Crépuscule d'épouvante

Film

Henri Étiévant

Année de production :  1921

Pays de production : France

Identité

Type d'oeuvre : Cinéma

Année de sortie dans le pays d'origine : 1921

Date de sortie en France :

  • 22/07/1921

Société(s) de production :

Description

Résumé

Décembre 1909. Guillaume Brohan et Michel Fortin sont des chercheurs d'or dans un désert. Ils s'apprêtent à rentrer en France, et se disputent sous les yeux de Simone Brohan, femme du premier, car Fortin ne veut pas d'un partage en trois parts égales. La nuit, Michel, qui s'apprête à s'enfuir, est surpris par Simone. Il l'étrangle. Guillaume, réveillé, ne peut que constater son décès. Malgré sa douleur, il renonce à tuer Michel, et l'oblige à confesser par écrit son crime. Puis il lui indique que, dans dix ans jour pour jour, il reviendra se venger, où que soit Guillaume à ce moment-là. Plus tard, dans la quiétude de sa maison de province, Michel est aux côtés de sa vieille mère. Il pense à Jacqueline Dubreuil, une jeune et riche orpheline, une amie d'enfance dont il est amoureux. Alors qu'elle accepte sa proposition de mariage, Michel se souvient de la " promesse " faite à Guillaume et hésite à s'engager. Pourtant, sa mère malade lui fait promettre d'épouser Jacqueline. Michel lui apprend l'horrible vérité, et elle en meurt. Huit ans plus tard, marié, devenu riche avec sa part et un héritage inattendu, Michel Fortin est aussi l'auteur célébré du Coeur cristallin
. Il a fait un mariage heureux avec Jacqueline dont il a eu un enfant, mais il reste d'une insondable tristesse. Michel invite à fêter le succès de son dernier livre Zredsky, un louche aventurier qui vit d'expédients. ì la réception, Zredsky se fait pressant avec Jacqueline, mal à l'aise. Michel apprend que Guillaume Brohan fait partie de la liste des victimes de la catastrophe du transatlantique Arizona. Il se sent renaître, mais on découvre bientôt que Brohan n'est pas mort. Les deux hommes se rencontrent " par hasard ", mais Guillaume s'éloigne sans un mot. Michel a désormais un caractère épouvantable. Zredsky profite de la situation auprès de Jacqueline. Michel aperçoit Guillaume qui rôde autour de chez lui. Il hésite à lui tirer dessus, mais y renonce. Il rédige son testament, tandis que Zredsky, " aux abois ", s'efforce d'approcher Brohan. En essayant de cambrioler l'appartement de celui-ci, Zredsky trouve la confession écrite par Michel dix ans plus tôt. Michel a pris la décision de tuer Guillaume, et se confesse enfin à sa femme. Tandis que Michel attend, résolu, Guillaume, Zredsky montre à Jacqueline la confession de son mari. Guillaume s'introduit clandestinement chez les Fortin, tandis que Jacqueline est inquiète de savoir Zredsky en possession du secret de son époux. Elle s'efforce désespérément de lui échapper, au moment même où Guillaume et Michel se retrouvent face à face. Guillaume se jette sur Michel pour l'étrangler, tandis que Jacqueline et Zredsky se battent. Entendant enfin les cris de Jacqueline, Guillaume part à son secours, se bat avec Zredsky et l'assomme. Au moment où l'aventurier s'apprête à poignarder Guillaume, Michel le tue, sauvant ainsi la vie de son ennemi. Michel tend le revolver à Guillaume en lui demandant de le tuer. Celui-ci y renonce et s'en va pour toujours.

