Le Tourbillon de Paris

Film

Julien Duvivier

Année de production :  1927

Pays de production : France

Identité

Autres titres :

  • La Sarrazine (Titre de l’œuvre adaptée) (France)

Type d'oeuvre : Cinéma

Année de sortie dans le pays d'origine : 1928

Date de sortie en France :

  • 30/03/1928

Numéro RCA / VISA : 158098

Société(s) de production :

Description

Résumé

En hiver, quelque part dans les montagnes alpines, lord Abenston s'efforce de rejoindre le petit village de Tignes, bloqué par les neiges. Il patiente dans l'auberge de Séez, plus bas dans la vallée, où il rencontre Jean Chaluste. Tous deux semblent anxieux du sort d'Amiscia Negreste, une comédienne qui a mystérieusement disparu. Chaluste décide de partir à pied, malgré la tempête de neige. Il s'égare, puis est recueilli par une famille de montagnards. Au matin, lord Abenston part à son tour avec le ravitaillement. Il arrive à Tignes, et retrouve la maison de la mère d'Amiscia, " la Sarrazine ". Abenston retrouve Amiscia, son ex-femme, qui ne semble guère heureuse de le revoir. Abenston veut partir, mais la Sarrazine le retient. Trois ans plus tôt, lord Abenston et Amiscia se sont séparés, lui ne voulant pas qu'elle continue à jouer au théâtre une fois mariée, elle n'étant pas prête à renoncer à sa gloire. Abenston ne comprend pas pourquoi, après avoir renoncé à lui, Amiscia a aussi renoncé au théâtre. Elle lui apprend qu'elle a eu peur de vieillir, il la rassure sur sa séduction, ils tombent dans les bras l'un de l'autre. Amiscia est prête, désormais, à retourner vivre en �0cosse dans le château de son mari, encouragée en cela par sa mère. Ils partent précipitamment, juste au moment où Chaluste arrive à son tour à Tignes. Le couple fait halte à Paris avant de partir définitivement pour l'�0cosse. Dans un restaurant à la mode, Amiscia retrouve le journaliste Faverger, et toute une troupe d'admirateurs. Elle accepte de chanter, et fait un triomphe. Tous la pressent de retourner sur scène, Chaluste notamment. Amiscia apprend à lord Abenston qu'elle veut reprendre le théâtre et habiter à nouveau à Paris. Celui-ci, inflexible, lui demande de choisir entre sa carrière et lui. Elle le quitte. Amiscia retrouve le plaisir de fêtes échevelées dans son hôtel particulier. Chaluste reste son soupirant le plus tenace, mais Faverger lui fait des avances qu'elle repousse avec moquerie. Il promet de se venger. Lors d'une de ces réceptions, lord Abenston, en cachette d'Amiscia, demande et obtient l'aide de Chaluste pour obliger Amiscia à renoncer au théâtre. Amiscia monte à nouveau sur scène. Une cabale anonyme lui fait perdre ses moyens. ì l'entracte, Faverger vient la narguer, et Chaluste veut l'obliger à renoncer au théâtre. Mais un anonyme l'assure de sa confiance, elle se ressaisit et finit par retourner la foule hostile. Elle fait un nouveau triomphe. Plus tard, dans sa loge, Chaluste lui avoue que, sur le conseil de lord Abenston, il a contribué à l'organisation de la cabale pour lui faire comprendre la vanité de la gloire de théâtre. Elle décide de retourner en �0cosse, auprès de son mari.

Genre : Fiction

Genre(s) précis :

Lieu(x) de tournage : Montroc

Générique

Réalisation :

Écriture :

Équipe technique :

Production - Distribution :

Interprétation :

Informations techniques

Métrage : Long

Couleur/NB : Noir et blanc

Sonore/muet : Muet

Format d'origine : 35 mm (1,33)

