Amos Gitaï

Personnalité

Réalisateur, scénariste, producteur... : années 1970-2020

Nationalité :  Israël

Naissance :  11/10/1950 - Israël - Haïfa

Identité

Genre : homme

Fonctions : Réalisateur, Acteur, Scénariste, Dialoguiste, Producteur, Producteur exécutif, Directeur de la photographie/Chef opérateur, Monteur, Auteur, Collaborateur, Photographe, Annotateur, Auteur secondaire, Auteur primaire

Biographie

Formation :

Fils d'un architecte du Bauhaus, Amos Gitai entame des études d'architecture à Haifa puis aux États-Unis, dans l'université phare de la contestation qu'est Berkeley. Il gardera toujours un grand intérêt pour cette discipline. En 1973, il participe comme ambulancier à la guerre du Kippour où il est blessé - ce qui lui inspirera plusieurs films, dont Kippour (1999) - et durant laquelle il utilise pour la première fois une caméra Super 8. Il débute sa carrière de réalisateur en 1977, via des courts métrages puis des documentaires pour la télévision, tout en poursuivant ses études d'architecture.

Carrière :

Régulièrement présent dans les sélections des plus grands festivals (Cannes et Berlin à cinq reprises, Venise treize fois), célébré à travers un nombre impressionnant de rétrospectives à travers le monde, Amos Gitai est à n'en pas douter le plus célèbre et le plus important cinéaste israélien contemporain. Entre regard porté sur la situation au Proche Orient et exploration intime, fiction et documentaire, son œuvre foisonnante et engagée est aussi portée par une recherche stylistique dont les figures centrales sont l'utilisation très maîtrisée du plan séquence et du travelling.
La première partie de sa carrière est entièrement axée sur le documentaire. La Maison (1980), film consacré à la saisie par le pouvoir israélien d'une maison de Jérusalem-Est, est accusé de faire le jeu des Palestiniens et est censuré. La polémique se poursuit autour de Journal de campagne (1982), tourné dans les territoires occupés au moment de l'invasion du Sud Liban par l'armée israélienne, conduisant Amos Gitai à s'exiler en France. Chacun de ces deux films deviendra, au fil de l'œuvre de Gitai, le premier volet de trilogies dans lesquelles le cinéaste décline les questionnements posés dans ces essais : à House s'ajouteront donc Une maison à Jérusalem (1998) et New from Home, News from House (2006) tandis que Journal de campagne sera complété par Donnons une chance à la paix (1994), film en 4 parties et L'Arène du meurtre (1995). La trilogie est d'ailleurs une constante de l'œuvre du cinéaste, nombre de ses films pouvant ainsi être regroupés entre eux. C'est en particulier le cas pour les trois fictions qu'il consacre aux trois grandes villes israéliennes : Tel Aviv dans Devarim (1995), Haifa dans Yom Yom (1998) et Jérusalem et son quartier ultrareligieux dans Kadosh (1998). Durant les dix années où il vit à Paris, Amos Gitai franchit le pas de la fiction avec Esther (1985), reconstitution d'un épisode de la Bible. Le thème de l'exil s'impose comme une des constantes de l'œuvre de Gitai dès Berlin-Jérusalem (1989) et surtout la trilogie du Golem - Naissance d'un Golem : carnet de notes (1990), Golem, l'esprit de l'exil (1991), Jardin pétrifié (1993) -, variations autour de ce personnage mythique de la culture juive. L'exil d'Amos Gitai prend fin quant à lui en 1993, avec l'arrivée au pouvoir en Israël d'Yitzhak Rabin et l'espoir de paix qu'il porte. Tout autant que ses documentaires antérieurs, les films de fiction de Gitai sont ancrés très fortement dans la réalité géopolitique du Proche Orient. Qu'il se retourne sur ses propres souvenirs de guerre (Kippour, 1999), qu'il replonge dans divers épisodes de la création d'Israël (Eden, 2001 ; Kedma, 2001) ou qu'il scrute la société israélienne contemporaine à travers les destins croisés des habitants d'un immeuble (Alila, 2002), Gitai s'impose dès lors comme le plus perspicace spectateur engagé de son temps et de son pays. Ce statut est confirmé par la trilogie qu'il consacre à la notion de frontière : Free zone (2004), Désengagement (2007) et surtout Terre promise (2003), puissante métaphore du monde capitaliste à travers un réseau de trafic de prostituées.
Désormais portée par des stars internationales telles Hanna Schygulla, Natalie Portman, Juliette Binoche ou Jeanne Moreau, l'œuvre d'Amos Gitai n'en finit pas d'interroger la mémoire de son peuple (Plus tard, tu comprendras, 2007, sur lequel plane l'ombre du procès Barbie) et sa mémoire intime (Carmel, 2009, convoque les souvenirs de sa mère, tandis que Lullaby to my Father, 2012, retrace le parcours de son père). Il dessine ainsi de film en film le portrait complexe et contrasté de son pays et de sa région. L’année suivante, il réalise Ana Arabia (2013), un huis clos poétique tourné en un seul plan-séquence dans un quartier arabe de Jaffa, qui souligne les fractures identitaires et sociales du pays. En 2015, il signe Le Dernier jour d’Yitzhak Rabin, un thriller politique revenant sur l'assassinat du Premier ministre israélien Yitzhak Rabin, offrant un regard critique sur la montée des extrémismes. L’année suivante, il réalise A l'ouest du Jourdain (2016), un film qui interroge la coexistence et les tensions entre Israéliens et Palestiniens à travers plusieurs histoires imbriquées dans une zone sensible de la Cisjordanie. Cette œuvre confirme son intérêt constant pour les frontières, conflits et dialogues impossibles. En 2018, il signe Un tramway à Jérusalem, un film choral qui déroule, dans un trajet de tramway, une série de rencontres diverses, révélant la multiplicité des identités et des conflits dans la capitale israélienne. Ce film, à la construction narrative nerveuse et fragmentée, montre la complexité sociale de Jérusalem sans fard. Avec Laila in Haifa (2020), Gitai poursuit dans ce même esprit, filmant la ville d’Haïfa la nuit, mêlant histoires d’amour, tensions politiques et confrontations culturelles. Le film multiplie les points de vue dans une atmosphère musicale et poétique, donnant une nouvelle dimension sensible à ses questionnements sur la société israélienne. En 2024, il revient avec Shikun (2023), qui s’inspire d’une pièce d’Eugène Ionesco, explorant à nouveau les conflits sociaux et les dynamiques de quartier, dans un cadre urbain chargé d’histoire et de tensions communautaires. Ce film poursuit la réflexion sur les territoires israéliens contemporains et leurs disparités. Enfin, en 2025 est attendu Pourquoi la guerre, dont les détails précis sur l’intrigue restent peu diffusés mais qui s’inscrit dans la continuité de son œuvre engagée, sans doute en interrogeant les origines et les conséquences des conflits qui structurent la région.

