Mario Martone
Personnalité
Réalisateur, scénariste, dir. de production... : 1980-2020
Nationalité : Italie
Naissance : 20/11/1959 - Italie - Naples
Identité
Genre : homme
Fonctions : Réalisateur, Scénariste, Auteur
Biographie
Formation :
Mario Martone fait ses premiers pas à dix-sept ans, dans des petits théâtres off , où se joue un théâtre de la contamination, comme il le précise lui-même, un théâtre dans lequel se mélangent jeu théâtral, cinéma, danse, et image.Carrière :
Mario Martone, figure majeure du cinéma italien contemporain, est un cinéaste de l’âme napolitaine, dont l’œuvre, entre tragédie et poésie, explore sans relâche les fractures de l’histoire et de l’intime. Ses films, souvent primés à Cannes ou Venise, mêlent une esthétique sombre et une profondeur historique, faisant de lui l’un des réalisateurs les plus engagés de sa génération.
Mario Martone est un homme fidèle : fidèle à sa troupe de théâtre, qu'il entraîne dans l'aventure du cinéma ; fidèle à sa ville natale, Naples. En 1992, il présente au Festival de Venise Mort d'un mathématicien napolitain. Ce premier film, consacré au mathématicien Renato Caccioppoli, un enfant de Naples qui s'est donné la mort l'année de la naissance du réalisateur, remporte le prix spécial du jury. Mario Martone y développe une esthétique inquiétante et un certain goût pour le tragique. Il dit lui-même de Naples qu'il est tragique, très loin du folklore que les étrangers imaginent. Cette ville est le théâtre d'un conflit entre les traditions et la modernité qui voudrait tout uniformiser. En 1994, il filme Rasoi, un spectacle qu'il avait mis en scène avec sa troupe Teatra Uniti. Plusieurs monologues inquiétants racontent les drames quotidiens qui se jouent dans la grande ville. C'est à nouveau Naples qu'il filme dans Amour meurtri (1995), un thriller familial plein de désespoir et de tristesse. Comme dans son premier film, l'image du suicide est présente. A travers le parcours en labyrinthe d'une femme qui se remémore le suicide de sa mère, Martone confirme son talent dramatique. Il tourne ensuite Una storia Saharawi (1996) et La Salita, un sketch dans le film Vesuviani (1997). Avec Teatro di guerra (1997), il renoue avec le théâtre et la ville de son enfance : un jeune acteur commence à Naples les répétitions d'un spectacle qu'il va monter à Sarajevo, où sévit la guerre. L'ensemble de la filmographie de Mario Martone témoigne d'un souci d'observer et de filmer les fêlures existentielles. Quant aux attaches profondes avec Naples, qu'il revendique dans ses œuvres, elles font de lui un réalisateur très représentatif d'une nouvelle génération de cinéastes italiens, sensibles à l'environnement, à la politique et à l'économie de leur région. En 2003, il réalise Odore del sangue, un drame sombre où Naples est encore le décor d’une histoire de trahison et de violence, sélectionné à Cannes. En 2009, Noi credevamo marque un tournant : cette fresque historique sur le Risorgimento italien, primée aux David di Donatello, confirme son ambition de mêler intimité et grande Histoire. En 2017, Capri-Révolution plonge dans l’utopie d’une communauté d’artistes et de marginaux sur l’île de Capri au début du XXe siècle, mêlant poésie et révolte. En 2021, Qui rido io (inédit) explore la vie du dramaturge Eduardo Scarpetta, entre génie et tourments, avec une nouvelle fois Naples comme personnage central. En 2021, Nostalgie remporte le Nastro d’Argento du meilleur réalisateur et est sélectionné en compétition à Cannes, confirmant son statut de cinéaste majeur. Enfin, en 2025, Fuori est présenté en compétition au Festival de Cannes : inspiré de l’expérience carcérale de l’écrivaine Goliarda Sapienza, le film dépeint avec justesse la quête de liberté et les fêlures de l’âme, toujours ancré dans une Italie tourmentée.