La Sirène du Mississipi
Film
Identité
Autres titres :
- Waltz into Darkness (Titre de l’œuvre adaptée)
- La Mia droga si chiama Julie (Titre parallèle) (Italie)
- Mississippi mermaid (Titre parallèle) (Etats-Unis)
Type d'oeuvre : Cinéma
Année de sortie dans le pays d'origine : 1969
Date de sortie en France :
- 18/06/1969
Numéro RCA / VISA : 34459
Classification :
- Tous publics - 18/06/1969
Langue : Dialogue : Français
Société(s) de production :
Description
Résumé
Genre : Fiction
Genre(s) précis : Drame
Forme de l'oeuvre adaptée : Roman
Générique
Informations techniques
Métrage : Long
Durée d'origine : 120
Couleur/NB : Couleur (Eastmancolor)
Sonore/muet : Sonore
Format d'origine : 35 mm DyaliScope
Dans la presse
Citations
L’Aurore
«Il faut beaucoup d’imagination pour inventer une telle histoire. Truffaut a fait confiance au talent de ses comédiens pour la faire accepter par le public.
Catherine Deneuve, spécialiste, depuis quelques temps, des rôles dénudés ne ménage point à son public ses attraits physiques. Cela est une concession à la mode. Le film d’aujourd’hui se doit d’être au maximum "érotissimus". »
Claude Garson, 16/09/1969
Le Canard enchaîné« Un joli titre. C’est tout ce qui reste, je pense, du roman de William Irish qui se passait au siècle dernier en Amérique et que François Truffaut fait se dérouler de nos jours dans l’île de la Réunion, puis en France. (…)
Cette histoire d’amour, avec assassinat et empoisonnement, n’a rien de passionnant. Cela serait même très emmerdant si ce n’était à demi sauvé par la présence de Belmondo —excellent de bout en bout— de Michel Bouquet, qu’on voit très peu. Il y a aussi la beauté de Catherine Deneuve, son élégance, ses jolis seins. Je n’ai pas dit son talent. Comme comédienne, c’est du vent. La direction est mauvaise. Quand elle a une scène à jouer, à vivre, il n’y a plus personne. La preuve : dans la seule scène difficile qu’elle a à défendre, le public emboîte, on rit. »
Michel Duran, 25/06/1969
Combat
« Dans l’œuvre de François Truffaut il y a une série d’inspiration "criminelle". Mais pas plus La Sirène du Mississipi que Tirez sur le pianiste ou La Mariée était en noir n’appartiennent au genre policier classique, dur, noir, implacable, car l’auteur s’attache avec trop de tendresse à ses personnages. Il reconnait avoir été ainsi très infidèle à William Irish, auteur de La Sirène du Mississipi pour lequel il a pourtant beaucoup d’admiration. »
René Quinson, 19/06/1969
Combat
« Si l’émotion est recherchée par Truffaut, le romantisme de l’histoire nous atteignent, c’est en quelque sorte par delà une mise en scène à moitié manquée. On comprend mal les difficultés auxquelles Truffaut s’est heurté cette fois-ci : faut-il croire que le procédé "Dyadiscope" ruine la couleur, qu’il s’agit d’un aménagement des cabines de projection qui n’est pas encore au point dans les salles de première exclusivité parisiennes ? Le fait est que l’image est parfois d’une laideur affligeante, que l’éclairage un peu violet voulu par Truffaut n’explique pas tout, certainement pas les prises de vues floues en voiture et les effets de tromboscopie. »
Henry Chapier, 20/06/1969
Combat
« Peu inspiré, Truffaut laisse sa caméra errer autour de ses deux vedettes et, n’ayant rien à montrer, les fait beaucoup parler. On littérature comme dans les romans de gare d’avant-guerre et cela vaut, parfois, quelques moments drôles. Mais si Catherine Deneuve est bien agréable à regarder, Jean-Paul Belmondo continue, après le désastre de Ho ! à démontrer qu’il est capable du pire. Lourd, empêtré, pénible dans ses séquences "sentimentales", il touche le fond du ridicule dans la grande scène du poison. »Guy Daussois, 01/07/1969
Carrefour
« Ce n’est pas le grand film que Truffaut a peut-être voulu faire, mais on y retrouve toutes ses qualités et en dépit d’un tempo un peu lent, nécessité par la longueur de l’exposition, on le voit avec un plaisir constant. On peut préférer le Truffaut de Baisers volés, plus fantaisiste, enfilant les gags les uns aux autres, multipliant les personnages secondaires avec un talent de grand caricaturiste, plus proche de René Clair, si l’on veut, que de Clouzot ou de Renoir. Le Truffaut de La Sirène du Mississipi est plus ambitieux, plus proche de Jules et Jim, qui reste inégalé, mais je pense que c’est bien dans cette direction que Truffaut doit s’engager et qu’il nous donnera le grand film d’amour que nous attendons de lui. »
