Paris dans les années 30, un jeune couple heureux, André et Lucienne : il est ouvrier typographe, elle est dactylo. Un jour elle entend l'annonce d'un concours de beauté. Elle s'y inscrit à l'insu de son fiancé. Mais lorsqu'elle apprend qu'elle est bien placée, la jeune femme veut renoncer, prévoyant un drame. Trop tard : elle est élue Miss France et doit partir bientôt pour Saint-Sébastien, où va se dérouler le concours pour le titre de Miss Europe. Acclamée à tout rompre, elle triomphe de ses rivales. Et, dans la soirée qui est donnée en son honneur, commence à faire des conquêtes : un riche maharadjah aux yeux noirs, un prince plein de relations. S'apercevant que les attentions de ce dernier sont tout à fait intéressées, elle repart à Paris avec André venu la rejoindre. Le temps passe... Ils vivent ensemble dans un logis misérable, elle a dû dire adieu aux fourrures si gracieusement offertes à Miss Europe, et se contenter de vieux vêtements mal raccommodés. Mais les lettres d'admirateurs continuent à affluer, réclamant des photographies, des autographes. Et, un jour, une visite : le prince arrive en ambassadeur d'une société de production. Miss Europe avait tourné un petit film qui a convaincu les producteurs. On lui propose un rôle. Elle refuse. Va rejoindre son ami à la sortie du journal où il travaille. Un camarade les invite et ils partent tous trois à une fête foraine. Bousculade, promiscuité, amusements grossiers ne sont plus du goût de Lucienne. Elle part dans la nuit, laissant un petit mot d'excuses à André. II guette son arrivée près de la salle de projection. Caché derrière une porte et, pendant la projection, il voit le prince saisir la main de Lucienne. Fou de jalousie, il sort son revolver et tue celle qu'il aime.
Genre :
Fiction
Genre(s) précis :
Drame
Lieu(x) de tournage :
Joinville-le-Pont
Note sur le lieu de tournage :
Bords de la Marne, tout près du Pont de Joinville.
Date de tournage :
28/08/1929
- 27/09/1929
Studio de tournage :
Studios de Joinville
Studio d'enregistrement :
Studios Tobis (Epinay)
Note générale
Le film a été tourné muet et post-synchronisé aux Studios Tobis d'Epinay en 4 langues français, anglais, allemand et italien, ainsi qu'avec des chansons en espagnol comme en témoigne la presse de l'époque ("Hebdo-Film" du 16 novembre 1929, "Le Cinéopse" du 1er décembre 1929, "Cinaedia" du 17 décembre 1929). Il est annoncé comme l'un des premiers film français entièrement parlant et chantant. L'existence d'une copie muette avec intertitres en italien atteste cependant d'une exploitation parallèle du film dans une version muette avec quelques différences de montage.
Initialement, le film devait être réalisé par René Clair, comme en atteste les nombreuses annonces dans la presse de l'époque ("Hebdo-Film" du 30 mars 1929, "La Critique cinématographique du 23 février 1929, etc.). Il n'est crédité que comme auteur de l'idée originale.
Aucun auteur du scénario n'est crédité au générique, mais lors d'une accusation de plagiat publié dans la presse d'époque à l'encontre de la société Sofar Film, René Clair fera une réponse ouverte dans "Hebdo-Film" du 21 mai 1930 et précise que c'est M. Fraenkel, qui n’a pas souhaité être crédité, qui est l’auteur de l’idée originale. René Clair ajoute que pour sa part qu'il n’est que l’auteur de l’idée de quelques scènes, dont la scène finale et que c’est Augusto Genina qui est l’auteur du découpage final du film d’après les différents projets de scénario. Dans "Hebdo-Film" du 12 juillet 1930, il est précisé à ce propos que le scénario du film « avait été envoyé d’Allemagne à M. Pines, directeur de la SOFAR, et que M. Fraenkel, directeur de l’Universal Film à Berlin, en était l’auteur ». Les mentions actuelles proviennent de "Histoire du cinéma français : encyclopédie des films 1929-1934" de Raymond Chirat et Maurice Bessy.
Par confusion de titre avec un court-métrage d'animation de la Warner Bros, le n° de visa 2276 a longtemps été utilisé par erreur pour l'exploitation du film. Depuis juillet 2026, il a fait l'objet d'une nouvelle immatriculation.