Mehdi Charef
Personnalité
Réalisateur, scénariste, romancier... : années 1980-2020
Nationalité : Algérie
Naissance : 24/10/1952 - France - Marnia, Oran, Algérie
Identité
Genre : homme
Naturalisation : France
Fonctions : Réalisateur, Scénariste, Acteur, Auteur
Biographie
Formation :
Venu en France à l'âge de sept ans, Mehdi Charef est affûteur dans une usine à Paris de 1970 à 1983, année où il publie Le Thé au harem d'Archi Ahmed au Mercure de France. A la suite de sa rencontre avec Costa-Gavras, il décide de mettre son livre en images.Carrière :
Mehdi Charef, cinéaste des marges et porte-voix des invisibles, a marqué le cinéma français par ses récits humanistes sur l’immigration, l’exclusion et les fractures sociales. Du Thé au harem d’Archimède (1985), manifeste de la génération beur, à Cartouches gauloises (2006), plongée autobiographique dans la guerre d’Algérie, son œuvre dessine une cartographie intime des laissés-pour-compte.
Passé directement de l'usine au cinéma, Mehdi Charef remporte un succès inattendu avec Le Thé au harem d'Archimède (1985). Evitant le misérabilisme, cette œuvre évoque avec sensibilité la vie d'adolescents de banlieue confrontés à la crise économique. Après ce film couvert de récompenses, Mehdi Charef s'efforce de gommer le label imposé de "cinéaste immigré" en construisant une œuvre originale inspirée des marges de la société. Il y réussit avec Miss Mona (1986), nouvelle chronique du désespoir des villes rehaussée par une étonnante performance de Jean Carmet en vieux travesti. Camomille (1987) confirme le talent de cet auteur, qui parvient à émouvoir en dépit d'une matière hautement mélodramatique. Au pays des Juliets (1991), raconte l'histoire de trois femmes qui sortent de prison pour une permission de 24 heures. Trois cabossées de la vie, trois solitaires qui deviennent solidaires. Portrait de femme mené de main de maître Marie-Line (1999), incarnée par une remarquable Muriel Robin, aborde le racisme, la galère des sans-papiers, et le harcèlement des petits chefs. Avec ce film, Mehdi Charef jette un regard sombre sur la société, sur cette France moyenne, qui est résignée et médiocre par dépit. Avec La Fille de Keltoum (2001), il revient dans son pays d'origine pour rendre hommage aux Algériennes. Un hymne à la femme dans ce monde où les hommes ont tous les droits et les femmes aucun. En 2005, il participe à la réalisation d'un projet associant plusieurs réalisateurs (Spike Lee, Ridley Scott, John Woo, Jordan Scott, Emir Kusturica, Katia Lund, Stefano Veneruso) All the invisible children, un film qui parle du destin d'enfants issus des quatre coins du monde. Mehdi Charef revisite son passé dans Cartouches gauloises (2006), en évoquant une blessure non encore cicatrisée, la guerre d'Algérie et son arrachement à la terre de ses ancêtres. Le réalisateur, brosse le portrait de l'Algérie, dans les mois qui précèdent son indépendance, à travers le regard d'un tout jeune adolescent, Ali, un vendeur de journaux. Mehdi Charef, qui, à l'âge d’Ali, a vécu ces temps-là, portait en lui ce film depuis longtemps. Grâce à une galerie de personnages imposants de justesse (du soldat français au harki en passant par le fellagha, le chef de gare, la prostituée), il révèle ici un peu de son histoire personnelle en même temps qu'un pan de notre histoire collective.