[S.N.], 25/06/1969
La Croix
« Rarement aurons-nous vu Jean-Paul Belmondo aussi peu convaincant ? Quant à Catherine Deneuve, pour un peu, on la trouverait moins jolie — ce n’est pas vrai bien sûr, mais son rôle la sert si mal…
Triste Sirène vraiment, où François Truffaut retrouve sa veine la plus discutable, celle de Tirez sur le pianiste dont il fait ici, d’ailleurs, une sorte de carbone romantique, qui ne vaut même pas l’original. (…)
Truffaut est plus grand quand il est simplement lui-même. J’espère qu’à son prochain film, il le redeviendra. »
Henry Rabine, 01/07/1969
Les Echos
« Cette histoire d’amour fou est traitée par Truffaut avec sa retenue habituelle et c’est sans doute ce qui fait de son film un demi-échec. L’histoire, en elle-même, aurait mérité plus d’excès, plus de poigne. »
[S.N.], 20/06/1969
L’Express
« Le résultat, hélas, laisse assez froid. Quand on prétend aimer les films de François Truffaut, comprendre sa démarche globale vis-à-vis de l’art cinématographique, on n’écrit pas cela de gaieté de cœur. La Sirène du Mississipi, pourtant, n’est pas sa première mésaventure. Pointant la liste de ses titres, on est aussitôt tenté d’en mettre quatre de côté, comme s’ils ne faisaient pas partie de la famille : Tirez sur le pianiste, Fahrenheit 451, La mariée était en noir, La Sirène.
Ces quatre films sont tirés de romans anglo-saxons que Truffaut a beaucoup aimés, a portés longtemps en lui avant de les adapter à l’écran. Ce ne sont pas des entreprises accidentelles mais des œuvres profondément voulues et concertées. Chaque fois, pourtant, ce fut la déception.
C.V., 29/06/1969
Le Figaro
« L’âme et le cœur conjuguent leur influence et provoquent des métamorphoses fabuleuses chez les personnages. Si telle est l’idée maitresse de Truffaut (dont il n’a jamais fait état je tiens à le souligner), c’est une très belle idée. Probablement trop audacieuse et presque impossible à concrétiser.
Le spectateur, le témoin de cette sorte de vérification de l’amour par brassage d’éléments antinomiques, doit en effet pouvoir admettre qu’un même personnage puisse être successivement un adorateur jobard, un amant désinvolte, une sorte de Jean-Paul Belmondo sûr de son charme, un mari berné, pitoyable et sans ressort, un jaloux tenté par la tragédie, un Belmondo seconde manière (bonne humeur et bagout retrouvés), un résigné baisant la main qui l’empoisonne et le symbole enfin du bonheur dans la palingénésie de l’anéantissement. (…)
Reste néanmoins à François Truffaut l’honneur d’avoir visé haut. Même s’il a manqué son but. »
Louis Chauvet, 19/06/1969
France-soir
« Truffaut a écrit au sujet de Belmondo : "Il peut jouer un homme aimé des femmes ou au contraire un homme rejeté par elles et ces deux rôles contradictoires, il est capable de les conduire vers le drame ou la comédie." C’est vrai, mais Belmondo n’est ici ni l’un, ni l’autre. Il est, ce qui est beaucoup moins admissible pour lui, un homme trompé par une femme et qui va perpétuellement du drame à la comédie. »
Robert Chazal, 21/06/1969
France catholique
« Film d’action plus que film psychologique ? Film psychologique plus que film d’action ? La question n’aurait qu’une médiocre importance, et paraîtrait distinguo d’intellectuel ou de critique grincheux, si elle n’était tout de même ressentie par le "spectateur moyen". Celui-ci a de la peine à tenir pour authentique une sombre tragédie balzacienne, dont les protagonistes passent pourtant pour avoir le jeu le plus naturel de tout le cinéma français. »
André Besseges, 04/07/1969
L’Humanité
« (…) Que dire, donc, en conclusion, d’un tel film, sinon que les faiblesses venant d’être relevées, jointes à quelques obscurités du récit (quelques "hasards" notamment semblant un peu forcés), laissent percer une légère déception, en dépit, par ailleurs, de qualités réelles ? A voir néanmoins, si l’on n’y regarde pas de trop près. »
François Maurin, 21/06/1969
Le Journal du dimanche
« Avec Truffaut, au moins, on est sûr de ne jamais s’embêter, même s’il arrive à ce cinéaste sensible d’aborder des sujets et des thèmes qui ne conviennent pas à son tempérament. La Sirène du Mississipi n’est probablement pas le meilleur Truffaut et le film gagnerait sans doute à être allégé d’un bon quart d’heure. Mais c’est un Truffaut assez envoûtant, suite de variations amères et narquoises inspirées d’un roman de William Irish, énigmes d’ailleurs désamorcées en cours de route, le mystère important moins que l’émotion. »
