Matrimonio all'italiana

Film

Mariage à l'italienne

Vittorio De Sica

Année de production :  1964

Pays de production : Italie

Identité

Autres titres :

  • Filumena marturano (Titre de l’œuvre adaptée)
  • Marriage Italian Style (Titre international) (Royaume-Uni)
  • Hochzeit auf Italienisch (Titre international) (République Fédérale d'Allemagne)

Type d'oeuvre : Cinéma

Année de sortie dans le pays d'origine : 1964

Date de sortie en France :

  • 30/12/1964

Numéro RCA / VISA : 28908

Langue : Dialogue : Italien

Description

Résumé

Héritier d'une importante pâtisserie, Domenico Soriano s'est lié avec une prostituée, Filumena, qu'il a connue en 1944. Après lui avoir rendu des visites plus ou moins fréquentes, il a fini par la sortir de sa « maison », puis l'installer chez lui en qualité de gouvernante. Filumena s'est passionnément attachée à Domenico ; mais il a honte de son origine et se refuse à régulariser la situation. Cela dure ainsi pendant vingt ans. Puis Filumena tombe gravement malade. Sur son lit de mort, elle obtient enfin le mariage. Mais elle se relève : ce n'était qu'une ruse. Et elle commence à faire la maîtresse de maison. Domenico n'a pas de peine à faire reconnaître la nullité d'un tel mariage. Filumena lui avoue alors qu'elle avait voulu donner un nom aux trois fils qu'elle élevait clandestinement, et dont l'un est de Domenico. Puis elle le quitte pour aller vivre avec ses enfants. Domenico la recherche alors, afin de savoir lequel des trois est son fils à lui ; mais elle lui met le marché en main : il accepte les trois ou aucun. Furieux, ils en viennent aux mains. et Domenico découvre qu'il aime encore Filumena, bien plus qu'il ne l'avait jamais cru : volontairement cette fois, il l'épouse, adoptant du même coup les trois garçons.

Genre : Fiction

Genre(s) précis :

Forme de l'oeuvre adaptée : Pièce de théâtre

Générique

Réalisation :

Musique :

Équipe technique :

Production - Distribution :

Interprétation :

Informations techniques

Métrage : Long

Durée d'origine : 104

Métrage d'origine : 2780

Couleur/NB : Couleur

Sonore/muet : Sonore

Format d'origine : 35 mm

Dans la presse

Citations

Panorama critique

À sa sortie en France en décembre 1964, le film de Vittorio De Sica fait quasiment l’unanimité contre lui. Mariage à l’italienne fait bien entendu écho au Divorce à l’italienne de Pietro Germi, tourné en 1961. « Encore un titre malhonnête et accrocheur », s’indigne Le Canard enchaîné. « Un titre alléchant qui part sur la lancée de ce grand succès commercial », ironise Henry Chapier dans Combat, qui ajoute : « Entre les deux, il y a tout ce qui sépare la complaisance complice du cinéma polémique ».

FEU VITTORIO DE SICA

« Qui est ce Vittorio De Sica ? » s’interroge Pierre Marcabru dans Arts. « Un vague parent de l’auteur d’Umberto D. (1951) et du Voleur de bicyclette (1947). Une ombre. Un souvenir. » « Ce mariage ressemble hélas à un enterrement », répond Michel Capdenac dans Les Lettres françaises, « Feu Vittorio, avec fleurs et couronnes. Un bel enterrement, en Eastmancolor et à Naples. Il est vrai que De Sica a jeté lui-même depuis longtemps les dernières pelletées de terre sur le cadavre d’un néo-réalisme dont il fut l’un des maîtres les plus prestigieux ».

UNE INFIDÉLITÉ COUPABLE

Que reprochent les critiques à Mariage à l’italienne ? Tout d’abord la trahison de la pièce de théâtre originelle, Filumena marturano d’Eduardo De Filippo (représentée pour la première fois en 1946, elle fut déjà portée à l’écran par son auteur en 1951). « La pièce était une comédie napolitaine, avec tout ce que cela comporte de vigueur nonchalante, d’outrances comiques, mais où perçaient, derrière une fausse joie de vivre, une grande tristesse et une terrible colère », constate L’Humanité. « Une comédie napolitaine », précise Les Lettres françaises, « c’est-à-dire un mélange explosif de truculence et de tendresse, de mélodrame et de folklore, d’amertume dans le vérisme et d’ironie cruelle dans le comique débraillé, bref, un mélange tonique et tonitruant, qui se reconstitue difficilement, à moins d’y mettre du génie, dans le creuset de l’écran ». C’est bien ce qui chagrine Jean Rochereau (La Croix) : « Germi faisait déboucher la comédie burlesque sur le drame, en évitant le piège du mélo. De Sica, lui, se soucie peu d’analyse sociologique et opte pour une sentimentalité excessive ».

