Shelley Duvall
Personnalité
Interprète, productrice... : années 1970-2020
Nationalité : Etats-Unis
Naissance : 07/07/1949 - Etats-Unis - Fort Worth, Texas
Décès : 11/07/2024 - Etats-Unis - Blanco, Texas
Identité
Genre : femme
État civil :
- Shelley Alexis Duvall
Fonctions : Acteur, Interprète des chansons originales
Biographie
Formation :
Shelley Duvall n'a suivi aucune formation spécifique au théâtre ou à la comédie. Découverte par hasard par Robert Altman, lors d'un vernissage de son ami peintre, elle démarre sa carrière au cinéma dans Brewster Mc Cloud (Robert Altman, 1970).Carrière :
Actrice à la silhouette inoubliable et à la présence magnétique, Shelley Duvall a marqué le cinéma par son jeu singulier, oscillant entre étrangeté et candeur, et s’est imposée comme l’une des muses les plus originales de Robert Altman et la figure emblématique de Shining, chef-d’œuvre de Stanley Kubrick, qui lui a valu la reconnaissance internationale et le prix d’interprétation au Festival de Cannes pour Trois Femmes.
Figure de proue du cinéma altmanien, Shelley Duvall en est l'un des personnages les plus étranges, les plus insolites : son physique exagérément longiligne et son allure candide bousculent les conventions. Naturelle et spontanée, elle apparaît à l'écran comme l'anti-vamp par excellence. Fidèle à celui qui l'a découverte, elle tourne avec Robert Altman quatre films consécutifs : John Mc Cabe (Mc Cabe and Mrs Miller, 1972), Nous sommes tous des voleurs (Thieves like us, 1973) et Nashville (1975) font suite à Brewster Mc Cloud (1970). Ce n'est qu'en 1977 que Shelley Duvall se tourne vers un autre cinéaste, acceptant de faire confiance à Woody Allen (Annie Hall). Mais elle ne s'éloigne guère de la "famille Altman" : cette même année, elle retrouve le réalisateur américain dans Trois Femmes (Three Women), ce qui lui vaut le prix d'interprétation au festival de Cannes. Stanley Kubrick, sensible à sa prestation dans ce film, lui offre le rôle principal de Shining (1980). Elle renoue avec son metteur en scène fétiche pour l'interprétation d'Olive, personnage qui semble créé pour elle, dans Popeye (R. Altman, 1980). L'année suivante, avant de préférer la télévision au cinéma, elle incarne Pansy dans Bandits, bandits (1981) de Terry Giliam, comédie burlesque et fantastique. En 1984, elle prête sa silhouette inimitable à Susan Frankenstein dans le court-métrage Frankenweenie, première incursion de Tim Burton dans l’hommage gothique. Elle revient sur le grand écran en 1987 avec Roxanne, comédie dans laquelle elle incarne Dixie, apportant une touche de fantaisie à l’adaptation moderne de Cyrano de Bergerac. Les années 1990 marquent un retour discret mais précieux à des rôles secondaires, où son étrangeté naturelle continue de fasciner. En 1991, elle joue Jenny Wilcox dans la comédie familiale Suburban commando. Steven Soderbergh la sollicite en 1994 pour un rôle de nourrice dans le thriller À fleur de peau (The Underneath), avant que Jane Campion ne lui confie, deux ans après, le personnage de la comtesse Gemini dans Portrait de femme (The Portrait of a Lady), aux côtés de Nicole Kidman. Toujours fidèle à son image d’anti-vamp, Shelley Duvall s’illustre dans des films destinés à un jeune public, tels que Casper meets Wendy (1998), où elle campe Gabby, et Tale of the Mummy, (id.), variation fantastique sur le mythe de la momie. Elle multiplie alors les apparitions dans des productions indépendantes ou atypiques, comme The Fourth Floor (1999) et Big Monster on Campus (2000), confirmant son goût pour les marges du cinéma. En 2002, elle fait une ultime apparition dans le film indépendant Manna from Heaven, avant de s’éclipser durablement des plateaux de tournage. Pendant plus de vingt ans, Shelley Duvall se tient à l’écart du cinéma, laissant derrière elle une filmographie marquée par l’audace et l’inattendu. C’est en 2023 qu’elle effectue un retour aussi inattendu que discret dans le film d’horreur The Forest Hills, où elle incarne la mère de Rico (Chiko Mendez). Ce rôle, crépusculaire et émouvant, scelle l’adieu d’une actrice dont la présence, à la fois lunaire et profondément humaine, aura marqué de son empreinte le cinéma indépendant américain.