Mira Nair
Personnalité
Réalisatrice, productrice, interprète... : années 1980-2020
Nationalité : Inde
Naissance : 15/10/1957 - Inde - Rourkela, Orissa
Identité
Genre : femme
Fonctions : Réalisateur, Acteur, Scénariste, Producteur
Biographie
Formation :
Après avoir grandi en Inde et étudié à l'université de New Delhi, Mira Nair poursuit son cursus à Harvard, où elle obtient un diplôme de sociologie en 1979. Tout juste sortie des bancs de la faculté, elle fait ses premières armes au cinéma en travaillant avec trois documentaristes connus : Alfred Guzzeti, Richard Leacock et D.A. Pennebaker. En sept ans, elle réalise quatre documentaires, sur la culture, les traditions de l'Inde et leur impact sur la vie des gens ordinaires salués par la critique (Jama Masjid street journal , 1979 ; So far from India , 1982 ; India Cabaret , 1985 ; Children of desired sex , 1986).Carrière :
Mira Nair, figure majeure du cinéma indépendant, est une conteuse inlassable des marges et des métissages, dont les films — souvent primés — explorent avec humanisme les tensions entre tradition et modernité, entre ici et ailleurs. Son œuvre, à la fois intime et universelle, a marqué le paysage cinématographique par son engagement et sa capacité à donner voix aux invisibles.
Révélée par son premier film, Salaam Bombay (1988), qui remporte vingt-trois prix internationaux, incluant la Caméra d'Or et le prix du public au Festival de Cannes de 1989. Cinéaste engagée, elle annonce la couleur avec cette fiction ancrée dans la réalité indienne : elle y raconte l'instinct de survie qui anime les enfants des rues de Bombay. Explorant les thèmes sociaux et sociologiques, elle poursuit sur sa lancée avec Mississipi Masala (1991), qui traite du déracinement et du racisme. Mais l'histoire d'amour impossible entre un Noir du Sud profond et une jeune Indienne dont la famille a dû s'exiler d'Ouganda n'attire pas les foules. The Perez Family (1995), est une tragi-comédie sur les Cubains qui quittent leur île pour Miami en 1980. Attachée à son indépendance, persuadée que "le cinéma peut être à la fois personnel et populaire", la réalisatrice renoue avec son Inde natale pour les besoins du film Kama Sutra (1996). Elle y relate la légende de Maya et Tara, deux amies qui, dans l'Inde du XVIe siècle, se déchirent sur fond de jalousie et de conflit de castes. En 2000, elle retrouve le documentaire avec The Laughing Club of India. Ce film explore la puissance du rire par le phénomène étrangement populaire des "Laughing Clubs" à Bombay. Le Mariage des moussons (2001), qui raconte les préparatifs d'un mariage traditionnel indien Pendjabi tournant au drame obtient le Lion d'or au festival de Venise. Elle participe en compagnie d'autres réalisateurs (S. Penn, A. Gitaï, I. Ouedraogo, Y. Chahine, K. Loach...) au projet collectif September 11, en réaction aux attentats du 11 septembre aux USA. Dans Vanity fair (2003), elle montre une jeune femme aux origines modestes qui souhaite se faire une place au sein de la haute société londonienne. Un nom pour un autre (2005), adapté du best-seller de Jhumpa Lahiri, est une chronique familiale sur plusieurs années se déroulant entre Calcutta et New York. La réalisatrice traite du déracinement, de la transmission héréditaire et culturelle des parents, et de la difficulté de vivre entre deux cultures. Elle tourne en 2009 Amelia, avec Hilary Swank, Richard Gere et Erwan McGregor. Le film retrace la vie d'Amelia Earhart, pionnière de l'aviation, disparue dans le Pacifique en 1937 alors qu'elle tentait de faire le tour du monde en solitaire. Présenté à la Mostra de Venise 2012, The Reluctant Fundamentalist (VOD, 2011), tiré d'un roman de Mohsin Hamid, traite d'un sujet d'actualité, l'intégrisme sous toutes ses formes, à travers l'histoire d'un jeune Pakistanais diplômé d'Harvard, consultant à Wall Street, qui est tiraillé entre son rêve américain et ses racines pakistanaises. En 2016, Mira Nair réalise Queen of Katwe (VOD), inspiré de l’histoire vraie de Phiona Mutesi, une jeune Ougandaise des bidonvilles devenue championne d’échecs. Le film, tourné en Ouganda et en Afrique du Sud, met en lumière la résilience et l’émancipation par l’éducation, thèmes chers à la cinéaste. Porté par Lupita Nyong’o et David Oyelowo, il est salué pour son humanisme et sa capacité à rendre accessible une histoire africaine au public international. Depuis 2020, Mira Nair se concentre sur la réalisation de séries tv.