[S.N.], 20/06/1969
Les Lettres françaises
« Le film glisse, feutré, climatisé, entre des images aux couleurs et aux effets optiques incertains, une bande sonore mal équilibrée dans la valeur de ses timbres de sorte que ces divers décalages contribuent à rompre le charme et l’unité d’un film qui eût été beaucoup plus attachant — certains moments de sincère ferveur et de tension douloureuse en portent témoignage — si le cinéaste avait choisi une plus grande liberté, s’il avait su mieux accorder ses interprètes à son propos, s’il avait pu, au-delà d’un romantisme assez conventionnel (que souligne plus encore une "happy end" qui veut être une "fin ouverte" mais qui affaiblit l’épilogue du roman) atteindre le sublime et l’authentique folie de la passion, qui ne s’accommode guère des demi-teintes et des indécises lumières intérieures. »
[S.N.], 25/06/1969
Le Monde
« Ce sont les péripéties qui, dans ce film, tuent notre intérêt et notre émotion. Elles nous obligent à franchir un seuil de violence et de veulerie au-delà duquel nous ne pouvons reconnaitre le visage de l’amour. On le regrette d’autant plus qu’à l’intérieur du récit François Truffaut trouve le moyen de glisser des scènes (la scène devant le feu de bois par exemple), où il décrit avec une aimable justesse de ton le bonheur, la tendresse et les inquiétudes d’un couple. On le regrette aussi, parce que jamais Catherine Deneuve ne fut plus mystérieusement belle. Truffaut ne sera pas de mon avis, mais je crois vraiment qu’en l’occurrence William Irish a été son mauvais génie. »
Jean de Baroncelli, 21/06/1969
Les Nouvelles littéraires
« S’il s’agit d’une histoire policière inspirée par un de ces romanciers américains qui jouissent d’un incompréhensible prestige auprès des gens de cinéma, il importe assez peu que ce soit Belmondo et Deneuve qui incarnent des personnages avec qui ils n’ont pas la moindre affinité. Mais si Truffaut a voulu viser plus haut, s’il a voulu nous dire que l’amour peut conduire à la pire abjection, il fallait agiter devant nous autre chose que de séduisants mannequins. »
Georges Charensol, 26/06/1969
Le Nouvel observateur
« Cette Sirène séduit, quand on ne songe pas trop à ses artifices. Dès qu’on perçoit l’effort, le calcul, l’absence de spontanéité, la platitude, Autan-Lara et Delannoy peuvent se frotter les mains : leur ex-jeune censeur commence enfin de les rejoindre. Après tout, nous vieillissons, et cela fait partie du charme. »
Michel Mardore, 23/06/1969
Paris-presse
« Si l’on n’accepte pas le postulat, tout est fichu, d’autant que la photo n’est pas des plus fameuses. Mais dans un film de Truffaut, même loupé, il y a toujours de petites choses, des trouvailles de détail, une certaine musique, une fraicheur mélancolique, une je ne sais quoi de narquois et de désenchanté, qui sauvent du fiasco total les sujets les plus faiblards. »
Michel Aubriant, 03/07/1969
Réforme
« (…) à l’accoutumée (Truffaut) sait exprimer les témoignages mineurs et se mouvoir dans un genre oublié : l’élégie.
Mais ici, dans La Sirène du Mississipi, il nous assène ce coup banal : un film pour rien. L’œuvre ne mériterait pas qu’on s’attarde à la disséquer si son auteur n’avait pourfendu, naguère, les tenants d’un art qu’il pratique aujourd’hui : le cinéma inutile. Les sirènes ne sont savoureuses que dans la Méditerranée d’Homère ; c’est pitié de les voir, hors de l’eau, dans les cuisines de Truffaut, se changer en pâtés d’arêtes. »
Marcel Reguilhem, 28/06/1969
Le Soir de Bruxelles
« Ce n’est pas parce qu’un réalisateur de très haute classe comme Truffaut a une chute de potentiel passagère, que ses œuvres perdent tout intérêt. Loin de là. Mais ici, Truffaut — devant Catherine Deneuve et Belmondo, semble avoir été suffoqué par le respect. Il les a laissés faire. Grave erreur. Tout acteur, même de génie, a besoin d’être mené à coups de fouet. Voyez Buñuel et Belle de jour. C’est le fouet qui m’y fait penser. Truffaut n’avait pas son fouet, dans ce film-là. Ses interprètes flottent, flottent… »
Hugues Vehenne, 13/11/1969
Témoignage chrétien
« On n’a précisément rien à reprocher à ce qui est, tout compte fait, un divertissement de qualité. Mais on n’a rien, non plus, à en dire. S’agissant d’un film de l’auteur de Jules et Jim, c’est sans doute ce qui est le plus regrettable… »
Madeleine Garrigou-Lagrange, 17/07/1969
Bibliographie éditoriale
Consultation
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