Générique

Écriture :

Production - Distribution :

Interprétation :

Informations techniques

Métrage : Long

Dans la presse

Panorama critique

Le critique d’Hebdo-Film avertit d’emblée les spectateurs qui, attirés par un titre plutôt accrocheur, s’attendent avec Crépuscule d’épouvante à un spectacle horrifique : « Je ne voudrais pas que vous croyiez un seul instant que ce film recèle de ces scènes horrifiantes, grand-guignolesques, où le sang coule avec l’impétuosité d’un torrent inondant les infortunés spectateurs de l’orchestre, non, rien de tout cela… mais une action suffisamment dramatique et adroitement charpentée pour nous tenir en haleine depuis le commencement jusqu’à la fin. Nous sommes en présence d’un scénario qui se tient et dont chaque détail, chaque effet, a été mûrement étudié par l’auteur pour obtenir, avec des moyens très simples, un excellent résultat dramatique. Par le seul fait de la limpidité de l’action, le travail du metteur en scène se trouvait donc énormément simplifié, et M. Etiévant l’a si bien compris, qu’il ne s’est borné qu’à situer l’œuvre dans son atmosphère véritable, celle de l’angoisse, de l’épouvante, dont la progression va grandissante [sic] jusqu’au dénouement sans faiblir un seul instant. L’ambiance est créée avec une sobriété remarquable qui donne au drame un saisissant relief, en accuse les lignes principales, tout en enveloppant l’ensemble dans cette crainte de l’heure qui va sonner, amenant avec elle l’implacable arrêt de la justice (…) Dans l’adaptation de cette scène dramatique, tous les effets théâtre ont été soigneusement évités. Aucune situation, aucune scène ne paraît forcée et c’est là un des mérites du film que nous enregistrons bien volontiers… ».

Le Cinéma n’est pas moins dithyrambique : « Le drame est particulièrement passionnant. La mise en scène de M. Etiévant est habile. Enfin l’interprétation de ce film sort nettement de l’ordinaire. Les rôles principaux sont, en effet, confiés à Mme Jeanne Desclos, dont le charme, la beauté, l’élégance et la conscience artistique sont au-dessus de tous les éloges ; à M. Francen qui s’est fait, en deux ans, au théâtre, une place de tout premier ordre, et qui, dans ce film, joue son rôle avec une émotion, avec un naturel qui lui permettent de communiquer intimement avec le spectateur. C’est un grand succès certain ».

Ciné-Journal (dont la critique est il est vrai citée par Pathé Consortium, distributeur du film) n’est pas moins empressé : « Le film met en scène la vie d’angoisse et d’affolement d’un homme qui sait qu’il n’a que dix ans à vivre avant d’expier un crime qu’il a jadis commis. C’est l’épouvantable supplice d’un être humain qui sait qu’il doit mourir à date fixe… et qui vit chaque minute dans l’attente du châtiment. M. Francen est parfait. Il se dégage du jeu de cet artiste une puissance sans égale. C’est un grand acteur. Jeanne Desclos joue avec élégance, charme et séduction. Elle fut ravissante dans les scènes de tendresse et émouvante dans les périodes de violence. »

Enfin, Le Cinéma et L’Écho du cinéma réunis partagent avec équanimité la responsabilité de cette réussite : « Le drame que nous venons de voir sur l’écran est particulièrement angoissant. Le scénario, dû à M. Julien Duvivier, est très solidement charpenté. Les effets dramatiques sont amenés avec maîtrise à leur point culminant. La mise en scène, de M. H. Etiévant, est habile et dénote chez le grand comédien de l’Ambigu d’autrefois des qualités de vérité, de sincérité, qui s’allient remarquablement à ses dons d’artiste ».

(Yves Desrichard, 2001)

Bibliographie éditoriale

  • Périodique : Ciné-journal, n° 618, 18/06/1921.
  • Périodique : Comoedia, n° 3119, 01/07/1921.
  • Périodique : La cinématographie française, n° 137, 18/06/1921.
  • Périodique : La cinématographie française, n° 138, 25/06/1921.
  • Périodique : Le cinéma et l'écho du cinéma réunis, n° 471, 17/06/1921.
  • Périodique : REUSSE (André de), Hebdo-film, n° 25, 18/06/1921.

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