Lino Brocka
Personnalité
Réalisateur, scénariste, interprète : 1970-1990
Nationalité : Philippines
Naissance : 07/04/1939 - Pilar, Sorsogon, Luçon, Philippines
Décès : 22/05/1991 - Quezon City, Grand Manille, Luçon, Philippines
Identité
Genre : homme
État civil :
- Catalino Ortiz Brocka
Fonctions : Réalisateur, Acteur, Scénariste, Auteur primaire
Biographie
Formation :
Lino Brocka fait ses études à l'Université des Philippines. Il se convertit à la religion des mormons, devient missionnaire et passe deux ans sur une île proche d'Hawaii dans une colonie de lépreux. Il se rend à Hollywood, puis, de retour à Manille en 1965, il participe aux spectacles de la compagnie dramatique Educational Theater Association . Il monte des pièces de Sartre, de Miller, de Tennessee Williams, mais aussi des spectacles liés à la situation de son pays.Carrière :
Figure majeure du cinéma philippin, Lino Brocka a fait de la mise en scène un instrument de résistance contre la dictature et les injustices sociales. Son cinéma réaliste, engagé et profondément humain, de Manille à Bayan Ko, lui a valu la censure, la prison et une reconnaissance internationale.
Lino Brocka est considéré comme le meilleur cinéaste des Philippines. Inspiré par l'atmosphère dictatoriale de son pays, par les problèmes sociaux de ses concitoyens, il livre une œuvre réaliste. Influencé par le cinéma italien et la production hollywoodienne, il réalise une trentaine de films dans les années 1970. Son premier, Wanted : Perfect mother, est ouvertement engagé. Au travers de son œuvre, Brocka se veut militant, critique et libérateur face à l'oppression de l'Etat, ce qui lui vaut d'être souvent censuré, voire emprisonné. En 1974, il réalise Tinibang ka ngunit kukang, un grand succès public. En 1975, il dirige Maynila sa kuko ng liwanag, le plus grand succès critique des années 1970. En 1978, après plusieurs échecs commerciaux, Brocka se remet en question. Il se résigne aux réalités de la production cinématographique philippine. C'est sous la forme de mélodrames, de comédies et de polars qu'il continue de montrer la réalité sociale de son pays. En 1979, il réalise Jaguar qui participe au Festival de Cannes. Le film décrit la misère des bidonvilles de Manille, sous la forme d'un thriller à l'américaine. Ancré dans la réalité, Jaguar déchaîne les foudres de la censure philippine. En 1984, Bayan ko s'inspire de deux faits divers sanglants - une grève suivie de mort d'homme et un hold-up raté. Bayan ko fait le tour du monde avant d'accéder aux salles de cinéma philippines. A la même époque, le cinéaste est condamné lors d'une manifestation où il s'oppose à la dictature. Il participe à l'émergence du cinéma du tiers monde en se rendant à diverses reprises au Festival des trois continents à Nantes. Son dernier film diffusé en France, Les Insoumis (1987), est présenté à Cannes en 1988.