LA MISÈRE PITTORESQUE

Mariage à l’italienne se veut une satire sociale qui dénonce l’hypocrisie morale d’une certaine société à travers l’aventure d’une pauvre fille tirée du ruisseau par un bourgeois. « Hélas ! le génie de Vittorio De Sica a cédé la place à toutes les vulgarités », déplore Les Lettres françaises. Et pour L’Humanité, « la vraie misère, le pathétique napolitain, la chaleur populaire, que le cinéma italien sut parfois nous montrer, s’estompent ici, délayés dans des jeux gracieux et de vaines turlupinades ». « Pour De Sica, la misère, c’est le pittoresque, le folklore, le détail qui dépayse », regrette Henry Chapier (Combat), « un monceau de poncifs mélodramatiques qui déferlent en vrac : les enfants naturels, élevés en cachette, les domestiques au grand cœur, les innombrables maîtresses de l’ingrat, de l’égoïste, du fat qu’est ce prototype de petit bourgeois latin. Autant Divorce à l’italienne était une charge, autant le film de De Sica est complaisant, sans velléité de contestation ».

MÉLO FOLKLORIQUE

Pour Les Lettres françaises, « l’histoire est un beau prétexte : on n’y ressent pas la moindre émotion sincère, la moindre authenticité. Du réalisme au rabais, un humour pachydermique ». Télérama s’insurge : « Avec la signature de Vittorio De Sica, on pouvait espérer un film en demi-teinte où l’on aurait retrouvé un peu de l’émotion d’Umberto D. et une pointe du réalisme social du Voleur de bicyclette. C’était méconnaître la nouvelle veine dans laquelle s’est enfermé le réalisateur vieillissant : la farce napolitaine ». Pierre Marcabru, dans Arts, porte l’estocade : « La pièce de théâtre était une pièce mélodramatique, d’un sentimentalisme débordant. De Filippo n’hésitait pas sur les gros effets. C’était du mélo farceur. Le film de De Sica a peur de tout. C’est, au cinéma, ce qu’est un petit commerce le souvenir de Paris : tour Eiffel dorée et Sacré-Cœur en plastique. Tout est en toc, même le Vésuve ».

UNE TRAGI-COMÉDIE RATÉE

Paradoxalement, certains critiques incriminent la fidélité forcée à la pièce de théâtre, aussi bien dans la tonalité que dans la narration. Selon La CroixMariage à l’italienne souffre d’un manque de construction : « au lieu de ces deux maladroits flashbacks (le second donnant la version de la femme), il eût fallu narrer chronologiquement, sous un angle objectif, les faits. De la sorte, les aspects tragi-comiques de la liaison s’estompaient au seul profit d’un drame : celui d’une femme au grand cœur, victime de l’égoïsme masculin ». Le journal poursuit : « De Sica n’avait en fait nullement l’intention de faire rire. Pourquoi, dès lors, avoir choisi ce mode de narration contraire à ses desseins ? Mais par fidélité à De Filippo, dont la verve napolitaine masquait constamment la gravité du propos. Pourtant, Mariage à l’italienne est un drame. Propice à l’émotion, non au divertissement ».

LES ACTEURS SAUVENT LA MISE

Pour la critique, si le film ne sombre pas totalement, c’est grâce aux acteurs principaux, Marcello Mastroianni, « irrésistible de drôlerie » (L’Aurore), mais surtout Sophia Loren, « qui nous donne ici un véritable festival de son registre varié, du mauvais goût outrancier, volontaire, aux prouesses audacieuses et truculentes » (L’Humanité). Le journal regrette toutefois « ce feu d’artifice qui finit par nous aveugler et escamote quelque peu la signification réelle du personnage : Filumena, victime d’un certain système social qui fait d’elle une marchandise, est bien plus humaine dans sa fourberie apparente que tous ceux qui l’entourent et particulièrement son faux bienfaiteur ». Pour L’Aurore, « Sophia, toute en couleurs et palpitations de narines, est une canaille de toute beauté ». Quant à Marcello Mastroianni, Combat le trouve déjà moins convaincant, « comme conscient d’avoir manqué le pastiche d’un autre de ses personnages » (il avait joué un rôle comparable dans le film de Pietro Germi, Divorce à l’italienne). Ainsi, « les rares moments d’émotion de Mariage à l’italienne, c’est à Sophia Loren qu’on les doit, à son talent de comédienne, à son intelligence, à sa présence », conclut le journal.

(Véronique Doduik)

Récompenses et nominations

  • 1965 - Meilleur film étranger - Golden Globes - Obtenu

Bibliographie éditoriale

  • Périodique : Cinema n° 94, mars 1965
  • Périodique : Image et Son - La Revue du Cinema n° Saison 67, fiche Saison cinématographique, septembre 1967

Versions du film

Type de version :

  • Version étrangère / Version doublée - Mariage à l'italienne - Français
  • Version sous-titrée - Matrimonio all'italiana - Français
  • Restauration/Sauvegarde - Matrimonio all'italiana

Consultation

Lieux de consultation du film et conditions d'accès :

  • La Cinémathèque de Toulouse (Centre Balma) - Sur rendez-vous
  • CNC (Bois d'Arcy) - Sur rendez-vous
  • La Cinémathèque française (Bibliothèque) - Accès libre