Carrière :
Quand la Columbia l'engage, l'actrice, devenue Rita Hayworth, brûle son image de brune et se transforme en rousse : la bombe hollywoodienne vient de naître. En 1939, si Rita Hayworth révèle son talent dans Seuls les anges ont des ailes
(1939) d'Howard Hawks, elle triomphe en femme fatale dans Strawberry blonde
de Raoul Walsh et surtout dans Arènes sanglantes
de Rouben Mamoulian. Elle est désormais une vedette. Partenaire de Fred Astaire dans L'amour vient en dansant
(1941) de Sydney Lanfield, elle crève l'écran dans O toi ma charmante
(1942) de William Seiter, une comédie musicale pleine d'allant. Dans ce divertissement, Rita Hayworth, future pin-up épinglée aux murs des chambrées, plaît à un public bien particulier : les GI's envoyés au front. Dans La reine de Broadway
(1943) de Charles Vidor, film empreint du même optimisme, elle danse avec Gene Kelly et gravit les marches du succès grâce à sa séduction, passant ainsi de la simple condition de cover-girl à celle de vedette de revue.
C'est l'érotisme de Gilda
(1945) de Charles Vidor qui porte le mythe de la star à son comble. La paix est revenue et les soldats sont rentrés, mais une autre guerre éclate : celle de la haine amoureuse, particulièrement intense ici. Dans une scène devenue un morceau d'anthologie, Rita Hayworth, vêtue d'un fourreau noir, épaules dénudées, attise le désir de Glenn Ford en retirant de longs gants noirs sans cesser de fredonner " Put the blame on mame
". La rousse joue-t-elle avec le feu ? Orson Welles, son mari, décide de lui couper les cheveux et de les lui teindre en blond platine. La Dame de Shanghai
(1947) d'Orson Welles, qui tue à travers des miroirs, tue également le mythe Rita Hayworth : l'actrice n'est plus un sex-symbol resplendissant de vie mais une meurtrière de sang-froid. Charles Vidor tente de lui rendre son aura avec Les amours de Carmen
(1948). Peine perdue. Divorcée d'Orson Welles en 1942, Rita Hayworth se réfugie de nouveau dans le mariage et quitte la Columbia. En 1952, L'affaire de Trinidad
de Vincent Sherman rappelle Gilda
, mais les temps ont changé et Rita Hayworth est désormais une séductrice vulnérable (Salomé
, 1952, de William Dieterle ; La belle du Pacifique
, 1953, de Curtis Bernhardt). Avec justesse, elle signe encore quelques rôles de composition (L'enfer des Tropiques
, 1953, de Robert Parrish ; La blonde ou la rousse
, 1957, de George Sidney ; Tables séparées
, 1958, de Delbert Mann ; Ceux de Cordura
, 1959, de Robert Rossen). Après Du sang en première page
(1960) de Clifford Odets, Rita Hayworth, malade, disparaît des écrans.