Samira Makhmalbaf

Personnalité

Réalisatrice, scénariste, ass. réalisateur... : années 1990-2000

Nationalité :  Iran

Naissance :  15/02/1980 - Iran - Téhéran

Identité

Genre : femme

Fonctions : Réalisateur, Acteur, Scénariste

Biographie

Formation :

A peine âgée de huit ans, Samira tient un petit rôle dans le film de son père, Mohsen Makhmalbaf, Le Cycliste (1988). A partir de 1994, elle suit un cursus cinématographique de trois ans dans une école privée. Elle réalise deux courts métrages en vidéo, la fiction Désert et le documentaire Ecoles de peinture . A dix-sept ans, elle assiste son père pour la réalisation du film Silence (1997).

Carrière :

Samira Makhmalbaf, figure emblématique du cinéma iranien, incarne depuis l’adolescence la révolte et la poésie d’une génération de femmes qui, caméra à la main, défient la censure et redéfinissent les frontières de la liberté. Ses films, primés à Cannes, Venise et Rome, sont des cris d’espoir et de résistance, où l’Iran et l’Afghanistan deviennent des décors à la fois brutaux et lyriques.
Samira Makhmalbaf incarne la volonté d'émancipation féminine en Iran : dans un pays étouffé par la censure, cette jeune réalisatrice décide de passer outre le code social et réalise, à dix-huit ans, son premier long métrage, La Pomme (1997), symbole de la vie et de la connaissance dans la poésie iranienne. Inspirée d'un fait réel, l'histoire décrit le parcours de deux jeunes Iraniennes qui, cloîtrées chez elles jusqu'à l'adolescence, se confrontent pour la première fois au monde extérieur, à Téhéran. Les principaux festivals européens accordent une mention spéciale à ce regard détonant porté sur la société iranienne. Après cette entrée fracassante, Samira Makhmalbaf se fait "les muscles, pour être une bonne guerrière [...] de l'amour, en lutte contre la peur de parler" (in Télérama, 24 mai 2000). C'est avec succès qu'elle fait abstraction de ses craintes dans Le Tableau noir (1999) : elle y montre l'errance des réfugiés dans les montagnes du Kurdistan. L'évocation de la situation des Kurdes, hantés par le gazage de leur région, émeut Cannes, qui consacre cette brillante réalisatrice en lui décernant le Prix spécial du jury. Après Le Tableau noir, la réalisatrice poursuit son exploration des frontières de la liberté et de la résistance, toujours ancrée dans les réalités sociales et politiques de l’Iran et de l’Afghanistan. En 2002, elle réalise À cinq heures de l’après-midi, tourné en Afghanistan après la chute des talibans. Le film suit une jeune fille qui, dans un Kaboul en ruines, rêve de devenir présidente de la République. Ce récit poétique et politique, où l’espoir se heurte à la réalité, est salué pour son audace et sa tendresse, confirmant la place de Makhmalbaf comme voix majeure du cinéma engagé. En 2008, elle signe L’Enfant-cheval, une fable sombre et onirique sur la condition des enfants afghans, exploités et abandonnés. Le film, tourné dans les rues de Kaboul, mêle réalisme et symbolisme, et remporte plusieurs distinctions internationales, dont le Prix spécial du jury au Festival de Rome. Makhmalbaf y dépeint une société en crise, où l’innocence est piétinée, mais où persiste une lueur de résistance. Depuis, Samira Makhmalbaf s’est faite plus discrète, mais son influence reste intacte. Elle continue de défendre un cinéma qui, malgré la censure et l’exil forcé de nombreux artistes iraniens, porte la parole des sans-voix. Ses films, tournés entre l’Iran, l’Afghanistan et l’Europe, restent des témoignages précieux d’une région où l’art est un acte de résistance.

Filmographie

Longs métrages

Réalisation

Scénariste

Bibliographie éditoriale

  • Périodique : Sight and Sound, vol. 11 n° 1, janvier 2001.
  • Périodique : Sight and Sound, vol. 12 n° 1, janvier 2002.
  • Périodique : Sight and Sound, vol. 9 n° 1, janvier 1999.
  • Site Internet : Makhmalbaf Film House : site consacré à la famille Makhmalbaf (bio, filmo, articles, interviews, photos, récompenses, scripts, news...)

Collections liées