumises à des vices et à des passions contradictoires. Son sens de la technique, fait de cadrages nets et rigoureux, reflète un attachement à des valeurs picturales. Avec le scénariste Borden Chase et son acteur fétiche James Stewart, il signe des westerns qui font date : Winchester 73
(1950), Les Affameurs
(1952), L'Appât
(1953), L'Homme de la plaine
(1955). Durant cette période féconde de 1950 à 1958, qui culmine avec un western épique et grave (L'Homme de l'Ouest
), Mann réalise un film de guerre, Cote 465
(1957), où l'on reconnaît son sens du détail et de l'intensité des passions. Les dernières années de sa carrière donnent cours à des superproductions. Il signe un Cid
(1961), avec Charlton Heston, qui recueille les faveurs de la critique. Il s'éteint sur le tournage de Maldonne pour un espion
(1967).