Carrière :
Adolf Wohlbruck fait ses débuts au cinéma à l'aube du parlant avec un petit rôle dans Trapèze
(E.A. Dupont, 1931), puis tourne sous la direction de Ludwig Berger et Raoul Ploquin dans La Guerre des valses
(1933) et dans Mascarade
de Willi Forst (1934), mais il se révèle véritablement au grand public en 1935, en jouant dans les versions allemande, américaine et française de Michel Strogoff
(Richard Eichberg et Jacques de Baroncelli). Juif et homosexuel, il fuit le régime nazi et il se réfugie, lors de l'Anschluss, en Grande-Bretagne où il anglicise son nom en Anton Walbrook. Devenu un acteur reconnu et populaire, il tourne dès lors dans quelques grandes productions d'époque, incarnant notamment le Prince Albert dans La Reine Victoria
(Herbert Wilcox, 1937). En 1940, il interprète un mari sadique dans Gaslight
de Thorold Dickinson, et joue ensuite dans plusieurs films de guerre de Michael Powell et Emeric Pressburger. Ce sont 49e Parallèle
(1941), Colonel Blimp
(1943), ou encore Les Chaussons Rouges
(1948), qui lui donnent l'occasion d'asseoir une notoriété internationale. Anton Walbrook est à l'aise dans des rôles d'officiers comme d'aristocrates, et allie dans ses films la sobriété et le charme classique du dandy à l'élégance et une certaine ironie un peu distante. Il retrouve Thorold Dickinson en 1948 dans le thriller La Reine des cartes
, et, en 1950, Max Ophuls fait appel à lui pour être le meneur de jeu de La Ronde
. Julien Duvivier le dirige dans L'Affaire Maurizius
en 1953, et il retrouve Ophuls en 1955 pour Lola Montès
, dans lequel il interprète Louis II de Bavière. Il incarne l'évêque Cauchon dans Sainte Jeanne
(Otto Preminger, 1957) aux côtés de Jean Seberg et John Gielgud, et fait une dernière apparition dans L'Affaire Dreyfus
de José Ferrer la même année, se retirant ensuite définitivement des écrans.