Sans doute sont-ce les deux images de son père et de sa mère qui marquèrent la jeunesse de Winston Churchill : Lord Randolph, membre influent du Parti Conservateur, homme sévère que Winston admirait sans oser lui manifester son affection, mourut jeune. Lady Jennie demeura longtemps pour l'enfant, puis l'adolescent, l'image d'une femme belle, charmante, gracieuse, qu'il lui fallait aimer de loin. Les années scolaires puis universitaires péniblement achevées, Winston, en qui son père ne découvrait pas toutes les qualités espérées, entra difficilement à l'�0cole Militaire. Ambitieux, un rien arriviste, il se distingua aux Indes, puis au Soudan, tant par sa bravoure que par ses écrits impertinents qui hérissaient le Haut Commandement Militaire. Son père, décédé depuis quelque temps, Winston démissionna de l'armée et visa la deputation, en vain. Sa seconde tentative fut couronnée de succès. Il est vrai qu'entre temps la gloire l'avait saisi, après son homérique évasion d'Afrique du Sud, lors de la guerre des Boers. Député à 25 ans, conservateur aux idées libérales, Winston Churchill allait reprendre et imposer les théories qui avaient ruiné autrefois la carrière politique de son père. Il songeait aussi à se marier avec la bénédiction attendrie de sa mère. Ses jeunes années se terminaient.