Autres activités :

Les recherches formelles présentes dans tous les films d'Amos Gitai trouvent leur aboutissement dans les installations vidéo et les expositions du cinéaste. La Biennale d'architecture de Venise, le Palais de Tokyo à Paris, l'Institut d'art contemporain de Berlin, le Musée d'architecture de Münich, la base sous-marine de Bordeaux ou le Musée du cinéma de Turin ont ainsi accueilli son travail. Amos Gitai est l'auteur de plusieurs ouvrages, dont, Amos Gitai : génèses , Mont Carmel (2003) et Correspondance (correspondance de sa mère Efratia, 1929-1994) en 2010. Il est également l'auteur de plusieurs pièces de théâtre, dont Métamorphose d'une mélodie (Sicile, juillet 1992, d'après Flavius Josèphe (La Guerre des Juifs ) et Les Manuscrits de la mer Morte ) et La Guerre des fils de lumière contre les fils des ténèbres (Venise, juin 1993 ; Avignon, juillet 2009 avec Jeanne Moreau, à partir des mêmes sources que Métamorphose d'une Mélodie ).

Filmographie

Courts métrages

Réalisation

Directeur de la photographie/Chef opérateur

Producteur

Longs métrages

Réalisation

Producteur exécutif

Directeur de la photographie/Chef opérateur

Dialoguiste

Récompenses et nominations

  • 2000 - Meilleur scénario - Singapore International Film Festival - Kadosh - Obtenu
  • 1998 - Meilleur scénario - Jerusalem Film Festival - Yom Yom - Obtenu

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