Guy Gilles

Personnalité

Réalisateur, scénariste, interprète... : années 1950-1990

Nationalité :  France

Naissance :  25/08/1938 - Algérie - Alger, Algérie française

Décès :  03/02/1996 - France - Paris, Paris, Ile-de-France

Identité

Genre : homme

État civil :

  • Guy Émile Chiche

Fonctions : Réalisateur, Assistant réalisateur, Acteur, Adaptateur, Dialoguiste, Scénariste, Parolier des chansons originales, Directeur de la photographie/Chef opérateur, Assistant opérateur, Décorateur, Cadreur/Opérateur, Auteur du commentaire, Monteur, Auteur primaire, Auteur

Biographie

Formation :

Attiré dès son plus jeune âge par les activités artistiques, Guy Gilles étudie aux Beaux-arts d'Alger et s'essaie à la peinture tout en écrivant des articles pour la presse algéroise. Dès 1958, grâce à l'argent de l'héritage de sa mère, il tente l'aventure du cinéma avec deux courts métrages, Soleil éteint et Au biseau des baisers (1959). Il quitte alors l'Algérie pour Paris où il fait plusieurs rencontres décisives : Pierre Braunberger lui offre les moyens de terminer ses deux premiers films et devient le producteur de ses courts (Paris un jour d'hiver , 1965 ; Chanson de gestes , 1966) ; François Reichenbach le choisit comme monteur et assistant (La Douceur du village , 1964) et co-signe même avec lui le court métrage Histoire d'un petit garçon devenu grand (1962) ; Jacques Demy enfin, pour lequel il éprouve une grande admiration perceptible dans la plupart de ses films, l'engage comme assistant sur son sketch des Sept Péchés capitaux, La Luxure (1962).

Carrière :

Cinéaste inclassable sur la cartographie du cinéma français, Guy Gilles est l'auteur d'une oeuvre méconnue, mélancolique et poétique, où se mêlent nostalgie d'un passé obsédant, passion pour les acteurs et actrices, références cinéphiles et littéraires et attention aux sentiments. De L'Amour à la mer (1965) à Nefertiti (1996), Guy Gilles a élaboré ses films en marge de la Nouvelle Vague comme du système de production traditionnel, en s'y heurtant parfois douloureusement (absence de producteur et de distributeur pour le premier, imbroglio financier international mettant en péril le dernier), souvent dans l'indifférence d'un grand public dérouté par la singularité précieuse de son regard. C'est donc dans des conditions précaires - trois ans de travail et un budget plus que limité -, que Guy Gilles tourne L'Amour à la mer . Histoire d'amour romantique que ses deux protagonistes ne vivent pas avec la même intensité, cet essai porte déjà en lui nombre des obsessions (thématiques et esthétiques) de son auteur. On y croise pour la première fois celui qui deviendra son acteur fétiche (Patrick Jouané) ainsi que nombre de vedettes séduites par l'enthousiasme d'un jeune homme. Il saura en effet toujours convaincre des stars d'apporter quasi bénévolement leur contribution à son cinéma : Jean-Claude Brialy, Alain Delon, Jean-Pierre Léaud ou Juliette Gréco surgissent le temps d'une séquence, contribuant à l'étrangeté poétique un peu hors du temps qui nimbe L'Amour à la mer . On retrouve cette atmosphère dans Au pan coupé (1967), interprété par Patrick Jouané et Macha Méril, qui crée sa propre société de production, Machafilms, pour lui permettre de voir le jour. Le charme de ce film sensible sur le souvenir d'un d'amour perdu ne laisse indifférents ni Jean-Louis Bory ni Marguerite Duras. Alors qu'il espère tourner son film suivant, Le Clair de terre (1969), dans son Algérie natale, Guy Gilles doit se résoudre à le faire en Tunisie. Ce retard le contraint à remplacer Simone Signoret dans le rôle central de l'institutrice retraitée. Edwige Feuillère accepte le rôle, et apporte au personnage son élégance impériale et surannée. Considéré comme le chef-d'oeuvre de son auteur, Le Clair de terre est comme un concentré de son art, entre nostalgie du propos et modernité de l'écriture. Il ne retrouvera jamais cet équilibre fragile, même dans Absences répétées (1972), en dépit du Prix Jean Vigo qui vient le couronner. Plus sombre que ses films antérieurs, Absences répétées suit le mortifère processus d'isolement d'un jeune homme, entre drogue et suicide programmé. En dehors du très impressionniste Jardin qui bascule (1974) avec Delphine Seyrig, Guy Gilles ne tournera plus de long métrage pendant une décennie. Le Crime d'amour (1982) est un film bancal entre enquête policière, récit d'un amour fou et tragique entre un jeune homme et une femme plus âgée (Macha Méril, à nouveau productrice), peinture d'une pulsion homosexuelle latente. La mise en scène ne parvient que rarement à articuler ces divers niveaux. L'échec est encore plus patent avec Nuit docile (1987) qui sort dans l'indifférence générale. Alors qu'il est déjà très malade, Gilles entreprend Nefertiti , ambitieuse coproduction internationale qui l'épuise et tourne au fiasco. En 1995, il en signe une version inachevée qui ne sortira jamais en salles et ne sera diffusée que très discrètement à la télévision. Le 3 février 1996, Guy Gilles meurt des suites du sida. Son frère, Luc Bernard, lui consacre en 1999 un documentaire : Lettre à mon frère Guy Gilles, cinéaste trop tôt disparu .

