Leos Carax
Personnalité
Réalisateur, scénariste, interprète... : années 1980-2020
Nationalité : France
Naissance : 22/11/1960 - France - Suresnes, Seine
Identité
Genre : homme
État civil :
- Alex Christophe Dupont
- Alexandre Oscar Dupont
Fonctions : Réalisateur, Acteur, Scénariste, Dialoguiste, Compositeur des chansons originales, Préfacier, postfacier, Auteur, Auteur primaire
Biographie
Formation :
Leos Carax suit des études de cinéma à l'université de Paris VII. Il assiste aux cours de Serge Toubiana et de Serge Daney, puis aux cours de technique et de pratique du cinéma de Steve Murez à l'American College of Paris . Il réalise deux courts métrages dont Strangulation Blues , remarqué et primé au festival d'Hyères en 1981.Carrière :
Poète maudit du cinéma français, Leos Carax est connu pour ses œuvres audacieuses et lyriques, explorant les thèmes de l'amour, de l'identité et de la mémoire. Récompensé par le prix de la mise en scène à Cannes pour Annette (2021), il est l'auteur de films cultes tels que Les Amants du Pont-Neuf et Holy Motors, qui ont marqué des générations de cinéphiles.
En 1984, Leos Carax réalise son premier long métrage, Boy Meets Girl. Tourné en noir et blanc, ce film fait référence au cinéma muet, à l'univers de Jean Cocteau et au cinéma de Jean-Luc Godard. Considéré par la critique comme l'héritier de la Nouvelle Vague, Leos Carax ouvre de nouvelles voies au cinéma français, au même titre qu'un Jean-Jacques Beineix ou qu'un Luc Besson. Présentée à la Semaine de la critique à Cannes, cette errance nocturne romantique et tragique entre deux jeunes gens impressionne une large part de la presse. Il retrouve son acteur fétiche, Denis Lavant (dont les personnages portent le prénom du réalisateur, Alex), pour Mauvais sang (1986), un thriller expressionniste et poétique avec Juliette Binoche, qui le révèle au grand public. Secret et mystérieux, le réalisateur cultive volontiers une image d'auteur maudit qui se dérobe à la presse et à son public, devenant le cinéaste culte d'une génération de cinéphiles. Ses films parlent de l'imposture, de la vieillesse, de la légèreté, de la manipulation. En 1988, il commence le tournage des Amants du Pont-Neuf avec Juliette Binoche et Denis Lavant. Le budget est dépassé à cause de la reconstitution du pont en province, le projet est menacé d'asphyxie économique et il faut la mobilisation d'une partie de la profession pour qu'il soit achevé et sorte finalement en salle en 1991. Si la presse accueille favorablement cette ode lyrique dédiée à l'amour fou entre deux clochards magnifiques, le public boude et le film est un grave échec financier dont Carax aura du mal à se remettre. Après sa rupture avec Juliette Binoche, il s'enferme dans le silence. En 1994, quand elle reçoit son César pour Trois couleurs : bleu de Krzysztof Kieslowski, Binoche lui demande publiquement de revenir au cinéma : il faudra attendre 1999 pour qu'il tourne à nouveau. Ce sera Pola X, adapté du roman Pierre ou les Ambiguïtés d'Herman Melville. Le film, présenté à Cannes, fait un flop : ni la critique ni le public ne comprennent la violence quasi tellurique qui se dégage de la descente dans les bas-fonds d'un jeune homme de bonne famille tel que mis en scène dans ce film. Carax en proposera une version plus longue pour la télévision sous le titre de l'œuvre originelle. Le réalisateur retourne dans le silence et il faut attendre 2008 pour découvrir son sketch du film collectif Tokyo ! dont Denis Lavant est l'interprète, dans le rôle trash et irrésistible de Monsieur Merde. Ledit Merde se retrouve dans Holy Motors (2012), nouveau long métrage du cinéaste à nouveau présenté à Cannes dont il repart bredouille mais dans l'enthousiasme quasi général de la presse. Centré sur un Denis Lavant qui multiplie les métamorphoses en endossant les identités les plus variées, Holy Motors rappelle l'extraordinaire virtuosité visuelle et narrative de Leos Carax. En 2021, il revient avec Annette (2019), une comédie musicale envoûtante portée par Adam Driver et Marion Cotillard. Ce film, écrit par le groupe Sparks, ouvre le Festival de Cannes et vaut à Carax le prix de la mise en scène. Cette œuvre lyrique et audacieuse confirme son statut de cinéaste culte, capable de réinventer son art tout en restant fidèle à ses obsessions narratives et visuelles. Après le succès critique d’Annette, Carax s’engage dans un projet encore plus intime : C'est pas moi, tourné à l'été 2023 et présenté en sélection Cannes Première en 2024. Ce film-essai autobiographique revisite quarante ans de filmographie du réalisateur tout en interrogeant les grandes étapes de sa vie personnelle et artistique. Denis Lavant, son acteur fétiche, y reprend le rôle de Monsieur Merde dans une exploration libre et fragmentée des thèmes chers au cinéaste, tels que l'identité, la mémoire et les bouleversements politiques contemporains. Bien que court et expérimental, C'est pas moi est salué pour son audace formelle et sa profondeur esthétique.