Dans la presse

Panorama critique

A film froid, critique distante. Peu sont ceux qui font preuve, à l'égard du Tourbillon de Paris, d'un enthousiasme spontané, à l'image de Cinémagazine : « Tous les effets qu'il [Duvivier] a si soigneusement réussis viennent à bon escient à l'encontre de maints films où tant de surimpressions de flous, de montages courts n'ont aucune raison d'être, toutes les recherches de techniques viennent à point, sont justifiées par les besoins de l'action… Jamais ces effets ne fatiguent. Ils sont là pour aider à la compréhension de l'action, pour nous faire mieux pénétrer l'âme des personnages… Le scénario est attachant, vraisemblable et solidement charpenté. L'action se déroule dans des cadres toujours superbes : décors naturels grandioses, intérieurs luxueusement composés. Le réalisateur a employé toutes les ressources de la technique moderne, mais à bon escient. Il a joué sur toutes les cordes pour composer une symphonie visuelle profondément émouvante ». Le Cinéopse est plus impliqué : « Il faut voir l'ensemble des difficultés vaincues, et ne pas craindre de dire qu'au total, Le tourbillon de Paris est un film admirable… Elle [L. Dagover] ne sera pas moins remarquable et magnifique quand une cabale montée contre elle l'empêchera de jouer. Les scènes hallucinantes dans sa loge, et celles plus vives encore où, devant le public, nous la voyons perdue, affolée dans sa sensation d'être noyée, où nous saisissons comme matériellement s'assimiler la foule aveugle au flot de la marée envahissante et impitoyable, sont d'une beauté ignorée avant le cinéma, et qu'on n'atteint que bien rarement encore… La chanson filmée… est à elle seule une manière de chef-d'œuvre, tant il paraît sur l'écran de choses ensemble. Ici, les images ne sont pas en succession, comme il paraît fatal, il y a une évocation multiple et simultanée qui est d'une merveilleuse richesse ». Ciné pour tous ne peut, quant à lui, que constater que la réserve du propos est servie par une réalisation impeccable : « Les décors délicatement stylisés, les éclairages harmonieux, la photo savante et subtile, font de ce film une véritable œuvre d'art à laquelle on pourrait seulement reprocher quelques réminiscences techniques trop précises ». Et l'on est presque rasséréné de lire les critiques plutôt coriaces de ceux qui s'attachent, avec acharnement, à la psychologie de l'héroïne, témoin L'œuvre : « Si la belle cantatrice… ne nous émeut pas, c'est que sa conduite est celle d'une déséquilibrée et que, dès le début, nous nous demandons pourquoi son mari ne l'a pas faite soigner… [Sur la fin] Le film a beau se terminer là, il est probable que Lady Abenston redeviendra chanteuse ou retournera dans la neige ou fera autre chose, si un bon psychiatre ne lui donne pas des soins énergiques… À deux reprises, nous sommes censés entendre un chant et, la première fois, une artiste a véritablement chanté, ce qui a rabaissé une scène d'évocations. La seconde fois, au contraire, quand Mme L. Dagover, après une souffrance atroce, se relève et chante devant une salle enthousiaste, l'image seule disait ce chant et était de beaucoup supérieure ». Et L'écho de Paris, lui aussi, sanctionne Duvivier le virtuose : « Il reste peu de choses à l'écran des pages pénétrantes où la romancière analysait la psychologie de ses personnages. Le metteur en scène… s'est surtout efforcé de réaliser des tableaux à effet. Le voyage du lord dans les neiges savoyardes est, par exemple, intéressant comme un documentaire… Le metteur en scène, tout au long de ce film, abuse d'ailleurs un peu des effets de technique pure ». Si la postérité critique du film est rare, Alain Masson lui consacre, dans Positif, quelques pénétrantes lignes : « Dans ce film, la bizarrerie devient maniaque. Un art maniériste loge exactement un flash-back dans le cadre formé par les deux personnages qui s'y remémorent leur passé. Lorsque l'héroïne chante Les Berceaux de Fauré, l'exactitude des superpositions contredit l'usage de l'époque : s'il prétend manifester visuellement la pensée, Duvivier ne poursuit pas la chimère d'une grande image plus suggestive que les objets qu'elle mêle. Loin d'exprimer un psychisme plus profond que la conscience, il figure des conceptions claires. Où est le pessimisme ? La rage devant l'incarnation et la sensibilité ? Mais l'individualisation la plus audacieuse de l'instant, la voici : repoussant un lovelace, la chanteuse voit émerger d'un rideau qui se déroule sans raison le sincère Jean. Il s'avance, tandis que le rideau s'écarte, découvrant à nouveau le séducteur. Décors, orientation, lieux : cette stupéfiante mise en scène se moque de tout cela. Elle ne peint pas la vision de l'héroïne ; elle déforme en transport romanesque une anecdote de salon. Rideaux et miroirs, fenêtres et encadrements apparaissent dans tous ces films comme des moyens de traduire la subjectivité la plus âpre en un mouvement d'humanité passionnée ».

(Yves Desrichard, 2001)

Bibliographie éditoriale

  • Ouvrage : ACREMANT (Germaine). - La Sarrazine ou Le tourbillon de Paris. - Plon, 1926.
  • Périodique : ACREMANT (Germaine), Le tourbillon de Paris... raconté par Germaine Acremant, Pour vous, n°4.
  • Périodique : Cinéa-Ciné pour tous, n° 108, 01/05/1928.
  • Périodique : Cinémagazine, n° 14, 06/04/1928.
  • Périodique : Ciné-miroir, n° 152, 02/03/1928.
  • Périodique : Ciné-miroir, n° 158, 13/04/1928.
  • Périodique : Classic images, n° 116, 02/1985.
  • Périodique : DUPONT (Georges), Cinémagazine, n° 15, 13/04/1928.
  • Périodique : GORDEAUX (Paul), L'écho de Paris, 07/04/1928.
  • Périodique : KOLB (Jean), Mon ciné, n° 316, 08/03/1928.
  • Périodique : Le cinéopse, n° 107, 01/07/1928.
  • Périodique : Mon ciné, n° 328, 31/05/1928.
  • Périodique : PRUDHOMME (Jean), Le matin, 06/04/1928.
  • Périodique : TENEVAIN (A.), Le cinéopse, 01/05/1928.
  • Périodique : VILPREUX (Paule), Le courrier cinématographique, n° 18, 05/05/1928.
  • Périodique : WAHL (Lucien), L'oeuvre, 06/04/1928.