Autres activités :

En parallèle à ses réalisations pour le cinéma, Guy Gilles mène une prolifique activité de réalisateur pour la télévision. Il travaille en particulier dans le cadre de l'émission Pour le plaisir de Roger Stéphane (l'un des plus grands soutiens du cinéaste), du Dim Dam Dom de Daisy de Galard et de Cinémas Cinémas , qui lui permet de signer une évocation nostalgique de sa passion pour les actrices, Où sont-elles donc ? (1983), reportage dans lequel interviennent Madeleine Sologne, Odette Joyeux ou Jany Holt. C'est également pour le petit écran qu'il consacre un documentaire à Marcel Proust (Proust, l'art et la douleur , 1971) et un autre à Jean Genet (Saint, martyr et poète , 1974). La Loterie de la vie , évocation poétique de Mexico sur les traces d'une jeune femme liftier d'hôtel, lui vaut en 1977 une nomination au César du meilleur documentaire. Sa dernière réalisation pour la télévision est, en 1984, un téléfilm tiré d'un roman de Pascal Sevran, Un garçon de France . Guy Gilles est l'auteur de photographies, de peintures et de plusieurs textes en partie inédits.

Filmographie

Longs métrages

Assistant réalisateur

Directeur de la photographie/Chef opérateur

Cadreur/Opérateur

Assistant opérateur

Décorateur

Adaptateur

Parolier des chansons originales

Bibliographie éditoriale

  • Périodique : Art et Essai, n° 11, juin 1966. César Polonio, "Pour Guy Gilles, le cinéma est une respiration"
  • Périodique : Avant-Scène du Cinéma (L'), n° 19, octobre 1962. "Bio-filmographie Guy Gilles"
  • Périodique : Avant-Scène du Cinéma (L'), n° 81, mai 1968. "Biofilmographie de Guy Gilles"
  • Périodique : Cahiers du Cinéma (Les), n° 138, décembre 1962. "Cent soixante-dix nouveaux cinéastes français : Guy Gilles"
  • Périodique : Cahiers du Cinéma (Les), n° 164, mars 1965. "Qui ? Pourquoi ? Comment ?"
  • Périodique : Cahiers du Cinéma (Les), n° 502, mai 1996. Jean-Claude Guiguet, "Guy Gilles"
  • Périodique : Cahiers du Cinéma (Les), n° 634, mai 2008. Thierry Méranger, "Portrait de l’artiste en maudit"
  • Périodique : Cinéma 64, n° 85, avril 1964. "Bonne chance à Guy Gilles"
  • Périodique : Cinéma 75, n° 200, juillet-août 1975. Gérard Frot-Coutaz, "Entretien avec Guy Gilles"
  • Périodique : CinémAction, n° hors-série, 1989. Christian Bosseno, "200 téléastes français"
  • Périodique : Cinémonde, n° 1537, 21 janvier 1964. Jean-Pierre Sarot, "La merveilleuse aventure d'un jeune metteur en scène de 23 ans"
  • Périodique : Film Francais (Le), n° 2131, 6 mars 1987. "Les réalisateurs ont la parole. Le cinéma en questions : Guy Gilles (Entretien)"
  • Périodique : Film Français (Le), n° 2599, 23 février 1996. "Guy Gilles"
  • Périodique : Film Ideal, n° 211, mars 1969. "Guy Gilles"
  • Périodique : Film-dienst, vol. 49, n° 6, 12 mars 1996. "Guy Gilles"
  • Périodique : Jeune Cinéma 69, mars 1973. Bernard Trémège, "Jeune cinéma français : Guy Gilles"
  • Périodique : Positif, n° 587, janvier 2010. Eithne O'Neill, "Guy Gilles / Marguerite Duras"
  • Périodique : Revue de la Cinémathèque (Canadienne), n° 8, octobre-novembre 1990. René Lavoie, "Guy GIlles à la recherche du temps perdu ? (Entretien)"
  • Périodique : Technicien du Film (Le), n° 193, 15 mai 1972. Laure Brucy, "Les jeunes réalisateurs. Guy Gilles : Je peins avec ma caméra (Entretien)"
  • Périodique : Vertigo, n° 27, mars 2005. Émeric de Lastens, "Cinématographie du souvenir : Guy Gilles, réminiscences et défiguration du temps"
  • Périodique : Vertigo, n° 27, mars 2005. Gaël Lépingle, "Le dernier regard"
  • Périodique : Vertigo, n° 27, mars 2005. Gaël Lépingle, "Une aussi longue absence"
  • Périodique : Vertigo, n° 27, mars 2005. Matthieu Orléan, "Les plaisirs et les jours"
  • Périodique : Vertigo, n° 27, mars 2005. Safia Benhaïm, "Le flâneur"
  • Site Internet : Site officiel : "Guy Gilles : Cinéaste français (1938-1996)"

Récompenses et nominations

  • 1973 - Grand Prix - Prix Jean Vigo - Absences répétées, 1972 - Obtenu