Sofia Coppola
Personnalité
Réalisatrice, scénariste, interprète... : années 1970-2020
Nationalité : Etats-Unis
Naissance : 14/05/1971 - Etats-Unis - New York, New York
Identité
Genre : femme
Pseudonyme(s) :
- Domino
État civil :
- Sofia Carmina Coppola
Fonctions : Réalisateur, Acteur, Scénariste, Producteur, Créateur des costumes, Directeur de la photographie/Chef opérateur, Auteur, Photographe
Biographie
Formation :
L'apprentissage du cinéma, Sofia Coppola le fait bien sûr au sein de sa famille. Ses premiers souvenirs d'enfance remontent au tournage d'Apocalypse now , que réalise son père. Alors qu'elle n'a pas un an on la voit dans la scène du baptême du Parrain (1971). La jeune Sofia fait ensuite quelques apparitions dans les films paternels. Puis la jeune femme débute des études d'arts plastiques, et travaille dans la mode. En 1998, elle s'essaie à la réalisation avec le court métrage Lick the star .Carrière :
Sofia Coppola, reine des ambiances oniriques et des héroïnes en cage dorée, a imposé un cinéma de la mélancolie féminine couronné par le Lion d’or (Somewhere) et une influence esthétique indéniable. De Virgin Suicides à Priscilla, son œuvre explore l’adolescence meurtrie, l’emprise des conventions et la solitude des icônes à travers une mise en scène hypnotique.
La même année Sofia Coppola s'attaque à la réalisation d'un long métrage, le très esthétique et très abouti Virgin Suicides (1998). Ce premier essai est transformé : le film est sélectionné au festival de Cannes pour la Quinzaine des réalisateurs. Adapté du roman éponyme de Jeffrey Eugenides, le film montre un réel talent de mise en scène et de direction d'acteurs, en évitant tous les pièges et poncifs des "teen-movies". Sofia Coppola plonge dans l'intimité de la famille Lisbon, dans les années 70, entre des parents répressifs et puritains et leurs cinq filles mystérieuses et séduisantes qui finissent par se donner la mort. Son ambiance pesante, mortifère et fascinante, au son d'une BO très "french touch", fait contempler la fragilité adolescente, le poids des conventions et la solitude des êtres. Une solitude dont la thématique est poussée à l'extrême dans le deuxième long métrage de Sofia Coppola : Lost in translation (2003), ou l'histoire d'une rencontre improbable entre deux Américains à Tokyo, un acteur de cinquante ans un peu déboussolé et une jeune mariée qui a suivi son mari photographe. Les deux vont apprendre à se connaître le temps de quelques jours ; Bill Murray et Scarlett Johansson portent un film en apesanteur, comme hors du temps, où le focus d'une rencontre brise l'anonymat et le vide des vies occidentales. Le film est un succès, il fait de Sofia Coppola l'un des espoirs les plus prometteurs d'une nouvelle génération de réalisateurs américains, et lui vaut une palette de récompenses. Deux ans plus tard, en 2005, Sofia Coppola met largement à contribution le cocktail de ses influences rock dans le sulfureux et bouillonnant Marie-Antoinette ; le regard iconoclaste qu'elle jette sur le mythe français suscite la controverse. Sa Marie-Antoinette, haute en couleurs, légère et romanesque, son Versailles qui danse sur une BO pop-rock, font de ce film un ovni mais qui sera bien reçu et lance même une "Marie-Antoinette mania". Après ce film à gros budget et grand spectacle, la réalisatrice change d'univers et choisit à nouveau de surprendre de façon minimaliste une impression, une atmosphère plutôt qu'une histoire : celle du Los Angeles où les stars traînent leur ennui. On y rencontre une star en perte de popularité, qui reçoit la visite de sa fille de 11 ans ; la plus immature de deux figures n'est pas celle que l'on croit, et le père pourrait bien comprendre la vacuité de son existence aux côtés de cette petite fille sérieuse dont on devine qu'elle pourrait peut-être être une évocation de la jeune Sofia... Somewhere (2009), qui est un exercice de style par sa lenteur et ses plan fixes, reçoit le Lion d'Or à Venise. En 2012, The Bling Ring dépeint avec une ironie mordante la fascination malsaine pour le luxe à travers le fait-divers réel d’une bande d’adolescents pillant les domiciles de célébrités. Le film, tourné dans un style clinique et distant, interroge l’obsession des réseaux sociaux et la vacuité de la célébrité. En 2016, Les Proies marque un virage vers le gothique sudiste : adapté du roman de Thomas Cullinan, ce thriller psychologique aux ambiances étouffantes, primé pour sa mise en scène à Cannes, explore les jeux de pouvoir et le désir réprimé dans un pensionnat de jeunes filles durant la Guerre de Sécession. Avec On the Rocks (2020, VOD), Coppola renoue avec une comédie légère et mélancolique sur les relations père-fille, portée par Bill Murray et Rashida Jones, tout en questionnant les illusions du couple moderne. En 2023, Priscilla adapte les mémoires de Priscilla Presley, offrant un contrepoint intimiste au mythe d’Elvis en se concentrant sur le regard d’une adolescente écrasée par l’emprise d’une icône. Tourné dans des tonalités pastel et une esthétique feutrée, le film confirme son talent pour saisir la complexité des silences féminins.