Anthony Hopkins
Personnalité
Interprète, réalisateur, producteur, compositeur... : 1960-2020
Nationalité : Royaume-Uni
Naissance : 31/12/1937 - Royaume-Uni - Margam, West Glamorgan, Pays-de-Galles
Identité
Genre : homme
Naturalisation : Etats-Unis
État civil :
- Philip Anthony Hopkins
Fonctions : Réalisateur, Acteur, Voix (doublage), Scénariste, Producteur exécutif, Compositeur de la musique originale, Rédacteur
Biographie
Formation :
Déjà doué pour le mime dans son enfance, Anthony Hopkins obtient à dix-sept ans une bourse pour le Welsh College of Music and Drama de Cardiff. En 1960, il est assistant-régisseur au Manchester Library Theater, puis est admis à la Royal Academy of Dramatic Art. Il travaille avec des troupes de province avant de rejoindre à Londres, en 1965, la compagnie de Laurence Olivier.Carrière :
Monstre sacré du cinéma international et incarnation inoubliable du docteur Hannibal Lecter dans Le Silence des agneaux, Anthony Hopkins s’impose par l’intensité dramatique de son jeu et la profondeur de ses rôles, de l’horreur au drame en passant par le film d’auteur. Couronné par deux Oscars et célébré pour sa longévité exceptionnelle, il reste l’un des acteurs contemporains les plus respectés et caméléons du septième art.
Acteur de théâtre chevronné, Anthony Hopkins doit attendre une dizaine d'années avant de se faire un nom au cinéma, malgré une interprétation intéressante de Richard Cœur de Lion en 1968 dans Le lion en hiver de Anthony Harvey. Il obtient de bons rôles sous la direction de Richard Attenborough (Un pont trop loin, 1976 ; Magic, 1978) et de Robert Wise (Audrey Rose, 1977), et doit un début de célébrité à son émouvante création de médecin dans Elephant man (David Lynch, 1979). Installé à Los Angeles, il devient une star "versatile", dont les rôles brillent par leur intensité dramatique. Hopkins incarne un capitaine Bligh autoritaire et positif dans Le Bounty (Roger Donaldson, 1983) avant de triompher dans Le silence des agneaux (Jonathan Demme, 1990). Son interprétation terrifiante d'Hannibal Lecter, psychiatre devenu tueur cannibale supérieurement intelligent, lui vaut de figurer désormais au rang des stars mythiques hollywoodiennes. Il déploie un registre plus délicat dans l'univers de James Ivory (Retour à Howards End, 1991 ; Les vestiges du jour, 1992), où il incarne des personnages secs et tourmentés. Sa carrière atteint un nouveau sommet avec le rôle-titre de Nixon (Oliver Stone, 1995). Sa maîtrise d'une interprétation très complexe atteint un niveau que bien peu de ses pairs peut égaler : il est devenu un monstre sacré et presque tous les films dans lesquels l'acteur apparaît sont des "cartons" en salles. Depuis son rôle d'Hannibal, l'acteur semble affectionner les opus fantastiques et horrifiques. Dans Rencontre avec Joe Black (Martin Brest, 1997), il est un richissime homme d'affaires vieillissant qui - avant de faire l'expérience d'une mort prochaine - devra se confronter au monde des vivants. Puis Anthony Hopkins se transforme en "homme-gorille" dans Instinct (John Turteltaub, 1998) : il incarne un primatologue revenu à l'état bestial après un séjour prolongé dans la jungle. Pour le bonheur de tous les amateurs, Hannibal Lecteur reprend du service dans Hannibal (Ridley Scott, 2000) et Le Dragon rouge (Bret Rattner, 2002), Hopkins y est impeccable, avec ce qu'il faut de cynisme et de sadisme. Le thriller de Gregory Hoblit La faille (2006) exploite une nouvelle fois les facettes du jeu de l'acteur, qui excelle à la manipulation du spectateur tout autant que des personnages. Toujours dans le registre fantastique, Hopkins campe un honnête dieu Odin dans la grosse production Thor (Kenneth Branagh, 2010), puis dans la gamme épouvante l'acteur est au casting de Wolfman (Joe Johnston, 2008). Épouvante portée à son paroxysme dans Le Rite (2010), inspiré de personnages et de faits réels, où le réalisateur Mikael Håfström confie à Anthony Hopkins le rôle du Père Lucas, grand exorciste du Vatican... L'acteur s'est également distingué dans des films plus grand public, comme le triomphal Masque de Zorro (Martin Campbell, 1997), qui revisite de façon flamboyante le mythe du justicier masqué ; Hopkins incarne un Don Diego de la Vega vieillissant, passant le flambeau à Antonio Banderas. Depuis les années 2000, l'acteur est à l'affiche de nombreux drames. Dans La couleur du mensonge (Robert Benton, 2002) il apparaît en professeur de lettres à la réputation brisée, manipulé par une passion ravageuse avec une étudiante incarnée par Nicole Kidman. Burt Munro (Roger Donaldson, 2004) relate l'histoire vraie d'une icône néo-zélandaise, celle de ce "papy" qui battit d'innombrables records de vitesse à bord d'engins qu'il bricolait lui-même. Anthony Hopkins se prête à la variation moderne de la pièce de La Ronde d'Arthur Schnitzer dans le film choral 360 de Fernando Meirelles (2011). En 2012, il incarne brillamment Alfred Hitchcock dans le biopic éponyme Hitchcock (Sacha Gervasi), où il offre une performance troublante et fascinante, saluée pour sa capacité à rendre hommage au maître du suspense tout en révélant sa part d’ombre et de vulnérabilité. La même année, il retrouve le rôle d’Odin dans Thor : Le Monde des ténèbres (2012), puis dans Thor : Ragnarok (2016), confortant sa place dans l’univers Marvel avec gravité et bienveillance, devenant une figure paternelle marquante du genre fantastique. S’affirmant comme un caméléon du 7ᵉ art, Hopkins prête ses traits à un tortionnaire nazi dans The Rite (2010) pour une ultime incursion horrifique, puis enchaîne avec des rôles de mentor ou de patriarche dans des productions internationales variées, telles que Noé (2012) de Darren Aronofsky, où, en vieillard visionnaire, il rythme l’épopée biblique d’une humanité à la dérive. Toujours éclectique, il participe à de grandes fresques historiques, à des thrillers, ou à des films d’auteur, où il se permet des jeux d’acteur virtuoses. Mais c’est en 2020 qu’il touche à un nouveau sommet artistique. Dans The Father, adaptation de la pièce de Florian Zeller, Anthony Hopkins livre une prestation bouleversante d’un homme confronté à la perte de mémoire liée à la maladie d’Alzheimer. Sa performance, subtil alliage de fragilité et de dignité, lui vaut l’Oscar du meilleur acteur — un exploit historique à 83 ans — ainsi qu’un second BAFTA. Ce rôle, que la critique élève parmi les plus grands du siècle, atteste une maîtrise sans égale de la nuance émotionnelle. Loin de s’endormir sur ses lauriers, Hopkins multiplie les projets audacieux. Il réunit à nouveau son art au service de Florian Zeller dans Une vie (2023) ou pour le biopic Freud : la dernière confession (Matt Brown, 2024). Il rejoint également des castings prestigieux dans Armageddon Time (2021) de James Gray, fresque familiale poignante où il éclaire l’écran d’une humanité lumineuse.